Soya: une récolte hâtive… Mais décevante?
IJL – Réseau.Presse – Agricom
« Je ne me souviens pas d’avoir battu le soya aussi tôt dans la saison », indique Guillaume Bercier, du Centre de criblage Bercier à St-Isidore dans l’Est ontarien. « Habituellement, on commence vers le 20 ou le 22; là, le 15 septembre, le soya était déjà prêt. »
Après tout, plus la récolte tarde, plus les champs sont exposés aux intempéries et à la chute des températures la nuit. Mais la sécheresse connue au cours de l’été 2025 va non seulement forcer une récolte précoce; elle risque d’affecter la qualité du produit.
Inégal
Il faut dire que la canicule n’a pas été vécue de la même manière partout dans la province, souligne le directeur de Soy Canada, Brian Innes. « Toute la région à l’Est de Toronto a été généralement plus affectée que le Sud-ouest. On n’aura pas le portrait précis tant que les moissonneuses ne seront pas toutes dans les champs, mais on pense déjà qu’on aura une récolte moins abondante que la moyenne. »
Le prix de vente du soya dépendra de plusieurs facteurs, certains au niveau international et d’autres au régional: « La bourse de Chicago donne le ton, mais les règles du marché mondial changent rapidement. Et il faut distinguer le soya de calibre alimentaire du soya de base. Pour les Japonais, le calibre alimentaire doit être de la plus haute qualité et lors d’une sécheresse, il y a plus de chance qu’on constate des dommages aux plants », dit-il.
Selon Guillaume Bercier, les résultats de la récolte pourraient non seulement varier grandement d’une région à l’autre, mais aussi d’un champ à l’autre, et même dans un même champ. « Je pense que cette année, ça va être mixte. Il y aura de très bons champs et d’autres qui offriront une récolte décevante. Dans le Sud-Ouest de la région, les terres sont plus sablonneuses et retiennent moins l’eau, donc la sécheresse frappe plus durement. Je pense que les régions de Finch et Chesterville vont être affectées. »
Un malheur ne vient jamais seul
Bercier se souvient que les plants de soya montraient déjà des signes de stress hydrique il y a un mois, au plus fort de la canicule. Si les conditions météo ont éliminé le risque de moisissure, elles ont en revanche favorisé l’éclosion de tétranyque, aussi appelée Spider Mite, un insecte ravageur.
« Cette année, c’était pire que les années passées. Je connais plusieurs agriculteurs qui ont dû arroser pour lutter contre la mite. Je pense que l’été 2025 risque d’être un cas d’assurance pour certains agriculteurs. »
Son autre préoccupation est liée au prix très bas sur le marché du soya et du blé. « Le blé, c’en est ridicule, on essaie de s’en décharger pour faire de la place. C’est sûr qu’il est moins affecté que le canola présentement, mais les prix sont trop bas, pendant que le prix des intrants augmente », déplore-t-il.
La récolte du soya se poursuivra au cours des prochaines semaines. Soy Canada effectuera son sondage annuel auprès des agriculteurs vers la mi-octobre. L’organisme compte obtenir à ce moment un portrait plus exact de la récolte du soya pour 2025 et établir ses prévisions du marché en conséquence.
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Légende photo 1: Les experts prédisent une récolte en dents de scie pour le soya.
Légende photo 2: Brian Innes estime qu'il est encore trop tôt pour avoir un portrait précis de la récolte cette année.
Légende photo 3: Guillaume Bercier dénonce les prix très bas sur le marché du soya et du blé.
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- Date de création 23 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 23 septembre, 2025