Attention à la sclérotiniose du soya!
Un vieux dicton dit qu'en juillet, lorsque le soya commence à fleurir et que votre pelouse est verte, la moisissure blanche est présente. Si elle est brune, la moisissure blanche est absente.
Jean-Marc Dufresne
IJL – Réseau.Presse – Agricom
La floraison du soya est dans quelques semaines. « Dans l'Est ontarien, nous sommes généralement au cœur de la maladie de la moisissure blanche », explique Paul Herman, agronome et conseiller certifié en cultures. « Une croissance végétative luxuriante, combinée à des sols saturés (si la météo le permet) et à une humidité élevée, sont autant de facteurs de risque accrus de moisissure blanche. Combinés au travail du sol conventionnel, à la réduction de la largeur des rangs et à d'autres facteurs, ces facteurs peuvent entraîner une incidence accrue de moisissure blanche. »
Chasse aux moisissures
Paul Herman affirme que les agriculteurs devront faire preuve de vigilance au cours des trois prochaines semaines, surtout si le temps est souvent pluvieux. Il met en garde ceux qui comptent sur les images satellites pour la surveillance des champs: « La technologie ne permet pas vraiment de déterminer à quelle étape de croissance les plants sont rendus. Il faut marcher dans le champ et observer », dit-il.
Que cherche-t-on? La moisissure blanche pénètre par les fleurs du soja, tuant ainsi la plante depuis ce point d'entrée jusqu'au sol. Maintenir ces fleurs en bonne santé est essentiel pour réduire la maladie tout en offrant un environnement de croissance plus favorable au soja.
« C’est une question de timing », assure-t-il. « Il faut intervenir de manière préventive entre l’éclosion de la première fleur au bas du plant et l’apparition de fleurs sur le nœud supérieur du plant. Si on manque cette fenêtre, une fois que la moisissure apparaît, il n’y a pas de traitement efficace. »
Selon lui, 2023 a été l’une des pires années pour les ravages causés par la moisissure blanche, alors que les agriculteurs ont eu un peu de répit en 2024. Il est trop tôt pour savoir de quel côté penchera la balance en 2025.
Fongicide? Oui, mais…
Clairement, un fongicide sera nécessaire pour contrer la menace de la moisissure blanche. Mais attention, on ne choisit pas n’importe lequel, indique l’agronome: « Certains sont efficaces contre la moisissure blanche, d'autres non. Veuillez consulter le Crop Protection Network pour obtenir des données universitaires et tierces concernant le classement des fongicides contre la moisissure blanche. Ces données proviennent des États-Unis. Leurs noms commerciaux peuvent varier, mais l'examen de l'ingrédient actif vous permettra de comparer les produits de manière plus précise », prévient-il.
Le spécialiste ajoute qu’il faut garder à l'esprit que les fongicides ne sont efficaces que pendant une période d'environ 14 jours. Le soja peut fleurir pendant 28 jours ou plus, d'où la nécessité d'appliquer deux fois le fongicide dans les champs sujets à la moisissure blanche.
Présidente-directrice générale de Cultivons biologique Canada, Karen Murchison croit qu’en règle générale, pour la prévention des maladies du soja, les approches non-chimiques sont principalement préventives.
« Elles commencent par la sélection de semences plus tolérantes aux moisissures et aux maladies fongiques. Un semis précoce et un espacement plus important des rangs (par exemple, 76 cm) pour une meilleure circulation de l'air (et donc un couvert végétal sec) sont deux pratiques courantes, ainsi qu'une rotation culturale d'au moins trois ans pour rompre le cycle de la maladie. »
Elle ajoute qu’une gestion efficace des mauvaises herbes est également essentielle, car certaines d'entre elles peuvent servir d'hôtes. « L'une des pratiques les plus courantes consiste à semer dans une culture de seigle d'hiver frisé, qui peut constituer une barrière physique permettant de contrôler la libération de spores du sol (et de maintenir une humidité et une température constantes.) »
Fongicide bio?
Quant à savoir s’il existe un fongicide qui soit bio, Mme Murchison indique avoir fait quelques recherches fructueuses à ce sujet.
« Contans WG, un fongicide biologique, est homologué au Canada pour lutter contre les maladies fongiques comme la sclérotiniose dans diverses cultures, notamment la carotte, le soja, le canola et d'autres. Il s'agit d'une formulation de granulés mouillables contenant l'ingrédient actif Coniothyrium minitans souche CON/M/91-08. L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a accordé une homologation complète pour sa vente et son utilisation au Canada. »
Elle prévient cependant que bien que le produit soit homologué au Canada, elle n'est pas certaine qu'il soit un intrant autorisé pour les producteurs biologiques certifiés. L’agriculteur intéressé devra le vérifier auprès de son organisme de certification.
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Légende photo 1 : La moisissure blanche du soya est sur le point de faire son apparition dans l'Est ontarien.
Légende photo 2 : Paul Herman prévient les agriculteurs que le temps d'intervention pour contrer la moisissure blanche est très limité.
Légende photo 3 : Karen Murchison croit que la prévention ne s'arrête pas à la simple utilisation d'un fongicide.
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- Date de création 25 juin, 2025
- Dernière mise à jour 11 juillet, 2025