Comment se préparer aux chaleurs extrêmes?

La Voix acadienne - La province a connu sa première vague de chaleur le 24 juin dernier et de nouvelles sont à prévoir durant l’été. Planter des arbres, repenser les logements et les infrastructures, les spécialistes appellent gouvernement et villes à prendre des mesures pour mieux protéger la population. 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Le 24 juin dernier, l’Île-du-Prince-Édouard a connu la journée la pluschaude jusqu’à présent cette année. Selon l’indice Humidex, qui prend en compte l’humidité présente dans l’air, la température ressentie était de 38 degrés Celsius. 

«À mesure que nous avançons dans l’été, nous pouvons nous attendre très probablement à d’autres vagues de chaleur avec d’autres journées de ce type», prévient le météorologue à Environnement Canada, Ian Hubbard. 

Selon les prévisions d’Environnement Canada, la région Atlantique et l’Île-du-Prince-Édouard peuvent craindre un été plus chaud que la normale. Déjà, à l’été 2024, la province avait connu trois vagues de chaleur. 

«Il semble que le temps pourrait également être plus sec que d’habitude, avec moins de précipitations», précise Ian Hubbard. 

«Il y a aussi plus de risques d’avoir des pluies diluviennes et des crues soudaines, car plus l’atmosphère est chaude, plus elle peut contenir d’eau», ajoute le chercheur en politiques d’adaptation aux changements climatiques à l’Institut climatique du Canada, Zacharie Carriere.

Davantage d’orages violents pourraient par ailleurs éclater au cours de la saison estivale. «Les températures chaudes, qui donnent de l’énergie, et la forte humidité dans l’air sont les deux principaux facteurs qui déclenchent des orages», explique Ian Hubbard. 

Chaleurs extrêmes plus fréquentes et plus intenses

Les changements climatiques alimentent directement ces épisodes de chaleur extrême.

«Le réchauffement augmente la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, qui s’étendent sur des territoires plus vastes, y compris dans le sud du Canada», confirme Zacharie Carriere. 

Pour protéger la population, le chercheur évoque le besoin de rendre les bâtiments plus sûrs en encourageant l’installation d’appareils de refroidissement intérieurs - comme une thermopompe ou un climatiseur.

«C’est important de s’assurer que tous les nouveaux logements soient bien isolés et conçus de manière à inclure un mécanisme de refroidissement», dit-il. 

Il parle également de l’utilité de cultiver des toits verts et des arbres pour créer plus d’ombre en zones urbaines et offrir aux gens la possibilité de se rafraîchir.

L’Institut climatique du Canada a effectué une analyse de la vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique et constaté que l’ajout de verdure et d’arbres dans cette région pourrait réduire le nombre de décès liés à la chaleur de 12 % d’ici les années 2030, et réduire les hospitalisations liées à la chaleur de 7 %, par rapport au statu quo. 

«Il faut aussi concevoir des infrastructures, comme les routes et les systèmes électriques, capables de supporter les très grosses chaleurs», observe Zacharie Carriere. 

Nouveau programme d’alertes en cas de fortes chaleurs

Surtout, le spécialiste insiste  sur la nécessité d’envoyer des avertissements de chaleur assez tôt pour que la population et les répondants puissent se préparer. 

À l’Île-du-Prince-Édouard, le Bureau de la médecin hygiéniste en chef veut justement développer un programme d’alerte en cas de fortes chaleurs.

L’île était l’une des dernières provinces à ne pas avoir de systèmes d’avertissement et d’intervention en cas de chaleur (SAIC), pourtant promus par Santé Canada.

«Dans le passé, la plupart du temps, l’île n’avait pas de fortes chaleurs, mais avec le changement climatique, ça change, on doit s’adapter», indique la médecin hygiéniste en chef, Heather Morrison. 

Elle a donc récemment obtenu un financement de deux ans d’Ottawa afin d’embaucher un coordonnateur, chargé de développer le nouveau programme d’alerte. 

L’objectif sera avant tout de sensibiliser les gens aux impacts sur la santé et de les informer sur la façon de rester au frais.

Le programme permettra notamment d’informer les citoyens de l’emplacement des centres de rafraîchissement les plus proches, ou encore des horaires prolongés des piscines.  

  

        

PHOTOS :  

1- «Il est important de rester au frais par tous les moyens possibles en cas de chaleur extrême», insiste Zacharie Carriere de l’Institut climatique.  (Photo : Graceuseté)

2- En cas de fortes chaleurs, il est important de prendre soin les uns des autres, de faire des visites régulières aux membres de sa famille les plus fragiles, qui peuvent avoir besoin d’aide», dit la docteure Heather Morrison. (Photo : Graceuseté)

 

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 30 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 30 juin, 2025
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article