À la croisée des langues: l’identité de Clare en jeu? (partie 3)

Reconnue pour son caractère francophone, la région de Clare connait une transformation de son profil linguistique. En dépit de larrivée danglophones et dallophones depuis la pandémie, les données scolaires démontrent que la communauté acadienne et francophone est florissante. 

_______________________

Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Le Courrier a effectué une requête dinformation auprès du ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse pour obtenir des données concernant les inscriptions dans les écoles anglophones dans la région de Clare, soit St Mary's Bay Academy et Weymouth Consolidated School, de 2016 à 2024.

Une porte-parole du ministère a dirigé Le Courrier vers la partie de leur site Internet où lon peut consulter des feuilles Excel avec les données d'inscription. Toutefois, les documents, à partir de lannée scolaire 2020-2021, nincluent que les inscriptions par grade et par centre régional.

Selon le recensement de la population de 2021, en Clare, 69,6 % ont déclaré connaitre le français, sans préciser le dialecte parlé. En 2016, le pourcentage était semblable, à 69 %.

Or, comme présenté dans un reportage du Courrier de 2023, avec la hausse du nombre de nouveaux résidents anglophones installés dans la région au cours des dernières années, la proportion de la population connaissant le français sera probablement en baisse dans le prochain recensement.

À lire aussi: Des anglophones et allophones de plus en plus nombreux dans les communautés acadiennes

Le Conseil scolaire acadien provincial, de son côté, a fourni ces données d'inscription des écoles acadiennes de Clare.

En 2016, l’École secondaire de Clare (ESDC) accueillait 264 élèves. En 2024, ce fut 206. Notons par contre quil y avait eu une légère baisse dannée en année jusquen 2022, avec un bond en 2023, allant de 204 à 219 inscriptions, avant de retomber lannée suivante.

Pour les écoles primaires, il y a une hausse depuis les 10 dernières années. À l’École Joseph-Dugas (EJD), la population étudiante est passée de 89 jeunes en 2016 à 139 jeunes en 2020, avant de connaitre une petite chute durant la pandémie. Depuis 2024, on compte 108 élèves, soit huit de plus que lannée précédente.

À lÉcole Stella-Maris, l’évolution est assez semblable à celle de Joseph-Dugas. La population étudiante était de 90 en 2016. Neuf ans plus tard, on dénombre 153 écoliers.

+++Encadré+++

Historique

À noter que, en 2018, l'École Jean-Marie-Gay et l'École Saint-Albert ont fermé leurs portes, devenant respectivement les écoles Joseph-Dugas et Stella-Maris.

++++++

Limmigration francophone aidera à lutter contre l'assimilation, est davis Tanya Comeau, coordinatrice de la Communauté francophone accueillante de Clare, en pointant vers les inscriptions dans les écoles acadiennes de la région. «Cest une peur quon a (lassimilation), quon essaie de combattre», mentionne-t-elle.

«On s'identifie comme des francophones. Ça fait que c'est une composante vraiment importante pour notre culture et notre identification, alors c'est important qu'on reste bilingue», conclut la coordinatrice.

Ailleurs en Acadie

La part de la population néoécossaise capable de soutenir une conversation en français est passée de 76 465 en 1991 à 95 380 en 2021, ce qui équivaut à une hausse de 24,7 %, selon les données de Statistique Canada.

Cependant, en isolant les locuteurs unilingues, on remarque une croissance du nombre de personnes bilingues et une baisse constante du pourcentage de Néoécossais parlant seulement le français.

À lire aussi: La langue française est-elle en déclin en Nouvelle-Écosse?

Il ne sagit pas dun phénomène isolé. Le contexte à l'Île-du-Prince-Édouard est semblable à celui de la Nouvelle-Écosse, où le nombre de personnes pouvant converser en français a augmenté de 1 550.

Quoique cette hausse ne change pas la proportion de ce groupe sur l’Île, car lon doit aussi prendre en compte le portrait global de la population, influencé par limmigration, toutes langues confondues.

Certaines régions acadiennes, comme la péninsule acadienne, Saint-Louis et le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, gardent une proportion de 90 % ou plus.

Au Nouveau-Brunswick, bien que la proportion de cette catégorie de gens en 2021 soit pratiquement identique à celle enregistrée en 1991, le poids démographique des francophones est en baisse. Entre 2016 et 2021, le pourcentage de gens ayant le français comme première langue officielle parlée est passé de 31,6 % à 30 %.

En Nouvelle-Écosse, la baisse est de 3,1 % à 2,8 % et à l'Île-du-Prince-Édouard, de 3,2 % à 2,9 %.

Le prochain recensement se tiendra en mai 2026.

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 30 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 30 juin, 2025
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article