Fonction publique : «J’ai l’impression d’avoir eu un impact réel sur la population»

La Voix acadienne - À l’occasion de la Semaine nationale de la fonction publique du 15 au 21 juin, trois anciens fonctionnaires francophones qui ont travaillé au sein des gouvernements fédéral et provincial témoignent de leur expérience et partagent leur vision des services publics.

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

«J’ai l’impression d’avoir été utile, d’avoir eu un impact réel sur la population. J’ai un sentiment de fierté canadienne», partage Karen Langevin.

Après une première carrière dans le secteur privé en Ontario, l’Acadienne a travaillé dans la fonction publique fédérale à l’Île-du-Prince-Édouard pendant 15 ans. 

«C’était en partie pour la paie, mais surtout pour l’épanouissement et les options de carrière à long terme», explique celle qui a pris sa retraite il y a huit ans. 

D’abord dans les ressources humaines et au bureau de l’ombudsman du ministère des Anciens combattants, elle intègre rapidement l’Agence de santé publique à Charlottetown. 

Elle est conseillère en programmes dans le secteur de la petite enfance et des populations vulnérables. Autrement dit, elle décide de l’octroi de financements pour des centres de ressources familiales comme Cap enfants et d’autres organismes insulaires comme P.E.E.R.S Alliance. 

«Si on coupe des services, c’est dangereux»

Durant un an, Karen Langevin a également géré un programme de financements pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire au ministère du Patrimoine Canadien.

«Ce n’était pas juste des papiers et des chiffres sur mon bureau, insiste-t-elle. Quand je visitais les organismes comme Cap enfants qui bénéficiaient de subventions fédérales, je voyais l’impact des fonds sur la communauté francophone.»

Œuvrer pour le fédéral lui a fait prendre conscience de l’importance des services publics : «Les gens disent que le gouvernement gaspille de l’agent, mais quand tu vois de l’intérieur le fonctionnement, tu comprends que si on coupe des services, c’est dangereux.»

Gilbert Ladéroute, qui a travaillé pendant 28 ans et demi à l’Agence du Revenu du Canada et au ministère des Anciens combattants, défend également la «vision sociale  positive du Canada». 

«Les politiques ont besoin de support pour la mise en œuvre de leurs programmes. De mon expérience, il n’y a pas de gaspillage, les gens prennent leur travail au sérieux», affirme l’ancien fonctionnaire de 72 ans. 

Le conseiller en formation professionnelle a notamment créé des programmes de leadership pour les gestionnaires des Anciens combattants. Il a pu aussi reprendre ses études et poursuivre une maîtrise en éducation des adultes. 

«J’avais pas mal de liberté pour élaborer et donner des cours. Je voyageais beaucoup à travers le Canada, c’était stimulant», raconte-t-il. 

«Être bilingue […] m’a ouvert des portes»

De son côté, Donna Lavoie, enseignante de formation, a fait le choix de donner 30 ans de sa vie au gouvernement provincial. À ses débuts, au ministère de l’Éducation, elle aidait les enseignants à utiliser les nouveaux outils audiovisuels dans leur salle de classe. 

Puis, au sein de la Commission de la fonction publique, elle est devenue coordinatrice du programme d’apprentissage du français pour les employés de la province. 

«Être bilingue est un gros avantage, ça m’a ouvert des portes, explique-t-elle. J’ai pu partager mon amour du français et j’espère avoir influencé de manière positive la politique du gouvernement provincial pour la création de postes bilingues.»

Avant d’ajouter : «Ça a toujours été un plaisir de voir les employés apprendre le français, vouloir donner des services dans les deux langues officielles.»

Les trois francophones sont aujourd’hui à la retraite, mais ils n’ont pas pour autant mis fin à leurs activités. Ils continuent de redonner à la population et de s’impliquer dans leur communauté à travers le bénévolat.

«Prendre sa retraite ne veut pas dire se retirer de la société, on veut continuer à contribuer, à nous connecter aux autres. Les relations humaines restent très importantes», souligne Donna Lavoie, qui a mis fin à sa carrière professionnelle en 2013. 

À 71 ans, elle est toujours active au sein de l’Association des francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard et donne des cours de français débutant.     

        

PHOTOS :  

1- À la retraite depuis 2012, Gilbert Ladéroute continue de s’impliquer comme bénévole pour l’Association des francophones de l’âge d’or et le Club Richelieu à Charlottetown. (Photo : Gracieuseté)

2- Karen Langevin a travaillé de 37 ans à 52 ans au sein de la fonction publique fédérale à l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo : Gracieuseté)

3- Donna Lavoie espère avoir été utile pour faire avancer la cause du français.  Maintenant à la retraite, elle vit l’une de ses passions de faire de la bicyclette. (Photo : Gracieuseté)

 

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  • Date de création 16 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 16 juin, 2025
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