Apprendre l’anishinaabemowin, un animal à la fois

Vingt-et-un animaux que l’on trouve dans les galeries du Musée du Manitoba sont les vedettes d’un nouveau jeu d’apprentissage des langues. Anishinaabemowin with Amik, qui est disponible sur le site web du musée, contient une série de jeux basés sur des cartes flash, avec trois niveaux de difficulté (1).

Les illustrations de l’artiste anishinaabe Micaela Gilbert, ainsi que les enregistrements audios et la traduction de Carol Beaulieu, conseillère en protocoles autochtones du musée, sont en cours d’élaboration depuis deux ans. Selon Tashina Houle-Gaywish, responsable de la programmation et de l’engagement autochtones au musée, la petite équipe a voulu prendre son temps pour choisir des animaux originaires du Manitoba, afin de rendre la plateforme plus significative.

Par exemple, même le nom du jeu est plein de sens. « Amik, c’est le castor, explique Tashina Houle-Gaywish. Pour les Anishinaabe, ainsi que pour d’autres nations autochtones, le castor est considéré comme un leader dans leur communauté, quelqu’un qui contribue au développement des autres et qui aide à soutenir la communauté et l’environnement. »

« Il est également considéré comme un pilier de la sagesse et de l’amélioration de soi. Nous avons pensé qu’Amik serait parfait en tant que leader du jeu. »

Les Appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation

Les plateformes d’apprentissage de la langue et les jeux comme celui-ci peuvent être un premier pas important vers la préservation et la revitalisation de la langue anishinaabe. Cet objectif est inscrit dans les Appels à l’action publiés par la Commission de vérité et réconciliation du Canada il y a dix ans cette année (2). Selon Tashina Houle-Gaywish, en tant que lieu d’éducation et d’apprentissage, le Musée du Manitoba s’efforce de mettre en œuvre ces Appels à l’action et d’encourager les visiteurs à le faire.

« L’Appel à l’action numéro 14 souligne l’urgence de préserver les langues autochtones, explique-t-elle. Ces langues sont parlées sur cette terre depuis des milliers d’années. Il est logique que tout le monde apprenne ne serait-ce que des phrases ou des mots de base. »

Elle ajoute que l’objectif des plateformes d’apprentissage des langues n’est pas nécessairement la maîtrise de la langue, mais plutôt un geste symbolique, une main tendue vers la réconciliation.

« Pendant si longtemps, les peuples autochtones ont été mis à l’écart et il était illégal de parler nos langues. Le fait que des allochtones adoptent la langue et l’apprennent en raison de ce qui s’est passé dans le passé est très significatif. »

Le jeu est donc un moyen pour le musée de rendre l’apprentissage plus accessible à tous, incluant ceux qui ne peuvent pas visiter le musée en personne. Les jeunes sont également particulièrement visés, puisque ces plateformes s’ins-crivent facilement dans les programmes scolaires.

L’équipe espère étendre le projet afin d’ajouter des phrases de base en anishinaabemowin, des noms de plantes présentées au musée et, bientôt peut-être, des mots dans d’autres langues autochtones. En outre, elle souhaite proposer des ateliers et des ressources linguistiques supplémentaires, en commençant par les événements organisés par le musée à l’occasion des Orange Shirt Days (Journées du chandail orange), du 28 au 30 septembre prochain (3).

« Nous avons des tables de langues où des personnes parlant couramment la langue viennent partager des ressources, explique Tashina Houle-Gaywish. Nous avons reçu quelques commentaires sur la plateforme, qui sont pour la plupart positifs. Les gens sont très enthousiastes. »

 

(1)        https://manitobamuseum.ca/anishinaabemowin-with-amik/

(2)        https://nctr.ca/wp-content/uploads/2021/04/4-Appels_a_l-Action_French.pdf

(3)        https://manitobamuseum.ca/orangeshirtdays/

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 24 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 24 septembre, 2025
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