Garde en français: 40 nouvelles places à Pomquet 

Un centre de la petite enfance de 40 places sera bientôt construit à Pomquet, afin de répondre à la demande croissante de places en garderies dans le comté d’Antigonish. 

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

L’on s’attend à une création de 10 à 12 emplois dans la région, des éducateurs de la petite enfance au personnel administratif et de soutien.

Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance ainsi que le Centre d’appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPENÉ) font beaucoup d'efforts en ce moment pour encourager les éducateurs francophones à se joindre à cette future garderie.

Géré par le CAPENÉ, ce centre sera bâti sur le terrain de l’École acadienne de Pomquet, et sera le premier du comté à se focaliser sur la petite enfance francophone.

Il ne s’agit pas d’un agrandissement de l’école, mais bien de la construction d’une structure à part, sur la propriété du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP).

Le projet, qui reflète la vision d'un continuum d’apprentissage en français, «du berceau à la berçante», sera intégré à l’école, précise le conseil scolaire.

À l’heure actuelle, les enfants de l’âge préscolaire du comté n’ont pas accès à un centre d’apprentissage, avant de commencer le programme Grandir en français et d’intégrer l’école francophone.

Trouver de la place

Il y a 30 ans, Pomquet ne possédait qu'un petit programme de prématernelle à quelques heures par semaine, relate Suzanne Saulnier, directrice générale du CAPENÉ.

Aujourd’hui, elle se dote d’une école et d’un centre culturel, se réjouit-elle. «Quand même, il manquait toujours un morceau essentiel pour contribuer pleinement à la vitalité de nos communautés acadiennes.»

C’est grâce à la mobilisation de parents de la région qui, en janvier 2024, ont approché le CAPENÉ afin d’explorer la possibilité de créer un centre de la petite enfance près de leur école. Le centre d’appui a donc soumis une proposition au gouvernement provincial.

Brendan Maguire, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, informe que la demande pour les places en garderie est en hausse constante depuis des années dans le comté, notamment dans la région acadienne.

Le manque de places en garderies est un enjeu à l’échelle provinciale, avec près de 7 000 places ayant été ajoutées depuis 2021. D’ailleurs, le même jour de l’annonce à Pomquet, la Province a dévoilé la construction d’un centre d’apprentissage et de garde anglophone de 104 places sur le campus de l'Université St. Francis Xavier (StFX).

La cible provinciale est de 9 500 places d’ici 2026. «Quelle que soit la langue ou la culture, nous sommes actuellement poussés à la limite en ce qui concerne les services de garde d'enfants. Nous avons besoin de beaucoup plus et nous allons continuer à travailler avec les partenaires fédéraux et les groupes communautaires pour veiller à ce que nous ayons plus de place», affirme M. Maguire.

Le projet de Pomquet sera le sixième dans lequel Halifax investit pour élargir l'accès à l'éducation préscolaire et aux services de garde d'enfants dans les communautés acadiennes et francophones de la province.

Mais la demande est encore forte. Dans la communauté francophone, la liste d’attente est au-delà de 600 personnes à Halifax et de 150 à Truro, pour ne nommer que ces exemples.

Chaque occasion compte

L'accès à des services de garde en français est extrêmement important en Nouvelle-Écosse, insiste Brendan Maguire. «Il donne aux familles acadiennes et francophones la possibilité d'élever leurs enfants dans un environnement qui soutient leur langue et leur culture, dès le départ.»

«Cela permet aux familles francophones de notre communauté d'avoir un meilleur accès à des services de garde d'enfants dans leur langue», déclare Jaime Battiste, député de Cape Breton-Canso-Antigonish.

La petite enfance est une étape déterminante, durant laquelle les jeunes développent leur langage, leur curiosité et leur identité culturelle, explique Michel Colette, directeur général du CSAP. «Dans un contexte minoritaire, chaque occasion de grandir et d'apprendre en français fait une différence durable, et trop souvent, cette occasion n'est pas offerte, faute de place ou de ressources.»

«Le plus tôt que les élèves peuvent commencer en français, le mieux que c'est pour leur parcours scolaire», dit le directeur général, rappelant que l'acquisition de la langue se fait en grande partie à la petite enfance.

«Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas acquérir une langue à un autre moment, ça ne veut pas dire que la francisation ne joue pas un rôle important. Mais il va de soi que, si on peut intégrer l'élève dans un programme francophone [de] culture francophone acadienne dès la naissance, il ou elle est capable d'aller chercher toutes les connaissances de base qu'on n'a pas besoin de lui enseigner à un autre moment.»

«Il y a aussi toute la question de la dynamique familiale, ajoute M. Colette. Donc, les élèves font des amis. Même en petite enfance, les parents rencontrent d'autres francophones, puis une communauté se construit même avant l'arrivée au parcours scolaire formel.»

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, grâce à un accord avec Ottawa, investit 3,5 millions de dollars dans ce projet de garde, destiné aux nourrissons, aux tout-petits et aux enfants d’âge préscolaire. M. Colette a bon espoir que la somme de cet octroi sera suffisante pour l’effectuer.

Les appels d'offres pour la construction du centre sont déjà sortis.

  • Nombre de fichiers 6
  • Date de création 26 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 26 juin, 2025
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