Une paie d’au moins 22 dollars de l’heure pour vivre décemment

La Voix acadienne - Le Centre canadien de politiques alternatives a publié son rapport annuel sur les salaires de subsistance dans les provinces du Canada atlantique. À l’Île-du-Prince-Édouard, il faut gagner entre 22 et 23 dollars de l’heure pour subvenir à ses besoins de base. Malgré une baisse des frais de transport et de garde d’enfants, l’alimentation et le logement continuent de peser sur le budget des plus modestes. 

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Un salaire de 23,30 dollars de l’heure est nécessaire à Charlottetown en 2025 pour subvenir à ses besoins de base, selon le dernier rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA). 

Les habitants du reste de l’île ont, eux, besoin de 22,20 dollars de l’heure pour réussir à payer leur loyer, leur nourriture, les transports, les soins de santé et la garde des enfants. Ces revenus de subsistance n’ont pas changé par rapport à 2024.«Ce sont de bonnes nouvelles, ce n’est pas comme si le coût de la vie était plus abordable, mais c’est un moment où il pourrait le devenir», observe la directrice du CCPA en Nouvelle-Écosse et co-auteure du rapport, Christine Saulnier. 

«Les dépenses familiales ont ainsi très légèrement diminué à Charlottetown», ajoute-t-elle. 

Logement social à la traîne

La coordinatrice du Centre McKillop pour la justice sociale, Mary Boyd, se montre moins enthousiaste : «Au moins, nous n’avons pas pris de retard. Mais le revers de la médaille, c’est que nous n’avons pas fait de progrès significatifs pour apporter de réels changements. Les gens à faibles revenus continuent à avoir du mal à joindre les deux bouts.»

Les revenus de subsistance sont en effet bien au-dessus du salaire minimum de 16 dollars de l’heure accordé aux travailleurs de l’île-du-Prince-Édouard, qui augmentera de 50 cents le 1er octobre.

L’alimentation et le logement restent les deux postes de dépenses les plus coûteux que ce soit à Charlottetown ou Summerside. Les insulaires doivent consacrer presque la moitié de leur budget à l’achat de nourriture et au paiement de leur loyer ou de leur hypothèque. 

«Nous ne progressons pas assez vite dans le logement social. De nombreux immeubles d’appartements sont en construction, mais très peu offrent des loyers abordables aux personnes à faibles revenus», regrette Mary Boyd. 

En revanche, les frais liés au transport et à la garde d’enfant ont baissé de manière importante au cours des douze derniers mois, selon le rapport du Centre canadien de politiques alternatives . 

Christine Saulnier salue à cet égard les «investissements» du gouvernement provincial dans les services publics de garde et les transports en commun, afin de les rendre «plus abordables et accessibles». «On a vu plein de petits changements qui ont vraiment aidé les ménages avec enfants. Le gouvernement semble essayer de faire avancer les choses», salue-t-elle.

Poursuivre les investissements 

Christine Saulnier évoque également la diminution des impôts pour les foyers les plus modestes et l’introduction d’une nouvelle Allocation provinciale pour enfants. 

«C’est vraiment modeste, 20 à 30 dollars par mois et par enfant, ça ne va pas diminuer la pauvreté infantile, mais c’est largement accessible, y compris aux familles qui ne sont pas sous le seuil de pauvreté», indique-t-elle.

Le CCPA appelle néanmoins le gouvernement insulaire à en faire davantage. Christine Saulnier parle d’élargir la portée et les critères d’admissibilité de certains programmes d’aide, de diminuer les coûts du système de santé, d’augmenter le salaire minimum et les montants de l’assistance sociale. 

«Il faut relever les plafonds des programmes d’aide pour que davantage de familles puissent en bénéficier, renchérit Mary Boyd. Les employeurs et les responsables politiques doivent se retrousser les manches et s’engager à payer au moins un salaire décent.»  

 

PHOTOS :  

1- La co-auteure du rapport, Christine Saulnier, appelle le gouvernement insulaire à poursuivre ses efforts pour réduire la pauvreté.  (Photo : Gracieuseté)

2- Mary Boyd pointe le prix trop élevé de produits alimentaires essentiels pour une alimentation équilibrée et nutritive. (Photo : Gracieuseté)

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  • Date de création 4 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 4 septembre, 2025
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