Choisir une école francophone : une décision plus pratique que militante
Si le choix de scolariser ses enfants dans des écoles francophones à Orléans peut parfois être perçu comme une décision militante, plusieurs parents parlent d’un geste qui va au-delà de l’identité culturelle, et évoquent surtout des raisons pratiques.
_______________________
Rebecca Kwan
IJL – Réseau.Presse – L’Orléanais
C’est notamment le cas de la famille Losier.
Geneviève Losier et son époux n’ont pas hésité une seule seconde avant d’inscrire leurs enfants dans des écoles francophones.
Étant elle-même Franco-Ontarienne, son conjoint, Acadien, Mme Losier raconte qu’il s’agissait même «d’une évidence» que d’offrir à ses enfants, aujourd’hui âgés de 15 et 16 ans, une éducation en français.
«Mon époux et moi avons grandi dans des communautés francophones minoritaires et nous avons étudié, du primaire au postsecondaire, en français», raconte la mère de famille, qui souhaitait d’abord et avant tout permettre à ses enfants «d'avoir une éducation dans leur langue maternelle à 100 %».
«Les enfants ont eu d'excellents enseignants et nous sommes absolument satisfaits de notre choix», se réjouit l’Orléanaise.
À la base, Geneviève Losier ne décrirait pas son choix de militant, même si «c'est certain que la possibilité d'assimilation est très grande en Ontario et qu'une éducation en français est le meilleur outil pour la combattre», reconnaît-elle.
Une question d’avenir
Mère de trois enfants, âgés de 8 à 12 ans, Chantal Barrett, parle quant à elle, oui, d’un choix militant, mais, elle aussi, surtout d’un choix pratique.
«Je voulais que mes enfants aient l’opportunité d’apprendre en français, de jaser entre amis en français et d’avoir une bonne base de grammaire», raconte l’Orléanaise, dont les enfants fréquentent des écoles du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE).
Il lui était hors de question, confie-t-elle, d’envoyer ses enfants dans une école de langue anglaise, malgré le fait que son mari soit anglophone. «J’ai gagné!», rigole-t-elle.
Chantal Barrett pense notamment aux possibilités d’emploi qui s’ouvriront à ses enfants – une fois en âge de travailler – puisqu’ils sont bilingues.
Cette dernière est loin de regretter son choix, mais soulève un bémol à la situation.
«Les écoles francophones acceptent de plus en plus des jeunes qui ne parlent aucun français et donc les ressources sont mises en grande partie pour ces enfants», observe la mère de famille.
Des critères à respecter
En réponse à cette remarque, le directeur de l'éducation au CECCE, Marc Bertrand, reconnaît que «le contexte démographique évolue». «Il est vrai que l’immigration transforme les dynamiques linguistiques dans nos écoles», acquiesce ce dernier.
M. Bertrand assure toutefois que le conseil scolaire «respecte des critères d’admissibilité clairs pour l’inscription dans ses écoles».
«Un enfant peut être inscrit dans une école de langue française si l’un des parents [...] a comme première langue apprise et encore comprise le français, a reçu son instruction, au niveau élémentaire, en français au Canada ou est parent d’un enfant ayant reçu ou recevant une instruction en français au Canada», énumère le directeur de l’éducation.
Dans le cas où une famille ne répondrait pas à ces critères, Marc Bertrand indique qu’il est possible de présenter une demande au comité d’admission, «qui évaluera la situation».
«Le CECCE soutient activement l’intégration des nouveaux arrivants, tout en restant fermement engagé envers la réussite de tous les élèves», poursuit le pédagogue, qui ajoute que le conseil scolaire investit dans plusieurs nouveaux programmes, services spécialisés et initiatives pour «répondre aux besoins et aux aspirations de toutes les familles francophones ayants droit».
-30-
Titre : Geneviève Losier
Légende : Les enfants de Geneviève Losier étudient en français, à Orléans.
Crédit : Courtoisie Geneviève Losier
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 22 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 22 septembre, 2025