À Charlottetown, de nouvelles règles de construction
La Voix acadienne - La ville de Charlottetown a adopté un nouveau plan directeur à la fin du mois de juillet. Le document fixe les grandes lignes en matière d’urbanisme. Il autorise davantage de densité et des immeubles plus hauts, notamment le long de trois corridors. Par contre, la densification du centre-ville fait débat et reste limitée.
Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Le conseil municipal de Charlottetown a adopté un nouveau plan directeur fin juillet. Une première en 26 ans. Le document de planification est un cadre de référence pour l’utilisation des terrains dans la municipalité.
«C’est comme une grande vision pour les prochains 20 ans, pour s’adapter aux nouvelles réalités du 21e siècle et promouvoir plus d’équité sociale et d’inclusion», assure le maire de la capitale provinciale, Philip Brown.
Le maire parle de soutenir davantage les logements «abordables et diversifiés», de mieux planifier les routes et les infrastructures, de protéger les espaces naturels tout en encourageant le développement économique et les investissements des entreprises.
Il y a deux ans, le gouvernement fédéral a imposé des conditions à Charlottetown pour lui accorder du financement en vertu du Fonds pour accélérer la construction de logements. L’une de ces conditions était que la Municipalité permette la construction d’immeubles de quatre étages sur tout son territoire.
Le nouveau plan autorise ainsi la construction d’immeubles de quatre étages à moins de 800 mètres de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, du Collège Holland et de l’hôpital Queen Elizabeth.
«Pilule empoisonnée» dans certains quartiers
Le document encourage aussi l’édification de bâtiments résidentiels de six à dix étages dans certains quartiers, notamment le long des axes de transport en commun, comme l’avenue University, la route Malpeque ou la route North River.
«On veut prioriser le développement autour de ces trois corridors, en faire aussi des pistes de transports actifs», explique Philip Brown.
Le directeur de l’Association de la construction de l’Île-du-Prince-Édouard, Sam Sanderson, se félicite de l’adoption du nouveau document de planification urbaine : «C’est formidable, sur une petite île sans beaucoup de place qui rétrécit de jour en jour nous devons densifier.»
En revanche, seuls de petits projets intercalaires de quatre logements maximum sont autorisés «selon les cas» dans les quartiers à faible densité. Le centre historique, entre la rue Euston et le front de mer, où se trouve l’Assemblée législative et plusieurs vieilles maisons, fait partie de ces zones à faible densité.
La présence de l’expression «selon les cas» inquiète particulièrement l’organisme Fusion Charlottetown, qui défend les intérêts des jeunes de 18 à 40 ans dans la capitale insulaire.
«Nous soutenons 99% du plan, mais en l’absence de définition claire, il y a une grande ambiguïté, regrette le vice-président de Fusion Charlottetown, Matt Pelletier. Il y a un risque réel que les options de logement type quadruplex demeurent illégales dans les secteurs de la ville les mieux placés pour les faciliter.»
Il estime que l’expression constitue une «pilule empoisonnée» : «Les locataires, les jeunes, les familles pourraient être confrontés à de nouveaux obstacles pour accéder à des logements abordables.»
Règlements de zonage à l’automne
Face à ces préoccupations, Philip Brown assure qu’il «est très important d’augmenter la densité de la ville et de construire plus haut», tout en préservant «le patrimoine historique» et en promouvant des quartiers «bien conçus et agréables à vivre».
En attendant, Fusion Charlottetown a demandé au ministre responsable des Affaires municipales de la province, Steven Myers, en charge d’approuver le plan, de supprimer l’expression litigieuse.
«Si cela n’est pas possible, nous demandons la création d’une zone de planification spéciale pour garantir que les projets de construction intercalaire de quatre logements soient autorisés dans les zones à faible densité», précise Matt Pelletier.
Des promoteurs immobiliers ont également exprimé certaines inquiétudes et réclamé une rencontre avec Steven Myers.
À cet égard, le maire se veut rassurant : «Les discussions ne sont pas terminées, il y aura encore beaucoup de consultations publiques au cours des prochains mois.»
La Ville de Charlottetown devra en effet modifier à l’automne certains règlements de zonage et d’aménagement en vue de les aligner sur son nouveau plan directeur.
Fusion Charlottetown compte déjà soumettre plusieurs demandes, notamment sur l’élimination des exigences de créer des places de stationnement dans les lots privés.
PHOTOS :
1- «Nous soutenons l’ambition du plan pour l’abordabilité des logements et la densification qui permettra d’accueillir plus de jeunes et de nouveaux arrivants à Charlottetown» salue Matt Pelletier de Fusion Charlottetown. (Photo : Gracieuseté)
2- Le maire Philip Brown rappelle l’importance de créer des espaces verts et de renforcer le réseau de transport public dans les prochaines décennies. (Photo : Gracieuseté)
3- «De nombreuses discussions restent à mener avant que le plan ne soit pleinement opérationnel, mais c’est une très bonne étape», estime Sam Sanderson de l’Association de la construction. (Photo : Gracieuseté)
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- Date de création 23 août, 2025
- Dernière mise à jour 23 août, 2025