La femme de Rick Chiarelli dénonce la «cancel culture»
La femme de l’ex-conseiller municipal estime que son mari est victime de la «cancel culture» et dit souffrir d’anxiété et de migraines.
_______________________
Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
Lida Chiarelli juge qu’avec le projet de loi 9, qui vise à encadrer les inconduites des élus municipaux, le gouvernement Ford est à la merci de la pression exercée par «le lobby de la cancel culture».
Celle-ci s’est rendue à Whitby, cette semaine, où se tenaient les audiences du comité parlementaire qui étudie le projet de loi.
Elle a raconté que sa famille vit «un cauchemar» depuis que son époux, Rick Chiarelli, a été visé par des allégations d’inconduites sexuelles alors qu’il était conseiller municipal à Ottawa.
Le comité était à Ottawa, le 17 juillet dernier, et a entendu les témoignages d’anciennes employées de l’ex-élu, entre autres.
Trois rapports d’enquête de la commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa ont fait état, entre 2020 et 2022, de comportements inappropriés de sa part envers des employées de son bureau.
Le cas de Rick Chiarelli a souvent été utilisé en exemple pour justifier la nécessité du projet de loi 9, au grand dam de sa femme.
«L’objectif principal semble être de s’assurer qu’un conseiller puisse être puni aussi sévèrement que possible», a-t-elle déploré.
Lida Chiarelli pense que la «procédure formelle prétendument confidentielle» proposée par la province crédibiliserait «les assassinats politiques».
Elle affirme que ce projet de loi, qui donnerait aux municipalités de nouveaux pouvoirs pour destituer des élus pour avoir commis des inconduites graves, «favorise l’accusateur mais muselle la personne qui devrait avoir le droit de se défendre».
«Nous savons tous, sans l’ombre d’un doute, que mon mari n’a rien fait de mal, mais il n’avait absolument aucun moyen de se défendre», a déclaré Lida Chiarelli.
Au contraire
«En réalité, nous savons le contraire», a répondu Stephanie Dobbs, qui a dénoncé Rick Chiarelli pour harcèlement sexuel, en 2019.
«Nous le savons, grâce à un recours judiciaire demandé par son mari, qui a confirmé les conclusions selon lesquelles nos allégations étaient largement étayées par des preuves suffisantes», note l’ex-employée de M. Chiarelli.
Stephanie Dobbs fait référence à une décision de la Cour divisionnaire de l’Ontario, en 2021.
Le panel, composé de trois magistrats, y compris le juge en chef de la Cour supérieure de l’Ontario, avait donné raison sur toute la ligne au Commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa, indiquant que M. Chiarelli «s’est livré à un harcèlement sexiste systématique qui a dévalorisé les plaignantes qui cherchaient un emploi dans son bureau».
N’empêche, le conseil municipal n’avait pas été en mesure de forcer leur collègue à quitter ses fonctions, puisqu’il n’existe pas de tel mécanisme en Ontario.
Culture du bannissement
Lors des audiences, Lida Chiarelli a déclaré que «le cirque médiatique qui a alimenté l’objectif de la cancel culture visant à détruire un homme politique qui a consacré plus de 30 ans de sa vie au service du public ne devrait plus jamais se reproduire».
Stephanie Dobbs croit que «les gens qui se plaignent de la culture du bannissement n’aiment pas qu’il y ait parfois des conséquences à nos actions et nos paroles».
Elle se demande aussi pourquoi ce n’est pas Rick Chiarelli qui s’est rendu aux audiences pour se défendre.
«Pourquoi utilise-t-il encore une fois les femmes de sa vie à ses propres fins? Pourquoi parle-t-elle en son nom, affirmant qu’il n’a jamais pu s’exprimer? C’est un autre cas où il aurait pu se défendre.»
Processus de trois étapes
Le projet de loi 9, dans sa forme actuelle, prévoit un processus de trois étapes pour l’évincement d’un conseiller municipal.
Il faut d’abord que les commissaires à l’intégrité municipal et provincial mènent une enquête et recommandent tous les deux une destitution. Le conseil municipal doit ensuite voter unanimement en faveur de la recommandation des deux commissaires.
Plusieurs victimes et experts déplorent que le processus de destitution ait été mis entre les mains des politiciens.
La porte-parole du groupe The Women of Ontario Say No, Emily McIntosh, a aussi demandé que le conseil municipal n’ait aucun rôle à jouer dans le processus, jeudi.
«Les conseillers ne sont pas qualifiés en tant que jurés dans une telle situation», a-t-elle noté.
L’organisme plaide depuis longtemps en faveur d’une loi provinciale pour encadrer les inconduites au sein des gouvernements municipaux.
-30-
Photos:
- Linda Chiarelli a raconté que sa famille vit «un cauchemar» depuis que son époux, Rick Chiarelli, a été visé par des allégations d’inconduites sexuelles alors qu’il était conseiller municipal à Ottawa. (Archives Le Droit )
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 28 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 5 novembre, 2025