Budget provincial: le changement ne commence pas pour le CSFP

Budget provincial: le changement ne commence pas pour le CSFP

Le lundi 31 mai, le gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador a publié son budget annuel, intitulé Change Starts Here (soit «Le changement commence ici» en français). Alors qu'il a été recommandé en début mai par l'équipe provinciale de relance économique (PERT) d’abolir les deux conseils scolaires afin d'économiser sur les dépenses administratives, seul le conseil scolaire anglophone, le Newfoundland and Labrador English School District (NLESD), sera supprimé pour que les services soient intégrés au ministère de l'Éducation. Le Conseil scolaire francophone provincial (CSFP) conserve pour l’instant son indépendance.

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Cody Broderick

Réseau.Presse - Le Gaboteur

Le budget provincial de cette année propose quelques initiatives audacieuses dans le but de se désendetter dans cinq ans. Une nouvelle taxe sur les boissons sucrées, une nouvelle tranche de taxation pour les personnes à hauts revenus, et même une restructuration du système de santé et du système d'éducation.

Des recommandations qui font réagir

Parmi ces annonces, on peut entendre la voix de Dame Moya Greene qui résonne depuis Londres et les recommandations de son équipe de relance économique provinciale. «La province n'a pas un problème de revenus, mais un problème de dépenses», déclarait Mme Greene le 6 mai dernier lors de la publication de son rapport. Une phrase reprise par la ministre des Finances Siobhan Coady durant son discours du 31 mai.

Une des recommandations proposées par le PERT: l’abolir et intégrer les deux conseils scolaires au gouvernement.

Depuis la sortie du rapport Greene, les organismes francophones - le CSFP, la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FFTNL), la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FPFTNL) - ont réagi et rappelé au gouvernement provincial l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés concernant les conseils scolaires francophones en situation minoritaire.

Inquiets de l’avenir du CSFP, certains parents d’enfants scolarisés en écoles francophones ont aussi fait circuler une pétition début mai pour que la directrice générale du CSFP, Kim Christianson, revienne de la province de l'Ontario, où elle vit depuis le début de la pandémie.

Différents, et à part?

Toutefois, le budget dévoilé le 31 mai ne prévoit finalement que la suppression du conseil scolaire anglophone, le NLESD, laissant le CSFP comme le seul conseil scolaire indépendant de la province.

Selon le ministre de l'Éducation, Tom Osborne, la raison en est la taille du CSFP par rapport au NLESD. Sur environ 65 000 étudiants, moins de 400 sont inscrits au conseil scolaire francophone.

En raison de leurs réalités différentes, il a déclaré qu’une nouvelle approche sera mise en place avec le CSFP. Le ministre Osborne n’a pas donné plus de détails autour de cette nouvelle approche.

En tant que conseil scolaire de langue française en situation minoritaire, le CSFP reçoit également du financement de la part du gouvernement fédéral pour son fonctionnement. Le budget du 31 mai dernier prévoit qu'Ottawa consacre environ 4,2 millions de dollars au développement des programmes d'enseignement en français langue première et  seconde dans la province, ce qui représente environ 90% des dépenses totales pour ceux-ci.

Le ministre de l'Éducation affirme que «s'il est possible d'économiser de l'argent et de conserver le CSFP, cela sera fait».

Stagnation de l'infrastructure scolaire francophone

Le CSFP ne maintient pas seulement le statu quo en restant indépendant, mais aussi en voyant leurs projets pour une nouvelle école à Galway - école qui accueillerait 500 élèves selon le CSFP - rejetés à nouveau.

Les 38 élèves des classes intermédiaire et secondaire de l’école Rocher-du-Nord se trouvent actuellement à l'ancienne école anglophone de Holy Cross depuis 2017. Le bail du bâtiment se termine l'année prochaine.

Selon M. Osborne, «il existe déjà des infrastructures qui peuvent répondre aux besoins du Conseil scolaire francophone provincial». Celui-ci fait référence notamment la Newfoundland School for the Deaf, l’ancienne école destinée aux personnes sourdes.

Le CSFP a rejeté cette solution à plusieurs reprises, estimant que le coût de la rénovation du bâtiment sera tout aussi élevé que celui de la construction d'un nouveau bâtiment.

Dans un communiqué de presse en novembre dernier, le CSFP a dévoilé les raisons pour lesquelles le bâtiment actuel occupé par les classes de la 7e à la 12e ne répond pas à leurs besoins: une localisation inadéquate, l'impossibilité d'agrandir la cour d'école, ainsi qu’un bâtiment trop vieux, et donc «un investissement improductif».

Par ailleurs, 44,1 millions de dollars seront investis pour la rénovation des bâtiments scolaires existants et pour la construction de quatre nouvelles écoles anglophones à Bay Roberts, Gander, Paradise et St. Alban's.

Le budget provincial ne mentionne pas l'agrandissement de l'École Boréal à Happy Valley-Goose Bay, une autre demande de longue date du CSFP à laquelle le gouvernement n'a pas encore répondu.

Suite à ces annonces budgétaires, le CSFP a déclaré dans un communiqué de presse le 1er juin que «la construction d’une seconde école francophone à St. Jean quant à elle reste à discuter».

Le CSFP conclut dans ce communiqué qu’il reste «attentif aux prochaines mesures et poursuit ses discussions avec le Gouvernement». À suivre donc.

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 Photos

Photo 1

Titre : TomOsborne

Légende : Archives Le Gaboteur

Crédit : Le ministre de l’Éducation, Tom Osborne.

Photo 2

Titre: budgetlivre

Légende: Le 31 mai, le gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador a publié son budget annuel, intitulé Change Starts Here.

Crédit : Cody Broderick

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  • Date de création 2 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 3 juin, 2021
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