Les autobus électriques continuent de défrayer les manchettes

La Voix acadienne - L’Île-du-Prince-Édouard compte une flotte de 107 autobus scolaires électriques de marque Lyon Électrique.  Aux défis opérationnels qui s’accumulent, les autorités scolaires doivent faire face aux difficultés liées à la faillite de la compagnie québécoise et à des enjeux de sécurité.  

 

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne – ATL

Le mardi 9 septembre, un incendie s’est déclaré dans un autobus de marque Lyon Électrique à Montréal.  L’incident a été filmé et a rapidement fait le tour des réseaux sociaux.  Quelque 1 200 autobus de la flotte québécoise ont été mis à l’arrêt.  

Il s’agissait du troisième incendie en un an à se déclarer dans un autobus Lyon.  Le premier s’était déclaré en novembre 2024 et le second, en janvier 2025. C’est après cet incident de janvier 2025 que l’Île-du-Prince-Édouard aurait interrompu son programme d’achat avec l’entreprise.  

Le troisième incendie, le plus récent, est celui qui semble avoir mis le feu aux poudres et fait réagir les autorités d’une manière plus proactive, ici même, à l’ÎPÉ.  «L’Île possède une flotte de 107 autobus électriques, tous de marque Lyon Électrique.  Dès que les autorités ont été informées du nouvel incendie, une opération de vérification a été déployée pour s’assurer que tous nos véhicules soient aussi sécuritaires que nos autobus à essence», ont informé les dirigeants de la Commission scolaire de langue française (CSLF), notamment le directeur général Ghislain Bernard et le directeur des services financiers, Brad Samson, fournissant chacun leur tour des bouts d’information aux membres de la CSLF et aux quelques membres du public qui participaient à l’assemblée générale annuelle, le 23 septembre à Rustico. 

La cause de ces incendies a été identifiée comme étant la «chaufferette» électrique. «Dans certains modèles, les systèmes de chauffage des autobus sont alimentés par la batterie.  Ce n’est pas le cas à l’Île.  La province a opté pour un modèle où la chaufferette est alimentée par carburant.  Ça permet d’avoir une meilleure autonomie de batterie», disent les responsables.  

Les vérifications ont tout de même été faites par les employés du ministère des Transports, sous la supervision du personnel de Transport Canada.  «On ne peut jamais être totalement certain que nos autos ne tomberont pas en panne.  Ça peut arriver n’importe quand.  Mais avec les vérifications que nous avons faites suivant un protocole très précis, nous avons confiance que nos autobus sont sécuritaires», a affirmé Ghislain Bernard.   

Mis à part ces soucis récents, et malgré leurs avantages environnementaux, les autobus électriques causent des «casse-tête opérationnels».  

«Ces autobus nous ont été imposés, sans aucune consultation.  La province a décidé d’électrifier sa flotte, sans même considérer que nous n’avons pas les bornes de recharge en place», rappelle Brad Samson.  

Les autobus électriques prennent du temps à recharger, et leur autonomie dépend du poids qu’ils transportent et d’autres facteurs, incluant la longueur du trajet.  «Que se passe-t-il si nous devons fermer l’école à 10 h pour tempête, alors que les autobus ne sont pas complètement rechargés.  La dernière chose que nous voulons, c’est un autobus plein d’enfants pris dans une tempête entre l’école et la maison.  Nous avons des plans de contingence.  Nous ne voulons pas vraiment avoir à les tester», soutient Brad Samson.  

Les autobus électriques permettent des économies sur le carburant et ils sont moins polluants à l’utilisation.  Par contre, ils coûtent très cher à l’achat. La faillite de la compagnie Lyon a terni les quelques avantages des véhicules, qui coûtent désormais plus cher à réparer, les garanties n’étant pas honorées.  «L’approvisionnement de pièces de rechange est beaucoup plus lent que d’habitude.  Nous avons un certain nombre de véhicules qui sont à l’arrêt, en attente de pièces.  Ça réduit l’efficacité de notre flotte», indique Brad Samson.  

Ce dernier parle d’une «grande incertitude» quant aux intentions de la province en matière d’électrification de la flotte.  La Commission scolaire de langue française dit ne pas avoir eu d’instructions claires sur les intentions de la province.  Par contre, le gouvernement a récemment acheté des autobus à essence pour ajouter à la flotte.  

  

 

PHOTOS :  

Au moment de la présentation des états financiers «non-officiels» par Brad Samson (au premier plan), on voit aussi Dominique Ryan de la firme comptable Doane Grant Thornton LLP ainsi que les président et directeur général de la CSLF, Gilles Benoit et Ghislain Bernard.  (Photo : Jacinthe Laforest)

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  • Date de création 1 octobre, 2025
  • Dernière mise à jour 1 octobre, 2025
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