L'Ironman capture Ottawa ce dimanche
«You are an Ironman!» (Vous êtes une personne de fer!) Voici les mots qu’espèrent entendre les quelque 2 500 participants, venus d’ici et d’ailleurs, au terme de la très éprouvante épreuve de l’Ironman, qui se déroulera pour la première fois dans la région de la capitale ce dimanche. On vous dit tout.
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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Dix-sept heures, ça peut sembler beaucoup. Mais s’ils souhaitent terminer les épreuves du triathlon et recevoir leur médaille et le titre convoité d’Ironman, les courageux sportifs rassemblés cette fin de semaine à Ottawa devront franchir la ligne d’arrivée avant cette période allouée.
«J’ai hâte d’y être, je me sens prête», lance avec un grand sourire Amélie Lemire-Tremblay, une jeune venue de Repentigny avec son partenaire, Mathieu Pellerin, afin de relever ce défi pour la toute première fois.
L’épreuve qui se dessine devant eux n’est pourtant pas aisée.
Dimanche, les 2512 hommes et femmes enregistrés pour cette édition ottavienne de l’une des plus difficiles courses au monde enchaîneront sans répit trois épreuves coriaces de nage, de vélo et de course à pied sur plus de 226 kilomètres.
Un véritable défi que seul 0,01 % de la population mondiale serait en mesure de relever, selon les organisateurs.
Cela fait un an que les jeunes se préparent à l’événement, comme pour de nombreux autres participants.
«Beaucoup de gens sous-estiment le dévouement et les sacrifices que ça demande de s’entraîner pour un Ironman», souligne Mathieu Sauvé, ancien athlète et coach qui a préparé 16 personnes à affronter l’épreuve de dimanche.
«C’est des soupers, des soirées, des fins de semaine passées à ça plutôt qu’avec les amis. Ça demande une discipline de vie incroyable», ajoute-t-il.
Vendredi pourtant, l’énergie est détendue lors de la cérémonie d’ouverture au parc de la Confédération. Plusieurs centaines d’athlètes se sont rassemblés au «Village Ironman» pour s’inscrire, se rencontrer et vivre ensemble ce début d’une fin de semaine pas comme les autres.
«J’ai un objectif pour dimanche: arriver en bas des 15 heures! Mais, quoi qu’il arrive, je vais être fière de moi», ajoute Amélie.
Un parcours en plein cœur de la capitale
Carte interactive du parcours de vélo (en bleu) et de la course à pied (en rouge)
Le coup de départ sera lancé à l’aube, à 6 h, avec l’épreuve de la nage. Dans la rivière des Outaouais, en marge du parc Britannia, les athlètes devront parcourir 3,8 km en boucle, en moins de deux heures et vingt minutes.
«La nervosité, la fébrilité, la confiance, l’espoir, on ressent tout ça le matin au départ. C’est un moment un peu transcendant», raconte Jacques Galarneau, l’animateur francophone de la course, qui a déjà plusieurs fois commenté l’Ironman de Mont-Tremblant.
La course de vélo
Une fois sortis de l’eau, les participants enfourcheront leurs vélos sur la plage de Britannia avant de se lancer dans une course de 180 km, le long de la rivière, à la lisière des plus belles vues de la région.
La boucle du parcours cycliste commencera en bonne et due forme à 8 km du départ, après l’intersection de Kichi Zībī Mīkan, et de la promenade Island Park.
Les athlètes continueront de suivre la route jusqu’aux plaines Lebreton, puis passeront par la rue Wellington et le Parlement avant de tourner sur la promenade du Colonel-By. Ils suivront le canal Rideau jusqu’aux chutes du parc Hog’s Back, où ils feront demi-tour et reviendront sur leurs traces pour ensuite rejoindre via la rue Sussex et la promenade Sir-George-Étienne-Cartier, pour une section de 13,2km.
Arrivés à l’intersection avec le boulevard Saint-Joseph, un peu avant Orléans, les cyclistes feront un nouveau demi-tour et reprendront leur chemin dans l’autre sens.
Une fois arrivés au niveau du Musée des beaux-arts, les athlètes basculeront à ce moment sur le pont Alexandra, pour une petite visite à Gatineau.
«C’était important pour moi que Gatineau soit incluse dans l’événement avec Ottawa. J’étais très heureuse que nous soyons en mesure d’ajouter ce kilomètre québécois.»
— Pauline Alix, directrice de course de l'Ironman de Mont-Tremblant et de cette première édition à Ottawa
De retour à Ottawa par le pont du Portage, les cyclistes rejoindront ensuite le point de départ de la boucle sur Kichi Zībī Mīkan... puis ils répéteront tout ce parcours deux fois, avant de finir la course au parc Major Hill’s.
La course à pied
Là, les hommes et femmes de fer abandonneront leur vélo de compétition pour entamer l’ultime épreuve: la course à pied.
Pendant 42,2 km, les coureurs effectueront deux boucles, le long de la promenade Queen Elizabeth, à travers la Ferme expérimentale centrale et autour de la colline du Parlement.
«Cette partie du trajet sera idéale pour les spectateurs et les proches des athlètes. Il y aura de grandes étendues; ce sera plus facile de repérer le ou la coureuse qu’on est venu soutenir», commente la directrice de course, Pauline Alix.
À l’issue de cette dernière épreuve éreintante, les athlètes toujours en lice pourront franchir la ligne d’arrivée sur la rue Murray, entre le Musée des beaux-arts et le parc Major’s Hill.
«L’arrivée est à ne pas manquer, conseille Jacques Galarneau. Au-delà des meilleurs athlètes, c’est toujours incroyable de voir arriver dans les dernières heures de la journée des gens qui sont dans le dépassement total de soi. C’est très émouvant.»
Un élan pour le tourisme d’Ottawa-Gatineau
Si beaucoup des athlètes enregistrés pour le triathlon de ce dimanche proviennent de la région, une grande majorité est venue d’un peu partout au Canada.
En tout, plus de 1 900 athlètes canadiens relèveront le défi de l’Ironman lors de cette édition, dont 1055 de l’Ontario et 594 du Québec.
Et les quelques athlètes de Whitehorse au Yukon ne sont pas ceux qui viennent de plus loin. Des sportifs en provenance des États-Unis, de France ou même du Japon se sont envolés vers la capitale canadienne pour l’occasion.
Tourisme Ottawa estime que plus de 10 000 personnes devraient participer, d’une façon ou d’une autre, à l’événement de cette fin de semaine, que ce soit les athlètes, des membres de leurs familles venus les encourager, les spectateurs ou les plus de 1 000 bénévoles mobilisés.
«L’engouement pour cette édition a été et continue d’être très beau à voir. On sent que la ville en tant que telle et les athlètes sont très emballés par la destination», rapporte Pauline Alix, directrice de course pour Ironman Canada depuis 2012.
Il est déjà prévu que l’Ironman revienne dans la capitale l’an prochain et en 2027. Pas sûre néanmoins que le parcours reste le même, mais l’esprit de détermination lui sera toujours au rendez-vous.
Les compétiteurs ont quitté la cérémonie vendredi soir le cœur léger, emportant avec eux les mots de sagesse transmis par Wendy Jocko, ainée et cheffe des Algonquins de la Première Nation dans son discours d’accueil.
«Lorsque vous pensez que vous ne pouvez pas faire un pas de plus, regardez l’horizon. Le créateur n’a pas créé cette distance pour vous narguer, mais pour vous inviter à aller de l’avant».
ENCADRÉ:
Ironman Canada-Ottawa, en chiffres
50-54: La tranche d'âge la plus représentée parmi les participants de l'Ironman d'Ottawa, autant pour les hommes que pour les femmes. 16% des inscrits!
612 participants proviennent de l'étranger. Après le Canada, les États-Unis ont le plus grand nombre d'athlètes, suivis par la France.
49: Le numéro de dossard du plus jeune participant à la course Nicholas Tassy-Becz. Cet étudiant de Californie va tenter de compléter son premier Ironman le jour de son 18e anniversaire. La cadette chez les femmes a 19 ans et vient d'Ottawa: Jaime Harrington (dossard 1055).
83 ans. C'est l'âge du plus vieil athlète sur la ligne de départ, Dick Ensslen, d'Edmonton. Il se mesurera dans sa catégorie des 80-84ans à Graeme Barber (dossard 1355) d'Ottawa.
30°C. Voilà le maximum de température que prévoit Environnement Canada pour Ottawa le jour de la course, avec un indice Humidex de 33. Des vents de 20 à 40km/h venant de l'ouest accompagneront les participants en matinée.
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PHOTOS:
LD_MatSauvé | Mathieu Sauvé (à droite), entraîneur d'athlètes professionnels et amateurs, avec Amélie Lemire-Tremblay et Mathieu Pellerin, un jeune couple qui se lance dans l'épreuve pour la première fois. (Clémence Labasse/Le Droit)
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 2 août, 2025
- Dernière mise à jour 11 août, 2025