Avec «gentillesse et patience», les Prince-Édouardiens ont surmonté la pandémie

La Voix acadienne - La Dre Heather Morrison, médecin hygiéniste en chef de l’Île-du-Prince-Édouard, espère ne pas avoir à revivre une pandémie de l’ampleur de celle de la COVID-19 avant longtemps.  Réaliste, elle estime cependant que la période relativement calme, du point de vue de la santé publique, que nous traversons actuellement, est un «entre deux pandémies».  

  

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Pendant les premières semaines et premiers mois de la COVID-19, à partir du 13 mars 2020, la Dre Heather Morrison a été au front pour protéger des Prince-Édouardiens, dans son rôle de médecin hygiéniste en chef de l’ÎPÉ.  

Les gens n’ont pas oublié ses appels à la gentillesse et à la patience, répétés presque chaque jour.  «Il y a quelques jours seulement, une personne m’a dit que je devrais continuer à faire passer ce message, car les gens oublient qu’on doit toujours être gentil et patient, pas seulement pendant une pandémie», a raconté la Dre Heather Morrison, le jeudi 27 mars, dans un entretien téléphonique. 

La science en renfort

«C’était un temps difficile.  On prenait des décisions qui avaient un impact immédiat dans la vie des gens.  On voulait protéger nos citoyens et empêcher également un débordement du système de santé.  Pour toutes nos décisions, on s’est basé sur la science», a-t-elle rappelé. 

En ces premières semaines de pandémie, la science accumulée était mince.  Chaque nouvel élément d’information sur la transmission, sur le degré de contagion, etc., entraînait d’autres conséquences et l’annonce d’autres mesures.  Les Prince-Édouardiens ont peut-être eu l’impression, à certains moments, que les autorités changeaient d’idées tout le temps.  «La science changeait», rappelle la Dre Morrison.  

À l’ÎPÉ, la COVID-19 a été gérée avec rigueur et efficacité.  «On a toujours agi pour le bien-être de nos concitoyens, qui ont aussi joué un rôle important, en prenant leurs responsabilités, en s’appuyant les uns les autres.  C’est grâce à un réel effort collectif que nous avons passé à travers.  Alors que les gens mouraient, au Canada, nous avons eu notre premier décès, je crois, en janvier 2022.  Nous sommes la province qui a effectué un retour à l’apprentissage en personne le plus hâtif avec un taux élevé d’assiduité. Nos unités de soins intensifs sont restées fonctionnelles : il n’y a pas eu de débordement.  Nous avons maintenu la courbe plate comme une crêpe le plus possible», se satisfait-elle.  

Des dossiers sous surveillance

La médecin affirme que son bureau est toujours aussi actif «même lorsque nous ne sommes pas dans l’œil du public».  Parmi les dossiers sous surveillance, mentionnons les maladies transmises sexuellement et par le sang, la rougeole, la grippe aviaire et, en général, le maintien d’une population en bonne santé.  

«Nous n’avons pas eu de cas de rougeole à l’Île depuis 2013, mais il y en a ailleurs au Canada. Les petits bébés reçoivent le vaccin seulement à 1 an.  Il faut donc les protéger en agissant sur les autres membres des familles», soutient-elle. 

On parle beaucoup de la grippe aviaire récemment, comme si elle venait d’apparaître, mais en fait, elle est là depuis plusieurs années. La science connaît déjà pas mal de choses sur ce virus.  Il existe même un vaccin.  «La transmission de l’animal à l’humain est très lente et il n’y a pas d’évidence, en ce moment, que le virus peut circuler entre humains.»

Bâtir la résilience

Personne ne veut vivre une autre pandémie ni même y penser.  Il faut au contraire y penser et s’y préparer, dit la Dre Morrison.  «En anglais je décris la période actuelle comme «interpandemic» ou «interpandémique», littéralement : entre deux pandémies.  C’est important de profiter de ces périodes plus calmes pour éduquer les gens, mettre en place des programmes pour améliorer la santé, réduire les facteurs de risques et construire ainsi une population plus résiliente et plus résistante.»

La Dre Morrison insiste que les facteurs de risque de nombreuses maladies chroniques sont bien connus. L’usage des produits du tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation, le surpoids.  

«Je pense que les gens connaissent tous les facteurs de risque, mais c’est difficile de changer des habitudes.  Dans notre rôle, à la santé publique, nous tentons de faire en sorte que les bons choix soient plus faciles à faire.  Les gens savent qu’ils ne devraient pas fumer, mais arrêter est très difficile.  Nous mettons des programmes d’aide à leur disposition.»

Pendant la pandémie, on comptait les hospitalisations liées à la COVID-19, alors que le nombre d’hospitalisations pour des conditions liées à l’usage du tabac ou à la consommation d’alcool n’intéresse pas énormément.  

«Même lorsqu’il n’y a pas de pandémie, rappelle la Dre Morrison, l’abus d’alcool et de substance, la cigarette et le manque d’activité physique contribuent aux hospitalisations, à la mortalité et la morbidité.»

       

PHOTOS :  

Presque chaque jour pendant plusieurs semaines, à partir de mars 2020, la Dre Heather Morrison, médecin hygiéniste en chef de la province, a rassuré et informé les Prince-Édouardiens sur les mesures sanitaires, en leur rappelant d’être gentils et patients les uns avec les autres.  (Photos : Archives de La Voix acadienne)

 

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  • Date de création 1 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2025
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