Se méfier du panais sauvage

La Voix acadienne - Le panais sauvage se répand de plus en plus à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette plante envahissante, originaire d’Europe, abonde notamment le long du sentier de la Confédération. Le Conseil des espèces envahissantes de la province tente de l’éliminer, car elle est dangereuse pour la santé humaine et nuit aux végétaux indigènes. 

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Le panais sauvage prolifère sur les bords de chemins de l’Île-du-Prince-Édouard. Cette plante envahissante peut atteindre deux mètres de haut et dispose de fleurs jaunes à cinqpétales, petites, réunies en parasol de 10 à 20 centimètres de diamètre.

«Elle est présente dans tous les comtés. Cette année, elle a été signalée dans une vingtaine d’endroits à travers l’île, la plupart le long du sentier de la Confédération», confirme le coordinateur du Conseil des espèces envahissantes de l’Île-du-Prince-Édouard, Chase Guindon. 

Selon lui, la plante de la même famille que la carotte, le céleri et le persil a été repérée pour la première fois dans la province en juillet 2020. 

Au Canada, le panais sauvage a été introduit par les premiers colons européens arrivés au XVIIe siècle.

«Ils ont ramené du panais avec eux et des graines se sont échappées des cultures», relève le professeur à la Faculté d’horticulture de l’Université McGill à Montréal, David Wees.

«C’est un problème de mauvaise herbe depuis le XIXe siècle, qui s’est accentué au cours des 50 dernières années», ajoute le scientifique. 

Propagation de long des sentiers

Le panais sauvage pousse dans des zones ouvertes lumineuses sur des terres agricoles, en bordure de champ, dans des fossés ou des pâturages. Une plante peut produire 1 000 à 2 000 semences chaque année. 

«Comme elle se reproduit vigoureusement, elle peut rapidement envahir une zone et supplanter les espèces végétales indigènes. Ses impacts sur l’écologie sont une préoccupation majeure», explique Chase Guindon.

L’espèce envahissante se propage très rapidement le long des sentiers, «où il y a beaucoup d’activités liées aux déplacements», détaille-t-il. 

«Il est très facile que les graines se coincent dans une chaussure, dans la boue d’un vélo, ou quelque chose de ce genre, puis soient déposées ailleurs.»

Le Conseil des espèces envahissantes de l’Île-du-Prince-Édouard tente donc de limiter la progression de l’espèce envahissante, en procédant à l’arrachage systématique «dans les zones où elles constituent une menace pour l’écologie d’une zone naturelle précieuse ou pour la santé humaine», selon les mots de Chase Guindon.

Impact sur la croissance des animaux d’élevage 

Car au contact de la peau la sève de la plante provoque des brûlures et des cloques d’eau lorsque l’épiderme est exposé au soleil. 

«La peau devient très sensible. On peut prendre un coup de soleil assez grave qui peut durer des semaines, c’est assez douloureux, avertit David Wees. Lorsqu’on arrache les racines, il faut absolument porter des gants et des manches longues pour se protéger.»

Le panais sauvage cause également des problèmes au système digestif des animaux d’élevage, comme les bovins et les moutons, qui les mangent. «La toxicité est faible, mais ça diminue leur croissance», précise David Wees. 

Dans la province, le Conseil des espèces envahissantes appelle les insulaires à lui signaler la présence de panais sauvage. Il s’agit de prendre en photo la plante, d’indiquerl’endroit où elle a été trouvée et d’envoyer ces informations par courriel ou via les réseaux sociaux. 

«Nous ne pouvons pas être partout, les signalements du public sont extrêmement importants pour comprendre où se trouvent ces espèces envahissantes», insiste Chase Guindon. 

 

 

PHOTOS :  

1- Le panais sauvage est une plante toxique, qui peut brûler la peau. Le Conseil des espèces envahissantes de l’Î.-P.-É. invite les insulaires à signaler sa présence. (Photo : Gracieuseté)

2- «Nous essayons de prioriser les zones où nous éliminons le panais sauvage, car nous n’avons que deux employés», explique Chase Guindon du Conseil des espèces envahissantes de l’Î.-P.-É. (Photo : Gracieuseté)

3- «Au début d’une invasion, on peut procéder à l’arrachage pour réduire la population, quand il y en a trop, il faut apprendre à vivre avec», observe David Wees de l’Université McGill.  (Photo : Gracieuseté)

 

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  • Date de création 27 août, 2025
  • Dernière mise à jour 27 août, 2025
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