Trois médaillées en athlétisme aux Jeux provinciaux

Les bénévoles sont essentiels au succès des athlètes

Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest

Trois athlètes locales des Olympiques spéciaux sont revenues des Jeux provinciaux d'été avec plusieurs médailles remportées dans diverses épreuves d'athlétisme. Les Jeux se sont déroulés à Brantford, en Ontario, du 10 au 13 juillet. Ciara Joseph, une athlète de 15 ans originaire de Garden Village, a remporté l'or au 3 000 mètres, au saut en longueur sans élan et au mini-javelot. Jolie Gearing, 23 ans, originaire de Verner, a remporté l'or au 200 mètres. Enfin, Katie Lajeunesse de Sturgeon Falls, qui à l’âge de 37 ans participe à des compétitions depuis environ 15 ans, a remporté la médaille de bronze au 400 mètres, au 800 mètres et au lancer du poids, ainsi que la médaille d'argent au 200 mètres.

Toutes trois prennent maintenant un peu de repos après la compétition, mais selon leur entraîneur Penny Aubertin, elles reprendront bientôt leur entraînement intensif en attendant de savoir si elles seront sélectionnées pour participer aux championnats nationaux en juillet 2026.

Aux Jeux olympiques spéciaux, les concurrents sont répartis en fonction de leur âge, leur genre et leur niveau, explique Mme Aubertin. «Les Jeux olympiques spéciaux sont conçus pour que les gens réussissent. Ils ne gagnent pas tous, mais les catégories sont créées de manière à ce que la plupart d'entre eux obtiennent une place au classement,» explique-t-elle. Il n'est toutefois pas facile d'atteindre la compétition provinciale. Les athlètes participent d'abord à des compétitions régionales, où ils affrontent les concurrents de leur région, et seuls les meilleurs se qualifient.

Si l'objectif du trio local est de se qualifier pour les championnats nationaux, Mme Aubertin souligne les efforts qu'il a fallu fournir pour en arriver là, affirmant que Katie, Ciara et Jolie peuvent être déjà très fières de leurs accomplissements. «Je leur dis que peu importe si elles terminent premières ou dernières, (...) elles ont réussi à se qualifier pour les championnats provinciaux, ce que beaucoup d’autres n’ont pas pu faire,» déclare l’entraîneur.

Pour Katie Lajeunesse, qui s'est déjà rendue deux fois aux championnats nationaux, remportant près de 30 médailles au cours de sa carrière, la compétition est aussi un défi personnel. Lorsqu'on lui demande sur quoi elle va se concentrer au cours de la prochaine année d'entraînement, elle répond que son objectif principal est de battre ses propres records. Katie est également déterminée à ne pas ralentir, non seulement en athlétisme, mais dans l'ensemble des nombreux sports qu’elle pratique. Elle ajoute maintenant la boccia à son répertoire, qui comprend déjà la raquette, les quilles et l'athlétisme, et elle veut se mettre à la natation prochainement.

Selon Mme Aubertin, les points obtenus à la récente compétition provinciale seront comptabilisés et les sélections pour le championnat national devraient annoncées dans quelques mois. En attendant, ses athlètes s'entraînent pour la boccia, une discipline moins intense qui leur permet de ralentir un peu après les épreuves d'athlétisme. «Une fois que nous connaîtrons les résultats, je commencerai sans aucun doute un entraînement plus intense pour celles qui seront sélectionnées », assure-t-elle.

Interrogée sur le régime d'entraînement, Mme Aubertin explique que les athlètes passent deux jours par semaine avec un entraîneur, mais qu'elles s'exercent presque tous les jours. «Jolie, elle y va tous les jours, elle court, fait des sprints ou des lancers,» décrit-elle. Mme Aubertin mentionne aussi que les athlètes des Jeux olympiques spéciaux de Nipissing Ouest ont la chance de pouvoir s'entraîner toute l'année. En été, ils utilisent la piste de Northern Secondary School, mais lorsque le temps se rafraîchit, ils peuvent utiliser la piste intérieure au collège Canadore à North Bay. En hiver, l'entraînement se poursuit en raquettes à neige! La compétition nationale est dans un an seulement, mais Mme Aubertin veille à ce que ses athlètes restent prêtes.

Le travail d'entraîneur de Mme Aubertin est d'autant plus impressionnant qu'il est entièrement bénévole. Comme pour presque tout ce qui touche aux Jeux olympiques spéciaux, il y a un besoin constant de personnes prêtes à donner de leur temps pour le bien des athlètes. Gert Lajeunesse, la mère de Katie, est impliquée depuis environ 15 ans et elle est particulièrement consciente du travail des entraîneurs et des bénévoles qui font fonctionner l'organisme. «Je crois en ces jeunes, je crois qu'ils méritent une place dans leur communauté, c'est bon pour leur santé sociale, c'est pourquoi je m’engage, et la plupart du temps, c'est aussi bénéfique pour ma fille,» dit-elle à propos du temps qu'elle consacre aux Jeux olympiques spéciaux de Nipissing Ouest.

Mme Lajeunesse n'est pas entraîneur, mais elle travaille derrière la scène et essaie d'encourager plus de participation. «Nous approchons les écoles secondaires ici à Sturgeon pour inciter plus de jeunes à participer aux compétitions, mais c'est assez difficile,» avoue-t-elle, ajoutant que les participants aux Jeux olympiques spéciaux sont majoritairement des adultes. Les jeunes participants comme Ciara Joseph sont plus rares. Quand elle parle des Jeux olympiques spéciaux aux jeunes, Mme Lajeunesse dit qu'ils sont souvent intéressés, mais qu'il y a des obstacles. Elle souligne notamment la participation obligatoire des parents, car les déplacements représentent une part importante de l'entraînement et de la compétition aux Jeux olympiques spéciaux, les entraîneurs n’étant pas assurés pour assumer la responsabilité de transporter les athlètes.

La collecte de fonds est une autre tâche dont se chargent les parents. Certaines compétitions plus importantes peuvent prendre en charge l'hébergement et le transport des athlètes et de leurs entraîneurs, mais Mme Lajeunesse souligne que ce n'est pas toujours le cas. Il revient donc aux parents, aux athlètes et aux entraîneurs de faire des levées de fonds ou de trouver des commanditaires. «Lorsque [le dépanneur] Stop and Shop était ouvert, ils vendaient des billets Nevada pour nous. Cela nous a beaucoup aidés, mais lorsqu'ils ont fermé, nous n'avons pas trouvé d'autre endroit pour vendre, nous cherchons toujours,» raconte Mme Lajeunesse à propos des efforts de collecte de fonds.

Malgré les défis, Mme Lajeunesse est convaincue que le travail et le temps consacrés en valent la peine. Lorsqu'on lui demande ce qu’elle dirait pour convaincre les parents de franchir le pas et de s'impliquer pour leur enfant, elle répond que ce serait une erreur de ne pas le faire. «Ils passeraient à côté d’une belle occasion de voir tout ce dont leur enfant est capable,» explique-t-elle. Elle raconte son expérience avec Katie, qui était généralement timide, mais qui s'est ouverte et épanouie socialement lors des événements des Jeux olympiques spéciaux. «Cela lui a donné confiance en elle, et depuis, elle a son propre appartement. Elle vit seule, elle a un travail, elle se débrouille bien toute seule,» se réjouit fièrement la mère. Elle raconte aussi l'histoire d'un autre athlète qui, après avoir remporté des médailles, a compris qu’il pouvait viser et atteindre l’excellence. «Il ne s'agit pas seulement de gagner des médailles, mais de se prouver à soi-même qu'on est capable d’accomplir quelque chose,» de conclure Mme Lajeunesse.

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Photos :

Katie Lajeunesse, avec son entraîneur Penny Aubertin, Ciara Joseph et Jolie Gearing montrent fièrement leurs médailles après la cérémonie de clôture des Jeux provinciaux d'été des Jeux olympiques spéciaux, à Brantford.

 

Crédit photos : Courtoisie

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  • Date de création 26 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 26 juillet, 2025
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