Le public s’oppose aux orientations budgétaires d’Ottawa, sans succès

Le comité des finances d’Ottawa a adopté les directives budgétaires établies par les employés de la Ville et le maire, il y a deux semaines, malgré l’opposition de plusieurs résidents de la capitale nationale.

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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

Ces directives proposent notamment une hausse significative du budget de la police et une augmentation mineure de 2,9 % maximum des impôts fixes dans l’ensemble de la Ville et 3,75% pour l’ensemble des impôts fonciers.

Elles proposent aussi une hausse du financement au transporteur urbain OC Transpo, accompagnée par une augmentation des prix des billets de transport en commun de 2,5 à 7,5 %.

Seuls trois conseillers siégeant au comité, le conseiller de Rideau-Rockliffe Rawlson King, le conseiller du quartier Capital Shawn Menard, et le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper se sont opposés aux directives budgétaires.

Ce dernier a plaidé auprès de ses collègues pour qu’ils ne passent pas la résolution telle que présentée ce mardi.

«Nous continuons d’emprunter la même approche année après année pour atteindre une cible d’imposition absolument arbitraire, sans savoir si cela va nous permettre d’assurer les services de base pour nos résidents.»

Jeff Leiper, conseiller municipal du quartier Kitchissippi et candidat présumé au poste de maire en 2026
«Nous n’avons pas assez d’information sur ce qui est possible ou non, il faut que nous empruntions un chemin différent, une voie qui prendrait en compte de manière explicite comment nous allons répondre aux besoins des résidents et assurer les services sur lesquels ceux-ci comptent», a continué le conseiller.

Une direction budgétaire «politique»

«Cette orientation budgétaire répète les erreurs des budgets précédents qui ne répondent pas aux besoins de la Ville ni à son avenir», s’est enflammé le premier intervenant devant le comité des finances, James McAvoy.

«On ne peut plus repousser la situation à plus tard.»

Plus tôt durant la réunion, plusieurs intervenants de la société civile se sont présentés devant le comité pour faire entendre leurs inquiétudes et analyses sur la situation budgétaire de la Ville.

Tous étaient d’accord sur un point: l’orientation présentée pour 2026 ne répond pas aux besoins des résidents.

Alex Cullen, l’ancien conseiller municipal du quartier Baie d’Ottawa et ex-président de la Fédération des associations civiques (FAC), a pointé du doigt ce qui est pour lui une «omission flagrante» du document: l’entretien des actifs vieillissant de la Ville.

«Au cours des 10 prochaines années, Ottawa devra encourir un déficit de financement de 10,2 milliards de dollars afin d’entretenir ses équipements et ses installations. Pourtant, ce document ne le mentionne pas», a laissé entendre M. Cullen.

Celui-ci a mis en avant plusieurs statistiques: les arénas et patinoires de la Ville ont, en moyenne, 45 ans, les piscines, 40 ans, et les centres communautaires, 39 ans. Une grande partie est en mauvaise ou très mauvaise condition.

«Toutes ces lacunes ont déjà été identifiées, mais la Ville ne cesse de remettre le problème, tandis que les infrastructures continuent de se détériorer», souligne l’ancien conseiller municipal.

Pour Carolyn Mackenzie, membre du comité consultatif de planification de la Ville d’Ottawa et de la FAC d’Ottawa, la décision de ne pas aborder l’immense enjeu des infrastructures est éminemment politique.

«C’est facile de dire “nous allons garder les impôts le plus bas possible“, ça l’est moins d’expliquer comment cela va impacter les services sur lesquels tous les résidents comptent, et comment ces coûts vont être passés aux usagers.»

Carolyn Mackenzie, membre du comité consultatif de planification de la Ville d’Ottawa et de la FAC d’Ottawa

Après les interventions des membres du public, le conseiller municipal pour Stittsville Glen Gower a déclaré que «la Ville ne peut pas entretenir un déficit, et le montant de la dette que nous pouvons contracter est plafonné.»

Plusieurs autres conseillers ont souligné que la Ville doit continuer à faire du lobby auprès d’autres paliers de gouvernements afin que ceux-ci contribuent au financement de plusieurs services de la Ville comme le transport, ce qui devrait être une responsabilité partagée selon eux.

De nombreuses étapes sont encore nécessaires à réaliser avant l’adoption du budget finale en décembre.

Dans les semaines qui suivent et jusqu’à la fin de l’année, la Ville continuera de tenir des consultations budgétaires avec les résidents et groupes d’intérêts de la Ville. Le budget provisoire pour 2026 sera déposé le 12 novembre prochain.

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Photos:

LD_Conseil | Malgré la décision de mardi, les consultions budgétaires vont se poursuivre à travers la Ville jusqu'en décembre. Le budget provisoire sera déposé en novembre. (Patrick Woodbury / Le Droit)

LD_JLeiper | Le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper. | (Patrick Woodbury / Le Droit)

LD_Cullen | L'ex-conseiller municipal d'Ottawa, Alex Cullen, critique le plan budgétaire proposé par la Ville. (Archives Le Droit)

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  • Date de création 3 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 3 septembre, 2025
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