Rentrée marquée par la croissance dans le réseau franco-ontarien
Après un été où la chaleur a battu des records, ce sont près de 60 000 élèves qui ont repris le chemin des classes des écoles francophones d’Ottawa et de l’Est ontarien mardi.
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Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
La cloche de la fin des vacances a sonné pour les 30 000 écoliers du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), tout comme pour 19 000 du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) et les 11 000 fréquentant les établissements du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO).
Une rentrée qui venait avec un sentiment d’excitation rehaussé dans le secteur Barrhaven, dans le sud-ouest d’Ottawa, alors que le CEPEO ouvrait les portes de l’école élémentaire publique Des Visionnaires, sur l’avenue Robin Easey. L’école qui compte 475 places-élèves – ainsi que 49 une garderie – permettra de désengorger passablement deux écoles (Michaëlle-Jean et Michel-Dupuis) qui ont surpassé leur capacité d’accueil.
«Cette école est le fruit d’un travail collectif et d’une vision partagée: celle d’un espace où chaque enfant pourra s’épanouir pleinement, apprendre en toute confiance et développer son potentiel. L’école élémentaire publique Des Visionnaires devient un pilier de notre communauté francophone, et nous sommes ravis d’accueillir les familles dans ce nouveau milieu d’apprentissage», a indiqué Samia Ouled Ali, présidente du CEPEO.
Rappelons que d’ici 2028-2029, vu la croissance, le CEPEO pourrait passer de 45 à 51 établissements sur son territoire, en incluant le projet d’école secondaire sur les plaines Le Breton, au centre-ville d’Ottawa.
Une autre école élémentaire du CEPEO doit ouvrir ses portes l’an prochain dans Kanata-Stittsville, même si le chantier de la promenade Cope avait dû être stoppé temporairement «dû à certains enjeux».
L’hiver dernier, le directeur de l’éducation Christian-Carle Bouchard affirmait que le CEPEO indiquait que l’organisation était parmi celles où l’on observe la plus forte hausse de clientèle en Ontario, mentionnant qu’on surpasse la hausse de 114 % observée depuis dix ans dans le réseau public francophone.
«Un énorme bond»
Au CECCE, où certains élèves ont entamé leur année scolaire il y a deux semaines puisqu’ils suivent la formule d’un calendrier équilibré, la rentrée a lieu sous le thème «La diversité nous enrichit, l’inclusion nous unit».
Là aussi, la croissance à rythme grand V de la demande – autour de 2000 élèves se sont ajoutés – fait en sorte que la pression est forte et que le parc immobilier devra continuer de croître.
«C’est un énorme bond, c’est l’année de croissance la plus forte si on remonte jusqu’à 2015. On voit ça comme un gage de confiance de la communauté, lance Marc Bertrand, directeur de l’éducation. La grande majorité des francophones qui arrivent à Ottawa nous choisissent. C’est un bon signe.»
- Bertrand avoue d’ailleurs que cette croissance, bien qu’une bonne nouvelle, vient avec son lot de défis.
«C’est comme si on vient rajouter trois écoles, c’est que ça représente en termes de nombre. On a des installations temporaires, des classes mobiles, alors on va devoir continuer de mettre de l’avant nos besoins pour aller chercher du financement [gouvernemental].»
— Marc Bertrand, directeur de l'éducation, CECCE
En attendant, parmi les projets d’immobilisation en cours, on compte notamment la construction de l’école élémentaire catholique Avalon III, dans Orléans, qui devrait s’achever l’été prochain au plus tard en vue d’une ouverture à la rentrée 2026. Les travaux d’une future école secondaire catholique à Riverside Sud doivent aussi s’entamer dès le mois prochain.
À cela s’ajoute aussi, comme à chaque rentrée, le recrutement de personnel qualifié.
«On s’en tire quand même bien, quand on relativise. Il y a deux semaines, environ 40 postes étaient à combler. On en a comblé depuis une partie, mais il n’en demeure pas moins que c’était 40 postes après un été d’embauche. [...] On va devoir continuer nos efforts de recrutement», affirme-t-il.
Controverse
Mais cette rentrée scolaire ne se passe pas sans controverse.
Elle survient alors que les libéraux ottaviens John Fraser et Lucille Collard ont entamé mardi une tournée à travers la province pour dénoncer le plan du gouvernement Ford en éducation.
«Après sept ans de désintérêt pour les écoles de nos enfants, Doug Ford dit vouloir “centraliser” l’éducation en supprimant les conseils scolaires locaux et en confiant les décisions concernant l’éducation de nos enfants à quelqu’un installé dans un bureau du centre-ville de Toronto. Ça ne marchera pas», a déploré John Fraser.
La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEÉO), la Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) ainsi que des conseils scolaires anglophones se sont publiquement opposés au projet de loi 33, qui donnerait au ministre de l’Éducation le pouvoir de superviser plus facilement les conseils scolaires, les sociétés d’aide à l’enfance et les institutions postsecondaires publiques.
Le domaine de l’éducation francophone et certains membres de l’opposition à Queen’s Park ont prévenu contre un possible «jeudi noir 2.0».
Un groupe opposé au projet de loi 33 prévoit se rassembler devant l’Assemblée législative de l’Ontario, mercredi, pour manifester contre «la prise de pouvoir» du gouvernement Ford et l’imposition des programmes de police dans les écoles.
Les élèves du réseau anglophone ne retournent quant à eux en classe que mardi prochain à Ottawa.
Du côté québécois de la rivière des Outaouais, la rentrée scolaire aura lieu entre mercredi et le 2 septembre, selon les endroits.
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- Date de création 26 août, 2025
- Dernière mise à jour 26 août, 2025