Industrie vidéoludique: les studios d’ici veulent rayonner ailleurs (partie 1)
Le salon de jeux vidéos Gamescom 2025 à Cologne, en Allemagne, a été une occasion unique pour les studios de l’Atlantique de présenter leurs jeux aux membres de l’industrie, en espérant ouvrir les portes d’autres marchés.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Du 20 au 24 aout, 15 studios de jeux vidéos des provinces atlantiques y étaient afin, entre autres, «d’appuyer la préparation à l’exportation» et «de créer de nouveaux liens».
L’industrie du jeu vidéo représente 5,1 milliards de dollars, à savoir 3,9 milliards en impact direct et 1,2 milliard en impact indirect et induit, pour l’économie canadienne, selon les données de Canada’s Video Game Industry, avec des hausses salariales depuis 2021 pour tous les niveaux d’expérience.
+++Encadré+++
L’impact indirect relève des transactions entre les entreprises et les fournisseurs, donc une croissance en lien à la chaine d'approvisionnement.
De l’autre côté, un impact induit est l’ensemble des dépenses de consommation des personnes salariées, c’est-à-dire les revenus des travailleurs d’un business, dans ce cas-ci d’un studio de jeux vidéos, qui mènent à des dépenses de consommation. Bref, un salaire plus élevé veut souvent dire plus de dépenses et une hausse des activités économiques dans une localité.
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Lors de ce salon, il y a eu des rencontres avec des éditeurs et des partenaires technologiques, ainsi que des concours de présentations pour faire connaitre aux acheteurs présents les plus récents produits des studios.
Nathan van der Stoep, cofondateur néerlandais de Costmocat Games, était à Gamescom pour représenter le Canada et les Pays-Bas.
Il s’agissait de sa première expérience à ce salon international. «Ç’a été formidable de rencontrer autant de personnes passionnées dans l'industrie du jeu vidéo. Il y a tellement de talents super et tellement de jeux géniaux qu'il est difficile de se faire remarquer de nos jours», dit-il.
Costmocat Games a récemment commencé à travailler sur le développement du jeu Astral Flux et cherche un éditeur de jeu pour assurer, entre autres, sa promotion et sa distribution.
Gamescom a permis au cofondateur d’aller à la rencontre de développeurs «pour en savoir plus sur leur expérience de collaboration avec un éditeur spécialisé», informe l'entreprise par écrit.
Ron Roisman Ismach, président-directeur général de Styrax Studios, avait un kiosque à Gamescom 2025 pour montrer et promouvoir son jeu d’aventure, Button Man, situé dans une Nouvelle-Écosse fictive pendant la période de la prohibition.
L’avantage de participer au salon, selon lui, était de rencontrer les amateurs de jeux vidéos de partout dans le monde pour parler de son jeu, mais aussi de la province. «Dès que nous commençons à raconter l'histoire d'Halifax aux gens, peu importe où l’on se trouve dans le monde, ils sont captivés», mentionne le PDG.
Une industrie à «grand potentiel»
Au Canada, 23 millions de citoyens, à savoir 61 % chez les personnes âgées de 18 à 64 ans et 89 % chez les enfants et adolescents de 6 à 17 ans, jouent à des jeux vidéo, d’après l’Association canadienne du logiciel de divertissement.
L’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) est d’avis que «l’industrie des jeux vidéos possède un grand potentiel pour stimuler la croissance, créer de nouveaux emplois et susciter l’innovation partout au Canada atlantique», peut-on lire dans son communiqué, diffusé le 19 aout dernier.
«Elle propose aussi une voie pour renforcer et diversifier les liens commerciaux et d’investissement du Canada en donnant accès à de nouveaux marchés d’exportation», selon l’Agence.
Cette dernière a contribué 67 902 $ pour financer la participation de la cohorte atlantique, menée par Digital Nova Scotia, à Gamescom 2025.
Le Courrier a fait une demande d’entretien auprès de l’APECA, qui a dirigé le journal vers Digital Nova Scotia, pour offrir les meilleurs renseignements.
En développement
Owen Sagness, président-directeur général de Digital Nova Scotia, explique que nombre de projets vidéoludiques du Canada atlantique se font de manière contractuelle pour de plus gros studios, selon leur spécialisation, l’une étant la réalisation de jeux mobiles.
C’est le cas d’Iron Fox Games, à l’Île-du-Prince-Édouard. Le salon à Cologne a été l’occasion de trouver des partenaires se spécialisant en marketing. «Participer à la Gamescom a été très bénéfique pour le studio», déclare Ryan Filsinger, président-directeur général et cofondateur du studio.
Il s’agit d’une facette de l’économie régionale un peu méconnue, dit M. Sagness, mais qui a un impact mondial. «La communauté de développeurs dont nous disposons est très appréciée par les studios de développement de jeux vidéo internationaux», affirme-t-il.
Selon le PDG de Digital Nova Scotia, la disponibilité de la main-d'œuvre qualifiée constitue l’un des obstacles à la croissance. Pour les années à venir, l'objectif de l'industrie du jeu vidéos, mais aussi d'autres industries informatiques, sera de disposer d'un plus grand vivier de talents.
En ce qui concerne l’emploi, la pénurie dans le secteur touche désormais davantage les postes de haut niveau, puisque la concurrence pour ces talents est plus forte.
Digital Nova Scotia se concentre actuellement sur les moyens d'attirer et de développer les talents de l’échelle intermédiaire à supérieur dans la province, complète M. Sagness.
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- Date de création 12 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 11 septembre, 2025