Incidence du cancer: où se situe la Nouvelle-Écosse dans le portrait canadien?
Près de la moitié de la population canadienne devrait, à un moment de leur vie, recevoir un diagnostic de cancer, d'après le Tableau de bord des Statistiques canadiennes sur le cancer. Quel est le portrait néoécossais de ces incidences?
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
La Nouvelle-Écosse représentait 3 % de la projection canadienne des cas de cancer pour tous les cancers avec 7500 cas, selon le Tableau de bord des Statistiques canadiennes sur le cancer.
Il s’agit, entre autres, de 1150 cas de poumon et bronches, 860 du cancer colorectal, 830 du cancer de la prostate et 810 du cancer du sein.
Bien que les plus grands nombres d’incidences soient en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, il faut prendre en compte la taille de la population de chacune des provinces. La projection de cas représente 0,59 % de la population de l'Ontario et 0,56 % de celle de la Colombie-Britannique, tandis qu'en Nouvelle-Écosse, elle est de 0,70 %.
Avant de diagnostiquer un cancer, une personne est exposée à un ou des facteurs de risque, à savoir environnemental, comportemental, comme le tabagisme, familial ou professionnel, pendant une longue période.
Bien qu’il y ait de nombreux facteurs provoquant des modifications génétiques changeant la manière dont les cellules se développent et se multiplient, la raison la plus commune est l’âge, rappelle le Dr Bruce Colwell, directeur médical principal du Programme de soins contre le cancer de la Nouvelle-Écosse et oncologue médical au Centre de cancérologie QEII à Halifax.
En utilisant l’analogie d’une voiture, il fait comprendre que, plus l’on vieillit, plus il y a de chances de «tomber en panne». Les humains ont, dans leur corps, des cellules qui se répliquent en permanence, et à force de se répliquer suffisamment de fois, des erreurs finissent par apparaitre dans l'ADN, ce qui l'endommage et conduit au cancer.
5 à 10 % des cancers au Canada sont héréditaires, selon la Société canadienne du cancer. Les autres sont sporadiques.
En Nouvelle-Écosse, comme n’importe où au Canada, il y a le risque lié à l’exposition aux rayons ultraviolets du soleil, au radon, un gaz radioactif qui vient de l'uranium de la croute terrestre et parfois dans les eaux souterraines, et à la pollution atmosphérique.
L’amiante est aussi un risque, notamment pour les personnes qui ont travaillé dans la construction navale, surtout dans les plus vieux navires, où ces fibres minérales étaient utilisées pour l’isolation.
En 2015, pour l'ensemble des cancers, les taux étaient plus faibles dans l’ouest de la province et plus élevés dans l’est, en comparaison à l'ensemble de la Nouvelle-Écosse.
«Le taux élevé de cancer dans le comté du Cap-Breton est principalement associé au cancer du poumon et au cancer colorectal, qui dépassent respectivement de 19 % et 13 % la moyenne de la Nouvelle-Écosse», peut-on lire dans la Mise à jour des statistiques sur l'incidence et la survie du cancer en Nouvelle-Écosse de 2018, réalisée par Santé Nouvelle-Écosse et basés sur des données de 2011 à 2015.
Les taux d'incidence normalisés selon l'âge (TINA) du cancer étaient généralement plus élevés chez les hommes que chez les femmes, sauf pour le cancer de la thyroïde. «Pour l'ensemble des cancers, le taux TINA plus élevé observé [...] s'explique en grande partie par un taux plus élevé de cancer du poumon, du côlon, de la vessie, du rein et de la bouche.»
Les cancers les plus communs, soit de la prostate, qui comptaient près de 3 500 incidences, du sein chez les femmes, qui comptaient près de 4 000 incidences, des poumons et du colon, représentaient plus de la moitié des nouveaux cas.
Les incidences étaient en déclin pour la majorité des types de cancer, notamment grâce aux procédures de dépistage précoce et à la diminution du nombre de gens fumant du tabac. Sauf pour le cancer des poumons chez les femmes, dont les cas sont en hausse tranquillement depuis 1997.
Dans le cas du cancer des poumons, «ce n'est pas ce que vous fumez aujourd'hui, c'est l'histoire du tabagisme au fil des ans», mentionne le Dr Colwell. La hausse chez les hommes a été progressive jusqu’avant 1995, et ensuite, le nombre de cas a commencé à diminuer.
Si le tabagisme auprès des hommes est en déclin depuis les années 70, avec la libération des femmes au fil des décennies, de plus en plus de femmes ont pris l’habitude de fumer, à cause des perceptions de jadis entourant le tabagisme chez les femmes.
Le nombre de fumeuses de tabac a alors continué d'augmenter auprès des femmes tout au long des années 70 et 80, en partie à cause des stratégies de marketing de la fin des années 60 et du début des années 70 ciblant spécifiquement les femmes.
D’après les données de Santé Nouvelle-Écosse, il y a eu en province une montée d'incidences assez importante entre l’année 1985 et la fin du 20e siècle. La situation s’améliore, maintenant que le tabagisme a diminué, mais la descente n’a pas encore été atteinte, comme cela a été le cas chez les hommes.
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- Date de création 9 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 4 septembre, 2025