La renaissance du consulat général de France
N’eût été la mobilisation sans précédent de la classe politique et de la société civile, emmenée par la défunte Antonine Maillet, le consulat général de France à Moncton aurait fermé ses portes à l’horizon 2022. Trois ans après la date fatidique que les autorités françaises avaient fixée en 2019, le poste consulaire a retrouvé des couleurs. Certains services, transférés à Montréal en 2016, pourraient même y faire leur retour dans les prochains mois.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Le consul général de France dans les Provinces atlantiques, Bertrand Cahuet, aurait pu ne jamais célébrer le 14-Juillet à Moncton.
Quelques semaines après que son prédécesseur, Johan Schitterer, eut succédé à Laurence Monmayrant lors du lancement du Congrès mondial acadien 2019 dans la région, il fut révélé que sa lettre de mandat mentionnait l’abolition du poste consulaire, que celui-ci devait fermer à l’issue de sa mission de trois ans.
La lieutenante-gouverneure acadienne du Nouveau-Brunswick, Louise Imbeault, n’a pas manqué de rappeler cet épisode qui a fait les manchettes il y a bientôt six ans.
«Ça a été un dossier important mené par la Société nationale de l'Acadie (SNA). Je pense que le message a été entendu et j'espère qu'il est entendu pour longtemps», a déclaré la représentante de la Couronne.
L’emblématique Antonine Maillet avait alors écrit une lettre ouverte au président Macron, publiée dans la presse française. Emmenée par cette figure tutélaire, l’opposition à la fermeture du consulat était parvenue à faire renverser la décision initiale.
«Nous savons en Acadie que les liens les plus solides sont ceux qui se cultivent avec constance et engagement, dans la réciprocité et la confiance. Ici même à Moncton, la présence du Consulat général de France prend tout son sens. Elle donne souffle et direction à notre relation et la rend concrète, humaine, enracinée dans nos communautés», a ajouté le président de la SNA, Martin Théberge.
De fait, le consulat général de France dans les Provinces atlantiques poursuit sa mission, initiée dans les années 1960 à l’époque du général De Gaulle et de Louis-J. Robichaud. Une mission qui, avec le temps, a évolué.
Seule représentation diplomatique et consulaire en activité au Nouveau-Brunswick — et unique représentation européenne dans les Provinces atlantiques — le consulat de France à Moncton, dont les effectifs avaient fondu graduellement au cours des années 2010, a retrouvé force et vigueur.
Bertrand Cahuet a présenté son équipe et rendu un hommage appuyé à ses membres.
«Valérie Dugué et Bruce Marchetti sont les piliers du fonctionnement de notre quotidien. Ils ont tenu ce consulat seuls pendant plusieurs mois l’année dernière. Ils sont discrets, mais tellement essentiels.»
Économie et sciences s’ajoutent au culturel
Le consul général a salué le travail de Denis Quénelle, premier attaché de coopération et d’action culturelle à Moncton à être un diplomate de carrière, ainsi que celui de Sébastien Rodts, expert technique en coopération décentralisée pour la francophonie économique.
«Ses résultats en coopération sont spectaculaires. Je citerai juste comme exemples la convention qui a été signée il y a quinze jours entre la Société des Jeux de l'Acadie et la Confédération internationale des unions sportives francophones, et les jumelages en cours, notamment de la Commission de services régionaux du Sud-Est avec le Grand Châtellerault.»
Longtemps perçu par la communauté acadienne comme un acteur majeur de la coopération culturelle, le consulat a élargi son champ d’action aux secteurs économique et scientifique.
«Notre ambition est d'ancrer l'action dans le long terme en soutenant des projets concrets, porteurs de sens dont les bénéfices renforcent durablement les liens entre la France, l'Acadie et les communautés francophones. Aussi, en octobre, nous lancerons la fête de la science renforcer le dialogue entre recherche et société», a annoncé M. Cahuet.
Il a également révélé qu’un nouvel événement économique francophone serait lancé, afin de mieux positionner le Nouveau-Brunswick sur la carte des décideurs économiques français et francophones. La création d’un nouveau festival de cinéma en plein air a aussi été évoquée.
«Le Consulat général de France dans les Provinces Atlantiques envisage fortement de lancer un festival de films en plein air en septembre prochain, en partenariat avec le Festival international du cinéma francophone en Acadie, la Ville de Moncton et Downtown Moncton Centre-ville. Cette première édition du festival devrait inclure quatre films reflétant la diversité du cinéma francophone», a détaillé Denis Quénelle.
Retour attendu des passeports et mise en place d’un nouveau service
Mais la mesure la plus symbolique concerne directement la communauté française expatriée — qui a augmenté de 18 % en un an, dépassant les 1300 inscriptions au registre consulaire. Il s’agit du retour annoncé de la réception des demandes de cartes d’identité françaises et de passeports, dont la compétence avait été transférée à Montréal en 2016.
En amont de cette décision, qui reste à confirmer par le ministère français des Affaires étrangères, une nouvelle offre de service sera lancée : la certification d'identité numérique.
«C’est un nouveau service qui va être proposé, a expliqué Bertrand Cahuet au Moniteur acadien. Il permettra aux Français de faciliter leurs démarches de vote électronique, lorsque celui-ci est possible, et de faire plus aisément des procurations sans avoir besoin de se déplacer au consulat.»
Comme cette certification devra être renouvelée tous les cinq ans, et que les tournées effectuées par les agents du consulat général de France à Montréal sont trop peu fréquentes, le ministère a lui-même proposé de rétablir les services de passeport et de carte d’identité à Moncton.
«La population a augmenté et les tournées consulaires ne suffisent plus pour répondre à la demande du public», a justifié Valérie Dugué, qui devrait suivre une courte formation pour pouvoir traiter les demandes dès que Moncton recevra le feu vert de l’administration centrale.
Cette opération présente plusieurs avantages. Elle permettra de libérer des ressources à Montréal, tout en incitant les Français expatriés à se réenregistrer auprès du consulat de Moncton. Mme Dugué pourrait aussi être appelée à effectuer elle-même des tournées consulaires dans les autres provinces de sa juridiction, évitant ainsi à bien des citoyens de longs déplacements pour accomplir leurs démarches administratives.
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Titre : Bertrand
Légende : Le consul général de France, Bertrand Cahuet, a annoncé plusieurs bonnes nouvelles, tant pour la communauté acadienne que pour les Français expatriés.
Crédit : Damien Dauphin – Le Moniteur Acadien
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- Date de création 30 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 30 juillet, 2025