Cent artiste en exposition pour le centenaire de la Ville, avec une touche francophone et autochtone
Mehdi Mehenni
IJL - Réseau.Presse - Le Voyageur
Une exposition d’art unique a lieu, depuis le 27 mai, en plein centre-ville de North Bay, à la Galerie WKP Kennedy, rue Main, pour célébrer le centième anniversaire du statut de Ville, qui lui a été accordé en 1925, par l’Assemblée législative de l’Ontario. Des œuvres de 100 artistes de la région sont à découvrir jusqu'au 23 août 2025. On y retrouve notamment les dimensions francophone et autochtone.
L’artiste francophone et autochtone, Norman Guertin, en fait partie. Son œuvre, nommée Coucher de soleil à la baie nordique, exprime la dimension ancestrale qui l’habite : les premiers Voyageurs. Et comme tout bon Franco-Ontarien, soucieux du bien-être de sa communauté, la moitié de la valeur de la vente de l’oeuvre sera un don pour le Club Richelieu de North Bay. Le tableau, d'une dimension d’un «pied carré», d'où le nom donné à l’exposition Spectacle de pieds carrés, est offert au prix de 250$.
Natif de North Bay, Norman Guertin a toujours été fasciné par les lacs et les rivières du Nord. À l’âge de 15 ans déjà, soit vers la fin des années 1960, il se rendait aux îles Manitou pour faire de la pêche sur glace. Aujourd’hui encore, âgé de 72 ans, il parcourt, l’hiver, sur sa motoneige, plus de 16 kilomètres, pour continuer à faire de la pêche sur glace.
«Sur le chemin du retour, le coucher du soleil contraste avec le paysage en avant de moi et tout devient orange. D'où le côté orange qui prédomine dans Coucher de soleil à la baie nordique. Cette excursion d'hiver, je la fais quasiment quatre fois par semaine», raconte l’artiste.
Ainsi, en retournant au quai gouvernemental de North Bay (Kings Landing), il a cette image de sa communauté qui se matérialise dans son imaginaire artistique.
Aussi, sa participation à l'exposition du centenaire exprime la fierté qu’il ressent envers son appartenance à une ville dont la nature a influencé son art.
«North Bay se trouve sur une hauteur de terrain entre deux différents endroits hydrographiques : la région du Lac Nipissing et la région de la rivière Mattawa, la p’tite rivière—terme utilisé par les premiers colons français—ce qui la distingue de la plus grosse rivière dans laquelle elle se lance: l’Outaouais. Toutes les eaux de la région hydrographique ‘’p’tite rivière’’ coulent vers l’est, en descente vers l’Outaouais, le fleuve Saint-Laurent, pis dernièrement, dans l’Océan Atlantique», explique-t-il.
Pour accompagner son tableau, Norman Guertin a couché sur papier un texte aussi poétique que l'œuvre qui l’a inspiré. En voici un extrait : «De retour en motoneige, une pensée me vient en tête. Le poisson a ben mordu aujourd’hui. Quelle journée à North Bay ! Puis, je tourne vers la lueur urbaine en avant. L’ancien souvenir du baril de clous perdus et ensuite dévié vers cette baie, m’atteint—l’origine du nom de ville?».
«Pis, y’a la magie du carrousel restauré, la nostalgie du mini-train au bord du lac, le patrimoine à mon père—chauffeur d’autobus pour la Commission de transport Ontario Northland.»
«Loin là-bas au quai, un appel pour d’la crème glacée; piétons—air ravie. Fantôme de bateau à passagers, cinquante ans de vieux à ce point; la Rivière-des-Français—pis Commanda, le Chef Raymond de Première Nation. Là itou, sur l’escarpement, le blanc d’la pente de ski centenaire évoque son passé; tremplin de saut à ski—la vieille ferme familiale McLeod.»
Pour lire le poème dans sa version intégrale et mieux s’enquérir de la beauté de la nature à North Bay, à travers le pinceau de Norman Guertin, il faut se rendre à la Galerie WKP Kennedy.
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 20 juin, 2025
- Dernière mise à jour 20 juin, 2025