Au rythme du tambour, du Ghana au Yukon
Dans le village de Dzodze, danse, chant et percussions ne font qu’un. « Il n’y a pas de mot pour rythme, car rythme, mouvement et danse sont tous intègres », explique Dorothy Williams, enseignante de français et de musique. « À travers la danse, ils content des histoires. Les messages sont communiqués à travers les différents instruments, comme le tambour ou la cloche. »
« La danse est omniprésente et joue un rôle important », raconte-t-elle. « Chaque danse est une histoire ou une leçon racontée aux gens. À la fin des concerts, on était toujours invités à danser avec eux pour montrer qu’on a apprécié la musique. Pour le peuple Ewe [peuple établi principalement au sud-est du Ghana], tu dois danser avec eux. Ça finissait toujours par une grande danse avec tous les performeurs et les gens de notre groupe. »
La formation se donne sur un rythme soutenu, allant de 6 h 30 du matin à 23 h. « C’était très intense, mais ça comprenait aussi des sorties dans les villages autour et des activités avec l’école locale associée au programme. On a suivi des cours avec les profs de l’Université du Ghana sur la danse, le tambour, la percussion, la cloche, le hochet, la flûte de bambou, le xylophone africain appelé gyil. Chaque jour on avait un concert d’un groupe de musique traditionnelle ewe. »
Du Ghana au Yukon
L’objectif de cette formation était d’apprendre à intégrer la musique traditionnelle ewe dans l’enseignement en classe primaire au Canada.
Cette formation est offerte tous les deux ans. Elle est organisée par Kofi Gbolonyo, originaire du village de Dzodze et professeur d’ethnomusicologie à l’Université de la Colombie-Britannique. Ce dernier a étudié la musique de l’ouest et la musique traditionnelle africaine. « C’était très intéressant, car Kofi était capable de comparer les deux et il nous a aidés à appliquer la musique traditionnelle ewe à nos connaissances de la musique western », rapporte Dorothy Williams.

Dorothy Williams, enseignante de français et de musique à l’École élémentaire de Takhini, a participé cet été à une formation au Ghana pour parfaire ses connaissances en musique et intégrer son apprentissage en classe.
Mme Williams enseigne la pédagogie Orff. « C’est une pédagogie qui est axée sur le jeu, le mouvement, la danse », résume-t-elle. L’enseignante a déjà suivi plusieurs fois la formation Orff à San Francisco, au Conservatoire de musique de Toronto, et en ligne.
« Dans ma salle de classe, je vais amener les rythmes de percussion que j’ai appris et plusieurs danses traditionnelles. Ces rythmes africains sont différents des rythmes de la musique western, donc je vais essayer d’incorporer ces rythmes dans la classe. Les élèves vont vraiment aimer parce que ce sont des rythmes qui donnent tellement envie de danser! »
« Je veux les exposer à tout ce que j’ai appris à travers les photos et les histoires. J’aimerais leur montrer comment une histoire est racontée à travers la danse avec le tambour et montrer que la danse, les percussions et les tambours, c’est toute une histoire. »
Séjour émouvant et enrichissant
L’enseignante se souvient avec émotion de l’accueil chaleureux qu’elle a reçu et des nombreuses rencontres qui ont marqué son séjour.
La joie naturelle des habitant·e·s l’a particulièrement marquée. « Chaque matin, on commençait avec 45 minutes de danse, et ça s’appelait Wake up to life (Se réveiller à la vie) parce que dans la langue ewe, au lieu de dire bon matin, tu dis, est-ce que tu t’es réveillé à la vie? Je trouve ça tellement beau de parler comme ça. »
« C’était tellement inspirant, tellement de joie, des sourires qui n’étaient pas juste sur un visage, mais un sourire qui était dans tout leur corps. Je n’ai jamais rencontré de gens aussi joyeux. »
IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale
- Nombre de fichiers 3
- Date de création 28 août, 2025
- Dernière mise à jour 27 août, 2025