Le Centre de santé fête ses 15 ans et rend hommage au Dr Jean Anawati
Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest
Une annonce surprise a ravi la foule réunie pour célébrer les 15 ans d’existence du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest (CSCNO) le lundi 23 juin. La journée a servi à reconnaître les personnes qui ont contribué à l’évolution de l'établissement de soins primaires. Dans son discours, le directeur général Guy Robichaud a pris le temps de souligner ces contributions, mais il s’est arrêté longuement sur l’apport considérable du Dr Jean Anawati.
En effet, M. Robichaud a annoncé que la salle de réunion du centre était officiellement rebaptisée «la salle de réunion Dr Jean Anawati Boardroom», en l'honneur du médecin local qui a milité pour la création du centre et œuvré à son développement au cours des années. Le Dr Anawati, stupéfait, a été invité à dévoiler la plaque qui sera installée dans la salle de réunion et à prononcer quelques mots. Il a reçu une ovation de la part de la foule.
«Nous célébrons 15 années de service depuis que nous avons ouvert nos portes et accueilli notre premier client le 30 mars 2010,» a déclaré M. Robichaud. Toutefois, il a reconnu que le travail avait commencé bien avant cette date, avec des revendications, de la planification et enfin, la création du centre. Le directeur a souligné le travail du consultant Daniel Gingras, qui a jeté les bases en 2006, et du conseil d'administration fondateur. Il y a eu beaucoup de lobbying avant que le gouvernement n'approuve la création d'un centre de santé au Nipissing Ouest et n'attribue les fonds nécessaires.
Le premier conseil d'administration a recruté la première directrice générale du centre, Suzanne Davidson-Noël, en 2009. «Suzanne a rapidement établi son équipe de gestion en recrutant Céleste Auger-Proulx comme coordonnatrice de la promotion de la santé et Carole Paquette comme coordonnatrice des soins primaires. Travaillant d'abord sur une table pliante en plastique dans le Centre Brébeuf, qui n'était pas vraiment prêt à accueillir le centre, Suzanne, Céleste et Carole ont réussi à faire rénover les locaux, à former une équipe et à ouvrir les portes en moins d'un an,» s’est émerveillé M. Robichaud.
Quinze ans plus tard, bien installé dans ses locaux permanents de la rue Michaud dans l’ancienne école Frank Casey entièrement rénovée, le CSCNO a connu une croissance remarquable, tant en termes d'espace que de services offerts. «En fait, rien que l'année dernière, nous avons assuré 16 509 consultations en soins primaires, 53 programmes de promotion de la santé et 32 activités ponctuelles, servant un total de 13 432 participants,» a vanté M. Robichaud, attribuant ce succès au travail acharné des 24 employés et des 42 bénévoles du CSCNO.
Puis la croissance n’est pas terminée. M. Robichaud a mentionné une annonce faite par le ministère de la Santé quelques minutes seulement avant sa présentation, promettant un investissement de 235 millions de dollars dans les soins primaires cette année. Bien qu'il n'y ait pas d'annonce officielle indiquant que le CSCNO recevra une partie de ce financement, M. Robichaud a indiqué que le centre avait déjà soumis une demande et qu'il croisait les doigts. «Si nous réussissons, nous pourrons accepter la plupart des 1 200 patients [sur la liste d’attente actuelle] au cours des prochaines années, et ce très bientôt,» a-t-il déclaré. Le financement permettrait d'embaucher plus de personnel pour prendre en charge plus de patients.
Le directeur n’a pas caché son sourire lorsqu'il a laissé entendre qu’une surprise allait être dévoilée. Il a invité le président du conseil d'administration, Dan Roveda, à venir à l'avant en compagnie du Dr Anawati, qui ne se doutait pas de ce qui allait se passer. Les deux hommes ont dévoilé la plaque qui sera exposée dans la salle de conférence du CSCNO. «Le Dr Jean Anawati a consacré plus de 45 ans à la croissance des services de santé locaux, y compris l'établissement du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest en tant que membre fondateur et membre du conseil d'administration,» peut-on lire tout en haut de la plaque qui lui rend hommage. La plaque comporte également une description très condensée de la longue carrière du médecin et la liste impressionnante de ses réalisations dans le domaine de la santé dans le nord de l'Ontario, en particulier des services de santé en français. On y mentionne son premier cabinet de médecine familiale à Sturgeon Falls, ouvert en 1977, sa contribution à l'éducation en tant que membre fondateur et membre du conseil d'administration de l’université de l'École de médecine du Nord de l'Ontario, son rôle dans la formation des futurs médecins et le recrutement de professionnels en santé dans la région, entre autres.
C’était un moment très émouvant pour le Dr Anawati, rendu encore plus touchant par la présence de ses enfants et petits-enfants – encore une surprise. Invité à prendre la parole, le médecin visiblement étonné a remercié tout le monde de leur présence et s’est dit honoré par cette reconnaissance. Or, ce n'est pas pour les louanges qu’il a travaillé si dur au cours des 45 dernières années; son objectif était toujours de combler les besoins en santé de la population locale, a-t-il précisé. Si cela signifiait faire du lobbying, il le faisait. S'il s'agissait de former la relève, il le faisait. S’il s’agissait de revendiquer des services en français, il le faisait. Tout cela en plus de prendre soins de ses patients, toujours la priorité. Lorsqu’il a terminé son discours et regagné son siège, la foule qui l'entourait s’est levée pour l’applaudir.
Suivant les présentations, Guy Robichaud et Dan Roveda se sont confiés à la Tribune. M. Robichaud est directeur général depuis un peu plus de dix ans. Il a été à la barre de la majorité des grandes expansions du centre, et il a fait écho au Dr Anawati en parlant de sa motivation. «On ne fait pas ce genre de travail juste pour gagner sa vie, on le fait parce que ça devient une passion. C'est ce qui m'est arrivé lorsque j'ai rejoint le centre de santé et que j'ai constaté le grand besoin de soutien en matière de santé mentale, de soins primaires et de tout le reste,» a-t-il expliqué, ajoutant qu’on ne peut rester indifférent lorsque les besoins sont si importants. «Lorsque nous parlons d'équité et d'accès équitable aux soins, c'est ce qui me motive. Tout le monde mérite d'avoir accès aux soins. Alors, quand je vois qu'il y a un besoin, ou que nous avons la possibilité de combler des lacunes, je vais faire tout ce que je peux pour répondre aux besoins,» a-t-il poursuivi. Encore une fois, il s'est empressé de donner le crédit au personnel et aux bénévoles. «S'il n'y avait pas l’équipe extraordinaire que nous avons ici, un seul homme ne pourrait pas tout faire. Il faut travailler avec des gens qui partagent les mêmes valeurs, le même engagement, la même passion pour fournir ces services,» a-t-il déclaré.
M. Robichaud estime que l'expansion physique du centre a contribué à son succès. «Sans le gymnase, nous n'aurions pas les programmes de santé physique que nous avons pour favoriser l'équilibre, la force et la mobilité, ou nous ne pourrions pas les offrir à autant de personnes. L'agrandissement le plus récent nous a permis d'augmenter le nombre de participants à notre programme de jour pour les aînés et d'établir un partenariat avec la Société Alzheimer pour offrir ses programmes dans le Nipissing Ouest. Le centre s'agrandit pour répondre aux besoins de la population,» a-t-il expliqué.
Enfin, M. Robichaud ne tarit pas d'éloges sur le Dr Anawati. «Travailler avec lui est un réel plaisir, car il est une mine d'information et d'histoire sur l'évolution du système de santé, non seulement au Nipissing Ouest, mais partout ailleurs. Il a été à l'origine de la quasi-totalité de cette évolution,» a-t-il fait remarquer. «Pour lui, il s'agit toujours de faire tout son possible pour aider les gens. C’est vraiment admirable. Il n'y a pas de cynisme, (…) il y a beaucoup d'altruisme dans ce qu'il fait; il fait les choses parce que c'est la bonne chose à faire et il est sincèrement intéressé à soutenir le système de toutes les manières possibles.»
M. Roveda, qui a siégé au conseil d'administration du CSCNO aux côtés du Dr Anawati pendant des années, l'a personnellement appelé à revenir cette année. «Il pense toujours à l'avenir, il a toujours les patients à l'esprit et il connaît le système. C'est une mine de connaissances et d'expériences, il fallait qu'il revienne,» a expliqué M. Roveda. Il a ajouté que c'est le Dr Anawati qui a poussé pour un financement accru pour l’embauche, et puisque la nouvelle annonce de financement provincial pourrait en faire une réalité, la présence du médecin formateur sera un grand atout.
Enfin, le Dr Anawati a pris un moment pour réagir à l’hommage et partager quelques réflexions perspicaces. Qualifiant cette année de «très éprouvante» en raison du décès récent de son épouse, il s'est dit très touché par la reconnaissance et plus particulièrement par le fait que toute sa famille ait participé à l'événement. Il a répété qu’il a toujours ressenti un besoin profond d'aider sa communauté. «Quelqu'un doit le faire, si la communauté en a besoin, nous devons le faire. La reconnaissance est agréable, mais on ne le fait pas pour ça, on le fait pour aider la communauté,» a-t-il souligné.
Cependant, le progrès ne vient pas sans efforts et après 45 ans de carrière, le Dr Anawati sait comment faire avancer les choses même face aux obstacles. La recette de son succès n’est pas secrète. «Tout d'abord, ma femme m'a beaucoup soutenu. Deuxièmement, je suis très têtu et je n'accepte pas qu'on me dise non,» dit-il en riant, tout en ajoutant qu'être têtu ne signifie pas d’être intransigeant. «J'écoute les gens, et s'ils disent que c'est non à la fin, la question suivante est «pourquoi?» Vous écoutez ce qu'ils ont à dire, vous ajustez ce que vous demandez et vous finissez par y arriver.»
Pour illustrer son propos, le médecin a raconté une anecdote : «La médecine est un art, ce n’est même pas une science. L’art de la médecine consiste à écouter les gens et, lorsque vous recueillez toutes les informations qu’ils vous donnent, vous examinez la probabilité de ce que cela pourrait être, puis vous faites des tests pour valider ou invalider l’hypothèse. J'avais l'habitude de donner à chaque étudiant, résident ou médecin qui passait par mon cabinet des cas très simples : «Allez voir Mme Untel et revenez me dire ce que vous en pensez,» et tous ces jeunes gens brillants revenaient et disaient qu'elle avait telle ou telle maladie. Je leur disais : «Oh, qu'est-ce que cela pourrait être d'autre? Vous pourriez avoir raison, ou vous pourriez avoir tort.» En médecine, on ne s'arrête jamais à un seul diagnostic, on peut se tromper.»
L'idée que même un médecin puisse parfois se tromper et qu'il soit important de peser d'autres options et opinions est une philosophie que le Dr Anawati, en toute humilité, adopte dans tout son travail, y compris au sein du conseil d'administration du CSCNO.
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Photos :
Le Dr Jean Anawati, très ému, a reçu l’ovation de la foule suivant l’annonce que le CSCNO honorait ses 45 années de contribution au système de santé en rebaptisant sa salle de réunion en son nom.
Le Dr Jean Anawati était entouré de ses enfants et petits-enfants suivant l’annonce surprise que le CSCNO lui dédicaçait sa salle de réunion comme geste de reconnaissance.
Dan Roveda, président du conseil d'administration du CSCNO, surprend le Dr Jean Anawati en dévoilant une plaque en son honneur lors de la célébration du 15e anniversaire du centre.
Crédit photos : Christian Gammon-Roy
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- Date de création 27 juin, 2025
- Dernière mise à jour 27 juin, 2025