Une occasion de «redéfinir» l’identité canadienne, par le cinéma

L’Office national du film du Canada a organisé un rassemblement pour jeunes cinéastes à Halifax, lors du Festival international du film de l'Atlantique, afin de présenter une nouvelle initiative: {RE}DÉFINI. 

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Destiné aux artistes de 30 ans et moins, il s’agit d’un programme de production de court-métrage documentaire avec pour but de produire cinq œuvres originales,

L’on souhaite aussi trouver la «prochaine génération» de cinéastes canadien(ne)s. «Ce qu’on cherche dans ce projet, c’est travailler avec des gens qui n’ont pas déjà travaillé avec l’ONF, et qui même ne savent pas trop c’est quoi l’ONF», précise Brigid Tierney, chargée de projets pour la programmation et la planification à l'ONF.

«C’est vraiment pour ouvrir des portes, pour connaitre des jeunes cinéastes qui travaillent d’une manière différente que la nôtre, pour qu’ils ou elles peuvent informer les projets et thématiques.»

La cible de l’Office national du film (ONF) du Canada est de réaliser trois courts-métrages en anglais et deux en français. Toutefois, les propositions de projets dans d’autres langues, comme le michif, sont les bienvenues.

L’on cherche des histoires qui définissent - ou redéfinissent - l’identité canadienne et l’identité autochtone. Le film, idéalement, parlera d’une réalité et d’un enjeu dans sa région ou en lien à sa culture d’appartenance.

L’ONF donnera la priorité aux candidats ayant de l’expérience et de la formation en production cinématographique, puisque le processus de création sera «rapide et serré».

Mais il y aura quand même du mentorat et des occasions d’apprentissage pour développer son art. «Le fait qu’on va être appuyé par le programme from start to finish est incroyable, pis je pense pas qu’y a un programme pareil qui est out there, présentement», dit Geneviève Boudreau, qui a participé à la rencontre de l’ONF.

L’initiative est possible grâce à une collaboration avec le Festival international du film de Toronto (TIFF). De janvier à juin, les artistes se mettront à l'œuvre pour créer un film documentaire d’une durée de 10 minutes ou moins. Les projets seront, par la suite, projetés lors de TIFF Next Wave.

Le Festival a un fort programme pour les créateurs et les audiences émergentes, mentionne la chargée de projets, d’où leur intérêt dans ce partenariat. «Ça nous aide à être surs qu’on est en connexion pour de vrai avec la jeunesse.»

La prochaine vague

Le 11 septembre, la salle de rencontre, aux bureaux de l’ONF et de Téléfilm Canada à Halifax, était pleine de cinéphiles intéressés par le projet.

Parmi eux se trouvait Geneviève Boudreau, originaire de Memramcook et maintenant à Moncton, qui était dans la région pour prendre part au Festival international du film de l'Atlantique.

Boudreau trouve encourageant qu’un programme comme {RE}DÉFINI ait été mis sur pied pour soutenir les réalisateurs qui sont dans leurs débuts. «C’est tellement une belle opportunité que je peux pas la passer.»

Son amour du cinéma a commencé à 12 ans, lorsque Boudreau a réalisé un court-métrage pour l’un de ses cours, grâce à l’appui de son école et du Programme d'aide au court métrage du Festival international du cinéma francophone en Acadie.

Une expérience qui a été une vraie révélation, l’amenant jusqu’à l’école de film de Thunder Bay, ensuite à Toronto, pour étudier la postproduction, se spécialisant dans le montage vidéo, et finalement à Radio-Canada, où Boudreau travaille aujourd’hui.

Étant une personne queer et acadienne, Boudreau a toujours voulu réaliser un documentaire à propos de la renaissance queer au Nouveau-Brunswick. «Dans les derniers six ans, y a eu une révélation, un boost de fierté qui s’est passé dans ma communauté, puis je dirais ça serait tellement intéressant de capturer ça.»

C’est l’une de ses idées pour {RE}DÉFINI, mais Boudreau en laisse encore d’autres mijoter.

Réaliser et expérimenter

Bien que le projet doit demeurer dans l’univers du documentaire, l’ONF précise qu’il y a place à l’exploration et que les cinéastes peuvent «jouer» avec le genre.

«On est à une bonne période dans le documentaire, soutient Brigid Tierney.  Il y a de l'argent, de l'espace et de la créativité pour explorer le format, pour repousser les limites.»

La date de tombée pour soumettre une proposition est le 30 septembre. L’ONF commencera à discuter avec les cinéastes en octobre et formera sa cohorte en novembre.

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 17 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 16 septembre, 2025
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