Prudence! Avec la rentrée, les scooters sont plus nombreux sur les routes

Des résidents de la rue Baisley, situé dans l’ancien district de services locaux de Saint-Jacques souhaitent se séparer d’Edmundston.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Avec la rentrée des classes vient une augmentation des conducteurs de cyclomoteurs aux heures les plus achalandées. Les autorités appellent le public à faire preuve de prudence sur les routes.

Âgée de 14 ans, Charlie-Anne Pelletier a obtenu son permis de cyclomoteur il y a quelques mois. Le fait de posséder un tel véhicule lui donne la liberté d’aller où elle veut sans nécessairement dépendre de son entourage.

«C’est pas mal ça qui m’a intéressé. Tu peux aller où tu veux, quand tu veux. Ça me permet de devenir plus indépendante.»

Elle admet toutefois qu’il existe un stress associé avec la conduite d’un si petit véhicule au milieu des voitures et camions qui prennent beaucoup plus de place.

«Dans une voiture, tu es comme enfermé dans une cabine, mais sur mon scooter, ça va quand même vite et tu es au travers des voitures qui vont aussi très vite. C’est ce qui a été le plus bizarre pour moi au début.»

«Plus le temps avance, plus c’est correct, mais il faut toujours que je sois alerte, car je suis pas mal moins protégée que dans une automobile.»

Charlie-Anne n’est pas la seule à profiter de cette liberté que lui procure son cyclomoteur. Au cours des dernières années, on assiste à une forte augmentation de ce type de véhicules à moteur sur les routes du Nouveau-Brunswick.

Selon Statistique Canada, ce phénomène remonte à quelques années alors qu’il y a eu 641 immatriculations de motocyclettes et de cyclomoteurs de plus en 2022, par rapport à 2021, au Nouveau-Brunswick. Il y en avait 23 859 dans la province, ce qui représentait un sommet parmi les provinces de l’Atlantique en 2022.

Faire preuve de patience

Les corps policiers d’Edmundston et de Grand-Sault disent avoir remarqué une augmentation importante du nombre de cyclomoteurs au cours des dernières années.

Le chef adjoint de la Force policière de Grand-Sault, Claude Déry, reconnaît que cela fait augmenter le volume de véhicules sur la route, surtout pendant la période estivale et lors de moments bien précis comme la rentrée scolaire.

«Il n’y a pas plus de cyclomoteurs le 2 septembre que le 2 août, mais leur présence est plus concentrée à certaines heures, soit au début et à la fin des classes.»

Selon lui, l’ajout d’une nouvelle masse de conducteurs relativement jeunes qui sont moins expérimentés et qui sont plus susceptibles de commettre des erreurs, combinée au manque de patience de certains conducteurs adultes envers les jeunes, peut engendrer des risques sur la route.

«On a tous déjà eu 14 ans alors on doit donner la chance aux jeunes. En retour, il faut que les jeunes soient aux aguets et fassent attention aux règlements. Un ne va pas sans l’autre.»

Apprendre dans un contexte sécuritaire

Tonia Roussel, policière communautaire à la Force policière d’Edmundston, rappelle aussi aux automobilistes de laisser la chance à ces jeunes conducteurs d’apprendre dans un contexte sécuritaire.

«Ils peuvent circuler dans toutes les rues et, pour la plupart, ne roulent pas plus que 60 km/h. Au niveau de la vitesse, c’est assez sécuritaire. Dans certains cas, s’il y a des automobilistes qui leur collent au derrière, c’est parce qu’ils vont eux-mêmes trop vite.»

Au Nouveau-Brunswick, un adolescent âgé de 14 ans peut obtenir un permis pour conduire un cyclomoteur. Dans les autres provinces et territoires canadiens, cet âge minimum varie habituellement de 14 à 16 ans.

«C’est sûr que c’est jeune, mais c’est légal», affirme la constable Tonia Roussel.

Bien qu’il n’existe pas de cours formel pour accompagner les conducteurs de cyclomoteur, à l’instar des cours pour apprendre à conduire une motocyclette ou une voiture, la policière indique qu’ils doivent tout de même réussir des évaluations écrites et pratiques auprès du registraire des véhicules à moteur.

Elle ajoute qu’en raison de la forte augmentation du nombre de cyclomoteurs, la Force policière d’Edmundston a décidé d’organiser des rencontres bisannuelles à la Cité des Jeunes A.-M.-Sormany afin de rafraîchir la mémoire de leurs jeunes propriétaires, ou ceux qui sont en voie de l’être.

«C’est une courte réunion pour nous assurer qu’ils sont toujours au courant des règles de sécurité qu’ils ont déjà vue dans leur formation. On revoit certains éléments du Code de la route pour assurer leur sécurité et celle des autres usagers de la route.»

«On veut les sensibiliser aux règles de base, car il est facile pour eux de tenir certaines choses pour acquises après un certain temps.»

Formation?

De son côté, le chef adjoint de la Force policière de Grand-Sault n’est pas contre l’idée d’ajouter du temps de formation pour les futurs conducteurs de cyclomoteur.

«Ce serait bien d’avoir une formation plus structurée sur une journée peut-être. Ce n’est pas obligé d’être aussi formel qu’un permis de moto qui dure trois jours, mais ce serait utile. Il y en a de plus en plus et ce serait bon pour la sécurité de nos jeunes», mentionne M. Déry qui ajoute que la police de Grand-Sault réalise aussi des présentations dans les écoles de sa région.

Bien qu’elle soit bien heureuse d’avoir réussi les examens nécessaires à l’obtention de son permis, Charlie-Anne Pelletier aurait bien aimé recevoir une petite formation supplémentaire pour la préparer à conduire dans un environnement plus près de la réalité.

«Je pense que pour les panneaux et tout ça, on est pas mal au courant, mais je trouve que sur la route, c’est une autre histoire. Ça peut être stressant, car on n’a jamais été sur le chemin avant avec le véhicule. Je crois que ce serait quelque chose dont on pourrait avoir besoin. Juste de pouvoir conduire avec quelqu’un d’expérience à qui tu peux poser des questions, ce serait plus rassurant.»

S’ils assimilent bien les règles de base et qu’ils reçoivent des rappels annuels, Tonia Roussel croit qu’il s’agit d’une expérience qui pourrait être utile à ces jeunes lorsqu’ils tenteront d’obtenir leur permis pour conduire un autre véhicule à moteur comme une automobile ou une motocyclette.

«Ils ont vu plusieurs choses sur la route, car ils se sont promenés. Ça peut devenir un avantage au niveau de leur expérience de conducteur, mais aussi au niveau des assurances.»

Risques

Il existe également des risques spécifiques à la conduite d’un cyclomoteur. Selon la constable Roussel, il s’agit d’un petit véhicule qui ne possède pas les éléments de protection dont jouissent les conducteurs d’automobiles.

«C’est officiel que lorsqu’il y a un accident de la route, ils sont plus à risque d’avoir des blessures plus sérieuses.»

Selon des statistiques utilisées par la Municipalité régionale de Grand-Sault concernant les communautés de Grand-Sault, Edmundston et d’une partie du Québec, 27% des accidents impliquant un conducteur de cyclomoteurs sont des sorties de route ou des collisions avec un objet fixe, 25% sont des collisions faisant suite à un virage à gauche ou latéral, alors que 10% sont des collisions frontales.

Tonia Roussel conseille d’ailleurs aux jeunes conducteurs de porter des vêtements plus voyants qui couvrent leurs bras et leurs jambes. Le casque est évidemment obligatoire.

«Si tu tombes en jeans et en manteau de cuir, tu es pas mal plus protégé qu’en culottes courtes et en sandales.»

De plus, les conducteurs de cyclomoteur doivent respecter d’autres consignes comme de ne pas consommer des drogues ou de l’alcool avant de conduire, de circuler sans passager, de respecter les limites de vitesse et de circuler uniquement sur les routes.

Du côté des autres usagers de la route, on leur demande de maintenir une distance sécuritaire et d’éviter de talonner ces véhicules, de vérifier les angles morts lorsqu’on effectue un virage ou que l’on change de voie, d’éviter les mouvements brusques ou soudains et de respecter les limites de vitesse.

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Photo : Comme bien des jeunes de son âge, Charlie-Anne Pelletier a obtenu son permis de cyclomoteur et sillonne parfois les rues d’Edmundston. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

 

 

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  • Date de création 3 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 3 septembre, 2025
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