Adieu Bordeaux… Bonjour le virtuel !

Adieu Bordeaux… Bonjour le virtuel !

Pour qui suit une formation en français au sein du Département des langues, littératures et cultures modernes de l’Université Memorial (MUN), les expériences d’échanges universitaires avec la France continuent d’être perturbées à cause de la pandémie. Ce qui n’empêche toutefois pas les étudiants de dialoguer en français avec Saint-Pierre-et-Miquelon.

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André Magny

IJL - Réseau.Presse – Le Gaboteur

Le directeur du Département, Philippe Basabose, explique que ces séjours à l’étranger sont destinés notamment aux étudiants de deuxième année, qui suivent des cours à l’Institut Frecker, à Saint-Pierre-et-Miquelon, au sein des locaux du Francoforum.

De leur côté, les étudiants de 3e année et de 4e année peuvent aller à Nice ou à l’Université Bretagne Sud à Lorient. Quant aux étudiants à la maîtrise, ils prennent normalement la direction de Bordeaux. «La participation à ces programmes, précise M. Basabose, compte pour l’exigence du séjour en milieu francophone.» Les séjours en environnement francophone ailleurs au Canada, à travers des programmes comme Explore, par exemple, sont également valables pour répondre à l’exigence de ce cursus universitaire en français.

Le Dr Basabose tient à préciser que «ces programmes ne sont pas des stages; ils font partie du cursus académique des étudiants, car ils prennent des cours qui comptent [comme crédits de cours] pour leur programme en français.» C’est le cas notamment pour celles et ceux qui iront vers la promenade des Anglais, à Nice! Normalement, avant l’ère du masque, ce programme permettait aux étudiants de passer une année scolaire complète à étudier à l’Université de Côte d'Azur.

Bises virtuelles aux cousins français!

Il y a certainement des étudiants qui se sont inscrits ou s’inscriront à ces programmes universitaires de français et qui auraient aimé faire un séjour en milieu francophone. Ceara Keough, étudiante de 5e année à la fois en français et en géographie à MUN, se souvient de son expérience en France en 2018: «J’ai enseigné pendant 4 mois au lycée Jeanne d’Arc à Montaigu. Ça a changé ma vie!» Ce passage dans cette petite commune de la Vendée lui aura permis d’en apprendre beaucoup sur la langue et la culture française.

Selon celle qui est maintenant devenue la présidente du Cercle Français (LCF), association étudiante à MUN, le programme du Département des langues modernes permet aux étudiants d’obtenir leur diplôme seulement s’ils passent plusieurs semaines dans un milieu francophone. Ce peut être pour des cours dans une autre université ou dans le cadre d’un travail en français, comme Ceara Keough l’a fait. Elle trouve évidemment dommage que la pandémie mette un frein temporaire à ces opportunités normalement offertes durant le parcours français universitaire de MUN.

Saint-Pierre sur fond d’écran

La COVID-19 faisant des siennes, MUN, de concert avec l’Institut Frecker, a donc organisé des séances virtuelles pour l’intersession de printemps et la session d’été. Ces dernières remplaceront ainsi les séjours normalement organisés à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Quoique plusieurs personnes suivent également le programme Explore, qui se fait notamment au Québec ou dans certaines régions du Canada français comme l’Acadie, le voyage en métropole française ou à Saint-Pierre-et-Miquelon permet une immersion assurée dans la culture française .

Enseignant de français et d’anglais à Terre-Neuve, Alex Dawe a vécu à la fois le programme Explore à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, mais aussi celui de Frecker à Saint-Pierre. Lui aussi trouve dommage que les étudiants de cette année n’aient pas la chance d’aller à Saint-Pierre. Quand il y a séjourné en 2015, il a été reçu en famille d’accueil, a fait des activités sportives en français, en plus évidemment de suivre ses cours en français.

Bien qu’il comprenne la situation actuelle, selon lui, «le virtuel, ce n’est pas pareil; l’immersion, c’est la meilleure façon d’apprendre». Malgré de nombreux appels à Francoforum, il nous a été impossible de savoir du côté de l’archipel français si certaines activités hors enseignement seraient malgré tout proposées aux inscrits du programme Frecker.

Basabose est évidemment conscient de la différence. Pour lui, il s’agit d’une «solution de remplacement en attendant que les conditions soient favorables à la reprise normale du programme sur place».

 

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Photos

Titre : Ceara Keough

Légende : La présidente du Cercle français au sein de la MUN, Ceara Keough.

Crédit :  Courtoisie

 

Titre : Saint-Pierre

Légende : Les étudiants inscrits au programme de français de l’Université Memorial peuvent habituellement se rendre dans l’archipel français pour une immersion française de plusieurs mois.

Crédit :  Archives du Gaboteur

 

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  • Date de création 15 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 18 mai, 2021
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