Tracadie entend remettre sur la table l’interdiction du glyphosate sur son territoire

Tracadie entend remettre sur la table l’interdiction du glyphosate sur son territoire

Avec un nouveau conseil en place, la Municipalité régionale de Tracadie entend remettre sur la table l’interdiction du glyphosate sur son territoire. La troisième lecture d’un arrêté avait été reportée par une majorité des membres de l’ancien conseil en 2020.
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David Caron

IJL - Réseau.Presse - Acadie Nouvelle

Cette semaine, l’interdiction du glyphosate se trouvait à l’ordre du jour de la première réunion plénière du nouveau conseil, élu il y a quelques semaines. Six membres du conseil sur 11 ont quitté la salle après avoir déclaré un conflit d’intérêt. Les réunions plénières servent généralement à débattre de sujets qui sont ensuite inscrits à l’ordre du jour des réunions ordinaires, où les décisions du conseil sont formalisées.

La proposition de Thérèse Brideau, une nouvelle élue, de reporter la question à une réunion ultérieure pour mieux s’approprier du dossier a été approuvée par tous les membres du conseil présents.

«Ça m’a l’air d’un très gros dossier et il faut que les nouveaux puissent en prendre connaissance», a-t-elle dit.

Les élus municipaux ont aussi accepté un amendement présenté par Gilbert McLaughlin, un autre nouveau conseiller, qui demande que l’administration dresse un historique du dossier ainsi qu’un document avec tous les renseignements ayant mené à la proposition de l’arrêté.

En 2020, le conseil est parvenu à faire les deux premières lectures d’un arrêté visant à interdire le controversé herbicide, mais la troisième lecture, nécessaire pour l’adoption d’un nouvel arrêté, a été reportée afin de permettre une meilleure consultation auprès des agriculteurs de la région.

Le maire Denis Losier, qui s’est déjà prononcé en faveur d’une interdiction, encourage les conseillers à profiter des prochains mois pour s’informer sur la question et prendre le temps de consulter les citoyens.

«J’ai reçu beaucoup d’appels d’entrepreneurs à ce sujet. Il y a en a plusieurs qui veulent me rencontrer pour partager leur
point de vue. Je pense qu’on devrait peut-être les écouter», a dit Joanne Doiron, aussi une nouvelle venue au conseil.

L’utilisation du glyphosate, dont le produit le plus connu est vendu sous la marque Round Up et fabriqué par l’entreprise Monsanto, fait souvent l’objet de controverses, surtout depuis 2015, lorsque l’Organisme mondial de la santé l’a identifié comme étant un cancérigène probable.

En 2016, il a été précisé qu’il est «peu susceptible de présenter un risque cancérigène pour les personnes exposées à cette substance dans l’alimentation.»

D’autres études ont associé l’herbicide au lymphome non hodgkinien.

En 2018, un tribunal en Californie a déterminé que Monsanto, le fabricant du produit, était responsable du cancer terminal du plaignant, Dewayne Johnson, un préposé à l’entretien du terrain d’une école à Vallejo, près de San Francisco. Dans le cadre de son travail, il se servait régulièrement de ces herbicides.

Même si l’herbicide est permis par Santé Canada et que son utilisation est soumise à des évaluations scientifiques rigoureuses, Jenica Atwin, députée fédérale dans la circonscription de Fredericton, a présenté au début mai, une motion pour interdire l’épandage du glyphosate au Canada.

Au Nouveau-Brunswick, l’industrie forestière demeure la principale utilisatrice du glyphosate. Dans la région de Tracadie, Énergie NB ne sert plus de glyphosate depuis des années pour l’entretien des lignes électriques.

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Photos

Légende : Le 10 mars 2020, des opposants au glyphosate avaient assisté à la réunion du conseil municipal de Tracadie.

Crédit : Acadie Nouvelle : Archives

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  • Date de création 16 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 16 juin, 2021
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