Les centres scolaires et communautaires en analyse
La Voix acadienne - Le Conseil acadien de Rustico a profité de son assemblée générale annuelle pour inviter les membres de la communauté à une discussion sur les centres scolaires et communautaires (CSC), leurs mandats, leurs défis et leur impact dans leur environnement. La discussion a duré une heure et le sujet n’était pas épuisé, loin de là.
Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne - ATL
Kathleen Couture est catégorique. «Le centre scolaire et communautaire, c’est le cœur de la communauté. Des poupons jusqu’aux aînés.»
La directrice générale de l’Association des centres de la petite enfance francophone de l’ÎPÉ partageait le podium avec trois autres personnes invitées à répondre à quelques questions sur la nature des CSC et leur importance.
«Les CSC sont bien plus que des bâtiments. Ce sont des milieux de vie en français», décrit Éric Morency, directeur des communications et des affaires publiques à la Commission scolaire de langue française.
Natif d’une région très francophone du Nouveau-Brunswick, il ne parlait pratiquement pas l’anglais à son arrivée à l’Île, pour un poste en enseignement à la CSLF. «Les écoles et les CSC, c’était les seuls endroits où mon cerveau pouvait se reposer. Partout ailleurs, c’était en anglais», dit-il, pour illustrer l’importance du rôle d’accueil des CSC.
«Les gouvernements ne comprennent pas notre réalité. On frappe un mur», dit Julie Gagnon, directrice de l’École Saint-Augustin. «Notre plus grand défi, ici à Rustico, c’est qu’on est toujours les derniers dans la liste des priorités. À l’heure actuelle, on est cinquième ou sixième sur la liste de la CSLF. Ce soir on est dans la bibliothèque qui sert de classe de musique à l’école, parce que l’école a passé sa classe de musique au centre de la petite enfance (CPE) qui avait besoin de place. On n’a pas de place», déplore-t-elle.
Tous les panélistes déjà mentionnés ainsi qu’Andréa Deveau, directrice du Conseil acadien de Rustico ont mentionné le manque de place pour faire des activités, pour se rencontrer, pour accueillir les parents lors des concerts de Noël. Lorsque les personnes dans la salle ont été invitées à faireleurs commentaires, la question des infrastructures est ressortie haut et fort. Andy Gallant, membre de longue date de la communauté, faisait partie du comité de construction. «On savait que c’était trop petit, mais le gouvernement nous limitait à un nombre précis de pieds carrés. Pour qu’on ait une cafétéria plus grande, il fallait sacrifier deux salles de classe», raconte-t-il.
Tous les centres scolaires et communautaires de la province comportent une école, un centre de la petite enfance et un volet communautaire. À Rustico, le climat de coopération et de collaboration entre ces trois «têtes» ainsi qu’avec des gens à l’extérieur du centre, a été mentionné plusieurs fois comme étant une force.
«D’où je suis, je trouve que votre projet du Sentier de nos racines est un grand succès, grâce à toutes les personnes qui y ont contribué», affirme Éric Morency.
Depuis plusieurs années, Andréa Deveau rêve qu’il y ait des activités chaque jour au Centre acadien Grand-Rustico. «Cette année, on a du pickleball tous les soirs. On a nos groupes et aussi des groupes de la communauté qui louent le gymnase. Même si tous les participants ne parlent pas français, ils font tous l’effort de dire quelques mots. J’en ai entendu qui comptent les points en français. Je suis contente de cette ouverture dans les deux directions. C’est certain que ça va continuer», souhaite la directrice.
Avec son chapeau de directrice de l’ACPEFÎPÉ, Kathleen Couture rappelle que les CPE sont la porte d’entrée vers l’école. «On vient d’agrandir à Summerside et on est déjà plein. Charlottetown aurait besoin du double. Ici à Rustico, on a des listes d’attente. À Rollo Bay, j’ai cinq groupes d’âge et seulement deux classes. Qu’est-ce que je peux faire avec cela? Récemment, on a eu la visite du ministre de l’Éducation et de la Petite enfance à RolloBay. Quand il a vu le CPE, il a tout de suite dit que c’était trop petit et il nous a invités à aller le rencontrer.»
Pour les quatre panélistes, l’impact des CSC se voit dans le rayonnement des communautés francophones autant à l’intérieur des murs qu’à l’extérieur.
PHOTOS :
1- Animé par Sue LeMaistre, présidente du Conseil acadien de Rustico, le panel sur les CSC mettait en vedette Andréa Deveau, directrice du Conseil acadien de Rustico, Julie Gagnon, directrice de l’École Saint-Augustin, Kathleen Couture, directrice de l’ACPEFÎPÉ, et Éric Morency, directeur des communications et des affaires publiques à la CSLF. (Photo : Jacinthe Laforest)
2- «À Rollo Bay, j’ai cinq groupes d’âge à mon CPE et seulement deux salles de classe», décrit Kathleen Couture. (Photo : Jacinthe Laforest)
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- Date de création 16 juin, 2025
- Dernière mise à jour 16 juin, 2025