Appel au vaccin dans la région tłı̨chǫ 

Appel au vaccin dans la région tłı̨chǫ 

Suite à l’éclosion de COVID-19 à Yellowknife, des leadeurs autochtones ont appelé les résidents des petites collectivités à se faire vacciner le plus rapidement possible. En parallèle, les derniers jours auront également été marqués par une réponse jugée encourageante des résidents de Behchokǫ̀, où le taux de vaccination des adultes a bondi de 5 % en une semaine.

Thomas Ethier
IJL –Réseau.Presse – L’Aquilon

Le gouvernement tłı̨chǫ s’est réjoui, le jeudi 6 mai, du « grand succès » de la clinique mobile de Behchoko, où 165 doses du vaccin Moderna ont été injectées en quatre heures. La quantité de vaccins prévue n’aura d’ailleurs pas suffi à répondre à la demande, si bien qu’une seconde clinique a été offerte aux adultes le 10 mai, pour permettre d'inoculer 70 doses additionnelles.

Le 11 mai, 90 jeunes de 12 à 17 ans avaient rendez-vous pour obtenir leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech dans la collectivité, comme l’a confirmé David Maguire, de l’administration des services de santé et de services sociaux.

Faibles taux de vaccination

En date du 11 mai, les statistiques de vaccination des TNO démontrent que 52 % des adultes de la région tłı̨chǫ ont obtenu leur première dose, une hausse de 5 %, depuis le 3 mai. Il s’agit toutefois du plus faible taux de vaccination aux TNO. La région est suivie par le Sahtu, où 54 % des adultes étaient partiellement vaccinées au moment de publier les dernières statistiques.

Selon M. Maguire, des cliniques de vaccinations seront prochainement déployées dans toutes les collectivités des TNO.

« N’attendez pas, faites-vous vacciner! », a lancé le grand chef tłı̨chǫ George Mackenzie, dans une déclaration commune avec la première ministre Caroline Cochrane, émise le 10 mai, alors que Yellowknife se trouvait en pleine éclosion. Il incite aussi les résidents de sa région à « faire leur part pour protéger les collectivités tłı̨chǫ contre la COVID-19 » et encourage notamment les parents à faire vacciner les jeunes de 12 à 17 ans.

Comme le souligne le grand chef Mackenzie, l’Équipe de recherche sur l’action communautaire des TNO a déployé des efforts dans la région tłı̨chǫ pour encourager les jeunes à se faire vacciner. Le gouvernement tłı̨chǫ a également publié sur les médias sociaux le document « Dix raisons de se faire vacciner contre la COVID-19 », qui illustre les divers avantages à atteindre une immunité collective. « Le vaccin nous offre l’espoir de pouvoir reprendre les parties de hand games et les danses aux tambours », peut-on lire dans le message qui accompagnent la publication.

Un appel à tous

Le chef national Déné, Norman Yakeleya, a joint sa voix aux efforts de ses homologues, et encouragé les résidents des collectivités à participer aux efforts d’immunisation collective de leur région.

« La seule façon que nous avons de nous protéger, c’est de faire entrer le vaccin dans nos collectivités, particulièrement celles qui hésitent encore entre se faire vacciner, ou non », a-t-il déclaré en conférence de presse, le 7 mai.

Le chef national déné insiste sur l’importance d’obtenir un taux de vaccination de plus de 80 % dans les collectivités. « Cette année marquera les célébrations des 100 ans de la signature du Traité 11. C’est également le printemps, vous voudrez sortir et visiter des gens, a-t-il poursuivi. Nous devons nous faire vacciner pour célébrer et nous rassembler. »

D’après le chef Yakeleya, nombre de raisons expliquent l’hésitation des collectivités à se faire vacciner, notamment une mauvaise compréhension, un manque de confiance envers le gouvernement, mais également les appréhensions provoquées par des évènements historiques marquants.

  1. Yakeleya évoque l’épidémie de grippe espagnole de 1928. « Comme le disait ma grand-mère, les gens tombaient comme des mouches dans les collectivités, a-t-il souligné en s’adressant aux résidents des collectivités. Les gens mourraient sans comprendre pourquoi, et l’histoire s’est transmise oralement. Aujourd’hui, c’est différent. Il y a des efforts de réconciliations et nous travaillons fort pour faire entendre notre voix. En 1928, nous n’avions pas de voix. »
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  • Date de création 17 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 17 mai, 2021
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