Les garderies francophones de la C.-B. font leur rentrée
Victoria apporte son soutien aux services de garde préscolaires francophones pour faciliter l’accès à l’éducation en français dès la petite enfance en Colombie-Britannique (C.-B.). Cet appui de la province s’effectue en collaboration avec la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB) et le Conseil scolaire francophone (CSF).
Marie-Paule Berthiaume – IJL – Réseau.Presse – Journal La Source
Le ministère de l’Éducation et des Services à la petite enfance a alloué 20,5 millions de dollars pour financer sept initiatives du CSF dans le cadre du programme ChildCareBC New Spaces depuis 2020. Selon le ministère, ces investissements ont contribué à l’ajout de 445 places en services de garde préscolaire et scolaire pour les familles francophones, portant le nombre total de places disponibles en C.-B. à 7 %.
Une stratégie pour l’inclusion et l’équité
Avec sa stratégie pour des services de garde inclusifs, le ministère s’engage « à répondre aux besoins spécifiques des enfants, y compris leurs besoins linguistiques ».
« Les familles francophones ont accès, depuis septembre 2024, au Child Care Resource and Referral Francophone (CCRRF). Ce centre, géré par la FPFCB, a pour mission d’offrir aux familles des services de garde en français. Le CCRRF aide également les autres centres CCRR [anglophones] de la province à offrir des services adaptés aux francophones », indique-t-il.
Le ministère de l’Éducation et des Services à la petite enfance encourage les éducateurs francophones ayant obtenu leur formation à l’extérieur de la C.-B. à demander une reconnaissance d’équivalence afin de pouvoir travailler dans la province.
Un essor parsemé de défis
Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la FPFCB, souligne qu’une trentaine de services de garde francophones, majoritairement des garderies pour les enfants de moins de 5 ans, sont répartis dans la province. « De plus, une dizaine de projets d’ouverture de garderie sont actuellement en cours, à différents stades de conception. »
Selon elle, malgré une augmentation des besoins et des services offerts, ainsi que de l’appui considérable du gouvernement, la lenteur associée au démarrage d’un service de garde, la gestion des établissements et la pénurie d’éducateurs francophones en petite enfance constituent des défis majeurs.
« Depuis 2020, la FPFCB encadre Le Phare C.-B., une équipe multidisciplinaire qui accompagne le lancement de nouveaux services de garde, soutient les gestionnaires de garderies existantes ou gère directement certaines garderies, comme Les explorateurs à Campbell River », indique Marie-Andrée Asselin.
En gérant directement les services de garde, Le Phare C.-B. libère les communautés de la responsabilité de créer un organisme à but non lucratif ou de dépendre de l’association francophone locale. « Cette approche gagne en popularité, comme en témoignent plusieurs nouvelles garderies, dont Les libellules à Kelowna, ouverte l’an dernier. »
Le défi majeur selon Marie-Andrée Asselin : le recrutement d’éducateurs francophones. « Depuis septembre 2024, le CCRRF soutient la formation des futurs éducateurs de la petite enfance en français, notamment grâce à un partenariat avec le Collège Éducacentre. De l’aide financière et des solutions flexibles facilitent la certification des francophones, une condition obligatoire pour travailler dans le domaine. »
Une étude de cas : la garderie et prématernelle Saute-Mouton
Saute-Mouton, située à Victoria, accueille les enfants de la pouponnière à la maternelle, en plus d’offrir un service de garde avant et après l’école. L’établissement possède deux licences distinctes en tant que garderie pour les enfants de moins de 3 ans et prématernelle pour les 3 à 5 ans. Les services sont répartis sur deux sites, distants de moins de 400 mètres, situés sur le terrain de l’école Victor-Brodeur du CSF.
Geneviève Deschamps, directrice générale de Saute-Mouton, souligne le rôle crucial des parents dans la gestion des garderies francophones et salue le soutien de la FPFCB pour alléger cette responsabilité lorsque nécessaire.
« En plus de la gestion, il y a toujours le défi de trouver des éducatrices francophones qualifiées, mais nous avons la chance que la plupart des éducatrices s’investissent pleinement dans leur formation », précise-t-elle.
Selon Geneviève Deschamps, les fonds sont disponibles et le soutien institutionnel est solide. « Il est de plus en plus facile pour les familles d’accéder à des services de garde en français pour leurs enfants, et ce dès leur plus jeune âge, ce qui favorise une fréquentation accrue des écoles du CSF et renforce la vitalité de la communauté francophone en C.-B. »
Pour en savoir plus : https://lepharecb.ca
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photo 1 - services de garde d’enfants francophones
légende : La pénurie d’éducateurs dans les services de garde francophones constitue un défi de taille en Colombie-Britannique
crédit : Unsplash, Troy T
photo 2 - Marie-Andrée Asselin
légende : Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la FPFCB
crédit : Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique
photo 3 - Les libellules
légende : La garderie Les Libellules a été inaugurée le 11 juin dernier à Kelowna
crédit : Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique
photo 4 - Geneviève Deschamps
légende : Geneviève Deschamps, directrice générale de la garderie, de la prématernelle et du service de garde Saute-Mouton
crédit : courtoisie
- Nombre de fichiers 5
- Date de création 9 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 19 septembre, 2025