Aucun financement de la province pour le Festival franco-ontarien

À quelques jours du coup d’envoi de la 50e édition du Festival franco-ontarien à Ottawa, les organisateurs confirment ne pas avoir reçu de soutien financier de la part de l’Ontario. Une situation inédite qui inquiète.

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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

 

Sans préambule ou explications, le 25 avril dernier, le programme de subvention Expérience Ontario a refusé d’accorder son financement au Festival franco-ontarien (FFO), alors même que l’événement s’apprête à célébrer son 50e anniversaire.

Une situation inédite pour les organisateurs du festival qui redoutent l’impact de cette décision pour le futur du plus grand festival culturel de l’Ontario français.

«Ça va avoir des répercussions majeures au niveau de la pérennité du festival.»

—  José Bertrand, président-directeur du groupe JKB et son sous-groupe Les Forains, qui organise le FFO.

«Sans avoir cet argent-là, on doit couper dans d’autres dépenses pour faire en sorte d’assurer l’expérience. […] Ça a été un stress énorme, à tous les niveaux, sur une équipe de huit personnes qui travaille extrêmement fort à temps plein depuis l’an dernier», déplore José Bertrand.

L’organisateur explique que les des coupes ont été faites de manière «la moins visible possible», par exemple au niveau des barrières, afin de «garder l’aspect grandiose de ce grand festival, surtout pour le 50e anniversaire».

Pour M. Bertrand, le «manque à gagner» actuel pourrait entraîner un cercle vicieux pour les années à venir.

«Nous avons une grande part de revenus autonome, dont de nombreux commanditaires privés», explique le président-directeur du festival «Mais en contrepartie de leurs investissements, nous faisons des promesses: “Votre nom sera sur tels écrans, vu par tant de personnes par jour”. Si l’on ne peut pas assurer cela cette année faute de fonds, ces commanditaires seront réticents à nous faire confiance l’an prochain.»

Déjà, l’organisme a dû revoir quelque unes de ses ambitions à la baisse, par exemple en réduisant de beaucoup le programme «Parce qu’il le FFO !», une tournée conçue pour promouvoir la 50ème édition.

«Cette situation nous fait questionner les priorités du gouvernement quant à sa culture, et pas la culture au sens des spectacles et des arts, mais sa culture historique, sa langue», déclare M. Bertrand.

«On a deux langues officielles au Canada. L’Ontario n’est pas différent et dans une année où c’est le 50e anniversaire du festival, on s’attend à ce que la province soit fière de cette grande stabilité-là. Alors que la province soit le partenaire qui contribue le moins, c’est très difficile à comprendre.»

Un «affront» de la province

Pour la députée ontarienne d’Ottawa-Vanier, Lucille Collard, la situation est incompréhensible.

Cette dernière a interpellé mardi matin le gouvernement de la province à ce sujet, lors de la période des questions à Queen’s Park.

Le ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport, Stan Cho, lui a alors répondu — en anglais — en nommant notamment les investissements passés du gouvernement progressiste-conservateur auprès du FFO depuis 2013, avant de souligner la nature «hautement compétitive» du programme de financement Expérience Ontario.

Une réponses plus qu’insuffisante, pour la députée.

«Je les avais avisés la veille que j’allais poser cette question, pour leur donner l’opportunité d’aller chercher les chiffres ou de trouver une réponse qui puisse satisfaire la communauté francophone. Et malgré ça, nous avons obtenu cette non-réponse», s’insurge Mme Collard.

«C’est vraiment décevant et même, je dirais, un affront envers la communauté franco-ontarienne.»

—  Lucille Collard, députée libérale d'Ottawa-Vanier

Pour la députée, les critères utilisés par la province pour évaluer les projets «ne sont pas adaptés pour la francophonie».

Elle compte continuer en coulisse à faire des démarches auprès du gouvernement, afin de comprendre les raisons derrière ce refus et tenter d’y remédier.

Baisse continue de la subvention

Le financement de l’Ontario envers l’événement a connu une baisse drastique ces dernières années, alors même que les coûts d’organisation des événements à travers la province ne cessent d’augmenter depuis la pandémie.

«Ce financement est à la baisse depuis 2021. Cette année-là, on avait reçu 235 000 dollars», raconte M. Bertrand.

En 2022, cette subvention de l’Ontario a baissé de 23%, à 185 000 $, puis en 2023, elle a encore été coupée de plus de la moitié, à 60 000 $, et enfin en 2024, le montant s’élevait à 55 000 dollars. Et pour 2025? Un refus.

Josée Bertrand ajoute toutefois que le FFO a obtenu 30 000 dollars de la province grâce au Conseil des arts et au Fond pour les manifestations culturelles de l’Ontario (FMCO).

La 50e édition du Festival aura lieu du 12 au 14 juin à Ottawa.

«On vous attend en grand nombre!» conclut M. Bertrand.

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PHOTOS:

Titre: LD_JoséB | José Bertrand, président-directeur général du Groupe JKB, à qui la gestion du festival a été confiée depuis cette année. (Simon Séguin-Bertrand/Archives Le Droit)

Titre: LD_LCollard |Lucille Collard, députée libérale d'Ottawa-Vanier. (Glodi Turinabo)

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  • Date de création 5 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 5 juin, 2025
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