Rentrée au district scolaire Nord-Ouest: entre constance et nouveaux défis

C’est avec une population d’élèves stable et des postes comblés partout du côté des ressources humaines qu’a pris son envol l’année scolaire 2023-204 dans le District scolaire francophone du Nord-Ouest.

_______________________

Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Cette année, les écoles du Nord-Ouest accueilleront un total de 5060 jeunes, soit un nombre similaire à l’an dernier.

Du côté du personnel, tous les secteurs ont le nombre requis d’employés certifiés ou en voie de l’être. La seule ombre au tableau est le manque de suppléants.

«Notre défi est au niveau de notre banque de suppléance. C’est là qu’on anticipe des problèmes en cours d’année, surtout par rapport  à nos concierges dans la région de Grand-Sault, Saint-Quentin et Kedgwick. On va certainement garder un œil là-dessus», a déclaré le directeur général du DSFNO, Luc Caron.

Dans cette optique, M. Caron a assuré que le district allait continuer d’être agressif sur le recrutement de personnel. Il a même invité les étudiants du postsecondaire qui voudraient faire quelques heures d’enseignement de se manifester.

«On est très flexible au niveau de nos horaires et on serait prêt à les accepter dans notre équipe.»

De manière générale, Luc Caron s’est dit enthousiaste à l’idée d’entreprendre cette nouvelle année scolaire à la lumière de certains accomplissements réalisés au cours des dernières années, notamment du côté des projets vie-carrière, du développement de la langue et de la culture, de la mathématique 6e année (évaluation provinciale) et de l’engagement des élèves à l’école.

Comme au cours des dernières années, le DSFNO s’attaquera aux enjeux en littératie, en numératie et du côté de la santé mentale dans ses écoles.

«Notre plan vise à développer des stratégies pour remédier à ces lacunes. On parle de stratégie au niveau de la lecture de l’écriture (…) Au niveau de la gestion des comportements, on a des stratégies pour aider l’ensemble de nos employés à composer avec ces défis-là.»

Le directeur général du DSFNO a aussi mentionné que le Nord-Ouest est la région où l’on retrouve le plus grand taux d’enfants d’âge préscolaire à risque lors des évaluations de la petite enfance, surtout en ce qui a trait au développement du langage et de la communication.

«On travaille fort avec nos garderies éducatives et nos parents pour développer des stratégies. On a plein d’initiatives qui touchent la petite enfance pour améliorer cet aspect, comme le programme de lecture familiale et le point d’accès unique aux services de la petite enfance dans la région.»

Par contre, celui-ci s’est dit fier que le district scolaire soit celui ayant affiché le plus haut taux de récupération de ces élèves à risque au cours de leurs premières années à l’école.

M. Caron a expliqué que des statistiques par rapport à l’évolution de ces élèves à risque, de l’âge préscolaire à la 2e année, ont été compilées par le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

«C’est là que l’on pouvait voir, en comparant le taux d’élèves à risque au niveau préscolaire au taux de réussite lors de l’évaluation de lecture à la fin de la 2e année, que l’on avait fait du beau travail.»

Comme le DSFNO entre dans la dernière année de sa plus récente planification stratégique, un accent particulier sera mis sur l’élaboration du prochain plan éducatif 2024-2027.

«Ça ne veut pas dire que l’on va jeter le bébé avec l’eau du bain. On a de beaux indicateurs de réussite, mais on a encore du travail à faire. S’il y a des endroits où ça va bien, on va peut-être les laisser de côté pour adresser d’autres défis.»

L’intelligence artificielle

Luc Caron avoue que l’avènement de l’intelligence artificielle en contexte scolaire – avec Chat GPT notamment – sera un élément à surveiller à l’avenir. Même s’il croit que l’IA peut s’avérer un outil intéressant qui révolutionnera l’éducation, M. Caron croit que le système scolaire devra s’adapter rapidement à cette nouvelle réalité.

Celui-ci s’est dit convaincu que cet outil était déjà utilisé en milieu scolaire. Des exercices de sensibilisation ont été entrepris auprès du personnel enseignant.

«S’il y a une conscientisation chez nos enseignants et nos élèves, il y a des pistes intéressantes à explorer. Il faut trouver des façons de faire des choses avec nos jeunes que Chat GPT ne peut pas faire.»

Politique 713 : entre l’arbre et l’écorce

Dans le discours du directeur général du DSFNO, il a évidemment été question de la politique 713 qui établit les exigences minimales pour le respect des élèves de la communauté LGBTQ2+.

Celle-ci a été modifiée par le gouvernement Higgs ajoutant que l’on doit demander le consentement des parents avant d’autoriser le personnel enseignant à utiliser les prénoms et pronoms choisis par les élèves transgenres et non binaires de moins de 16 ans.

Luc Caron avoue que le district, comme les autres entités similaires dans la province, est pris dans une situation délicate. Par conséquent, les trois districts francophones se sont tournés vers des experts en droit afin d’orienter leurs décisions.

«Nos consultations préliminaires nous disent que si on adopte la politique 713 comme elle est présentement, ça met les conseils d’éducation à risque de poursuites civiles, car ces avis semblent nous dire que cette politique ne respecte pas les droits de nos jeunes et leur vie privée. Si on décide de ne pas respecter la politique actuelle de la province, on se met à risque d’avoir des conséquences du ministère. Je n’ai aucune idée à quoi pourraient ressembler ces conséquences.»

Selon M. Caron, les districts scolaires francophones du Nouveau-Brunswick devraient recevoir leur avis juridique au cours de la semaine.

Lorsqu’il a été interrogé à savoir ce qu’allait faire le DSFNO en attendant d’avoir cet avis, Luc Caron a répondu que le district allait agir dans l’intérêt des enfants, ajoutant qu’il n’y a que deux élèves actuellement qui seraient touchés par la politique 713.

«S’il y a d’autres élèves qui présentent des besoins particuliers, nous allons adresser ces besoins.»

 

-30-

 

Photos

Légende : Le directeur général du DSFNO, Luc Caron.

Crédit :  Acadie Nouvelle : Bobby Therrien

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 20 septembre, 2023
  • Dernière mise à jour 20 septembre, 2023
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article