Y a une étoile, deux ans plus tard

Sorti en juin 2023, le documentaire musical Y a une étoile a voyagé dans différents pays pour sensibiliser aux enjeux de la communauté acadienne 2SLGBTQIA+. Le Courrier a voulu s'entretenir avec le cinéaste Julien Cadieux pour savoir comment il a vécu ces deux dernières années.

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

«Il y a tellement peu de représentation dans ma génération», se rappelle M. Cadieux, lorsqu’il pense aux référents culturels queers de sa jeunesse.

Et la représentation qui existait était souvent réduite aux moqueries et aux stéréotypes. «Je pense que ça fait du bien, la représentation. Pis pas juste le film, mais aussi les réseaux sociaux. Je pense que ç’a permis de briser l'isolement de certaines personnes queers en milieu rural. De se dire, "OK, il y a d'autres gens qui me ressemblent."»

L’un des moments les plus marquants de son projet documentaire a été la tournée communautaire que l’équipe a effectuée dans près d’une dizaine de communautés acadiennes, dont un arrêt à la Baie Sainte-Marie, pour présenter le film avec Fierté Clare.

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L’objectif de cette tournée était de créer des lieux de rencontres et de faire de chacune des projections un évènement représentant quelque chose de spécial pour la région d’accueil.

«C'était ça, le point de départ. C'était que toute l'Acadie [...] puisse se voir, puisse se reconnaitre.» Et de voir la façon dont les gens ont pu s'approprier le projet, ajoute-t-il.

Le réalisateur fait remarquer que, en dehors des grands centres, il s’avère parfois difficile d'organiser des évènements queers, puisqu’il manque de lieux désignés pour la communauté. Alors, un spectacle qui s’organise devient automatiquement un espace sécurisant.

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«Des fois, si tu veux faire un drag show, ça va prendre beaucoup de ressources, explique M. Cadieux. Mais là, c'était vraiment avec le producteur, qui a généreusement mis de l'avant ces fonds, pis y’a cru à son projet.»

Au CMA 2024

Le film était à l’honneur durant le Congrès mondial acadien (CMA) de 2024. Le réalisateur a partagé ces deux moments les plus mémorables du Congrès.

Le premier étant une rencontre avec une personne queer originaire de la Nouvelle-Écosse qui est revenu pour le Congrès. L’individu, raconte Julien Cadieux, lui expliquait que le documentaire résumait son attachement culturel et queer, et que, dans le contexte du CMA, le documentaire a beaucoup aidé pour renforcer son esprit de fierté.

Le deuxième moment, qu’il a trouvé très particulier, est lorsque des gens dans l’auditoire se sont levés et ont quitté la salle de projection, le moment où ils ont constaté que le thème du film portait sur les enjeux de la communauté 2SLGBTQIA+, affirme le réalisateur.

«Et donc, je me suis dit, «Ah, OK, il y a encore du travail à faire». C'est pas gagné d'avance, au niveau des enjeux LGBTQ. Y’ont bien fait signe que le sujet les irritait, que c'était pas quelque chose [qu’ils voulaient voir]», témoigne M. Cadieux.

Ce dernier soupçonne que, puisqu’il s’agissait d’un CMA présentant des activités centrées autour de l’identité acadienne, avec des festivaliers de divers horizons, dont certains ne connaissant pas bien la cause du documentaire, il se peut que le contexte du Congrès ait contribué à l’incident en question.

M. Cadieux souligne que la magie d’un documentaire, tel que Y a une étoile, réside dans sa capacité à offrir un espace sécurisant aux membres de la communauté 2SLGBTQIA+, quand un tel espace n’existe pas dans leur région.

Rayonnement international 

Y a une étoile a également été projeté à l’international, par exemple en France et en Suisse, en mettant l’accent sur l’universalité du message du documentaire.

Pour les gens à qui Julien Cadieux a présenté le film, il n’y avait «pas de questions sur l'accent, zéro, soutient-il. Toutes les questions que j'avais, c'était vraiment sur comment ça pouvait résonner aussi chez eux. Cette idée d’être doublement minoritaire, d'être en milieu rural, loin d'une grande ville.»

«Et aussi cette joie, en fait, qui s'exprime, tu sais, malgré l'adversité. Je pense que c'est ça qui fait [rayonner] l'Acadie queer, avec ce projet-là.»

Il insiste sur le fait que le film est plus grand que lui, donc il est difficile de mesurer toutes les facettes de son impact.

Or, il est plus qu’heureux d’avoir pu mettre de l’avant le message des gens dans son film, d’aider les spectateurs à prendre conscience «que ces gens-là existent, qu'ils sont beaux, qu'ils ont quelque chose à dire».

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  • Date de création 13 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 13 juin, 2025
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