À la croisée des langues: l’identité de Clare en jeu? (partie 1)
Au fil des années, Clare a connu l’arrivée de nouveaux arrivants francophones, venus tant pour les études universitaires que pour le travail. À cette migration s’ajoute, depuis la pandémie, une hausse du nombre d'anglophones et d’allophones s’établissant dans la région, ce qui est en train de changer son le profil linguistique.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Le programme de la Communauté francophone accueillante (CFA) de Clare, qui était précédemment sous la responsabilité de la Municipalité de Clare, est, depuis avril 2024, coordonné par le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ). Un protocole d’entente est maintenu entre le conseil de développement et la Municipalité, qui comprend Loisirs de Clare.
La CFA a pour mission de «veiller à ce que les nouveaux arrivants francophones ne se sentent pas seulement accueillis, mais véritablement intégrés», a déclaré Tanya Comeau, coordinatrice de la CFA de Clare, lors de l’annonce officielle du changement de mains, l’année dernière.
En entretien avec Le Courrier, Mme Comeau a réitéré que la CFA est là afin de soutenir sa clientèle. Pour ce faire, elle a mis en place des stratégies de marketing afin de promouvoir ses services.
Les responsables de la CFA sont aussi présents sur une base régulière à des évènements communautaires pour s’assurer que le «mot se passe», de bouche à oreille.
Mme Comeau explique que, même si la CFA travaille activement au soutien des nouveaux arrivants francophones, il s’avère difficile de savoir qui arrive dans la région et de connaitre leur statut de résidence. Elle rappelle que les critères du programme sont spécifiques, ne ciblant pas tous les nouveaux arrivants.
Et, à l’issue de la journée, l’intégration, c’est d’abord et avant tout l’accès à l’emploi, la compréhension de la culture du travail du sud-ouest, mettre à jour son CV, etc., comme le résume la coordinatrice de projet.
Ainsi que l’accès au logement, un défi pour un grand nombre de gens, mais qui influence certainement le parcours des nouveaux arrivants, souligne Réanne Cooper, conseillère municipale du District 3. «C'est des enjeux qui touchent, peu importe la langue.»
Apprentissage culturel
Il y a aussi la découverte culturelle, du paysage linguistique bilingue à la culture acadienne distincte de la région, qui fait partie du processus d’intégration. «On espère qu'ils soient tous curieux d'apprendre notre culture», dit Tanya Comeau.
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«Comme pour nous autres, tu sais. Offrir des activités multiculturelles pour qu'on apprenne leur culture, et vice-versa. Qu'eux aussi, ils adoptent notre culture, et qu'ils participent, par exemple, au Congrès mondial acadien, des activités comme notre festival acadien, des choses comme ça», développe-t-elle.
Réanne Cooper abonde dans le même sens: «C'est sûr que l'arrivée des personnes, qui viennent d’un peu partout, qui viennent avec leur culture, leur langue, etc. Donc, je pense que ça vient certainement ajouter une certaine valeur.»
Elle pense également qu’ils contribuent à façonner le profil linguistique dans la communauté de Clare, pour le meilleur. «Ça fait en sorte que la communauté de Clare garde un peu ce profil linguistique, qui est peut-être même unique, dans le sens que, tu sais, on a l'acadien, mais [aussi] la francophonie, que ça rentre un peu dedans.»
«Mais des gens vont quand même s'identifier comme étant Acadien et non francophone, etc., poursuit-elle. Donc, il y a quand même cette unicité-là dans la communauté.»
Elle est d’avis que, quand les nouveaux arrivants francophones viennent en Clare, «ils contribuent un peu à cette dynamique linguistique qu'on a dans la communauté».
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 30 juin, 2025
- Dernière mise à jour 30 juin, 2025