Bilinguisme à Ottawa: encore «de l’éducation à faire»

Le bilinguisme à Ottawa, un atout mésestimé. Les intervenants du panel organisé jeudi matin par le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), réunis aux côtés du maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, ont martelé le même message. Ils ont invité les citoyens à revendiquer davantage le droit de se faire servir dans leur langue dans les commerces.

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Par Sébastien Pierroz
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

«Je me fais encore demander s’il y a des francophones en Ontario, même lorsque je suis à Gatineau», a lancé Nathalie Carrier, directrice générale de la Zone d’amélioration commerciale de Vanier. «En tant que francophones, nous n’exigeons pas assez le service dans nos commerces. C’est pourtant plus facile que jamais d’être bilingue à Ottawa.»

Le constat est partagé par le deuxième panéliste, Jérôme Miousse, directeur des affaires publiques de Tourisme Ottawa. «Tout le monde n’est pas au courant du bilinguisme à Ottawa. C’est un travail d’éduquer les gens à cette idée. Notre objectif est, par exemple, d’aider Ottawa à être davantage visitée en français.»

Sandrine Pechels de Saint Sardos, PDG et commissaire au cinéma d’Ottawa, la troisième panéliste, a regretté que, sur certains plateaux de tournage, même pour des productions en langue française, l’anglais prenne parfois le dessus sur le français.

Si le RGA avait choisi la Ville d’Ottawa comme partenaire de son premier «Matin Connecte» — l’équivalent de sept petits-déjeuners jusqu’à la fin du mois de mars —, c’est qu’il constate une nette érosion du bilinguisme en entreprise.

Le sondage Welch LLP, mené par la firme Abacus entre le 3 février et le 1er avril 2025 auprès de 246 acteurs du milieu économique d’Ottawa, portait sur la place du bilinguisme dans leurs opérations. Il a révélé que 52 % des répondants n’y accordent aucune importance, tandis que 34 % la jugent quelque peu importante. Une donnée jugée «alarmante» par le RGA.

Les trois panélistes appartiennent tous à des structures qui relèvent directement ou indirectement de la Ville d’Ottawa, et dont le mandat dépend en partie de l’administration municipale.

Mark Sutcliffe, dans un rôle plutôt inédit de modérateur de débat, est demeuré prudent.

Sutcliffe mise sur l’éducation

À un moment, la discussion a pris un ton plus vif lorsqu’une participante a interrogé M. Sutcliffe sur la manière dont il comptait favoriser l’embauche de personnes bilingues au sein de la municipalité. Le maire s’est contenté de répondre: «Nous essayons.»

Au micro du Droit, après le panel, M. Sutcliffe a ensuite détaillé sa vision: «Le bilinguisme est un avantage, un atout et une opportunité. Cela fait partie de notre plan économique, pour attirer le tourisme, les événements, mais aussi les talents. Je suis prêt à travailler avec le RGA et les autres organismes à Ottawa pour faire avancer le bilinguisme.»

Sur le constat du bilinguisme, le maire se dit «optimiste» et mise sur l’éducation, notamment grâce aux écoles.

«Les jeunes parlent de plus en plus français grâce au travail des conseils scolaires de langue française. Même du côté des programmes d’immersion dans les conseils anglophones, il y a de plus en plus d’élèves inscrits. Je crois en une génération bilingue capable de travailler dans les magasins, les restaurants et les entreprises.»

Outre les événements à l’Hôtel de Ville d’Ottawa, le partenariat entre le RGA et la municipalité mobilise l’écosystème d’affaires pour renforcer le bilinguisme: accompagnement des entreprises, visibilité croisée et arrimage à la politique municipale, afin d’améliorer les services bilingues, la compétitivité et la vitalité francophone.

 

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Photos:

LD_SutcliffeRGA | Le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe, était présent lors du panel. (Chantallya Louis, IJL / Le Droit)

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  • Date de création 18 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 18 septembre, 2025
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