RCR, DEA et NARCAN : des lettres qui sauvent des vies

La Voix acadienne - D’ici la fin de l’année scolaire 2024-2025, les quelque 75 élèves de 9e année des cinq écoles secondaires de la Commission scolaire de langue française auront complété une formation en RCR, DEA (défibrillateur) et intervention en cas de surdose d’opioïdes.  Le projet vise à outiller les jeunes avec des compétences qui peuvent littéralement sauver des vies.   

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne - ATL

Savoir comment effectuer la réanimation cardio-respiratoire ou comment utiliser un défibrillateur cardiaque (DEA) sont des compétences précieuses, surtout lorsque des vies en dépendent.  Or à l’Île-du-Prince-Édouard, relativement peu de gens avaient ces compétences.  

C’est du moins ce qu’avaient constaté Anne-Marie Rioux de la Commission scolaire de langue française et Jaclyn Reid de la division des programmes et services d’éducation en français.  

«Ce sont elles qui ont démarré le projet qui est en cours de livraison.  D’ici la fin de l’année scolaire, les quelque 75 élèves de 9e année des cinq écoles secondaires de la Commission scolaire de langue française auront été formés en réanimation cardio-respiratoire, sauront comment utiliser le défibrillateur et sauront également quoi faire en cas de surdose apparente d’opioïdes», dit Jonathan Zalewski du ministère de l’Éducation et de la Petite enfance.  

Pour réaliser ce projet et pour s’assurer d’enseigner les compétences de façon appropriée, les responsables ont établi un partenariat avec la Fondation des soins avancés en urgence coronarienne (ACT).  

ACT est la fondation caritative nationale qui se consacre à la mise en place d’une formation en RCR et DEA dans les écoles secondaires canadiennes, gratuite pour tous les élèves. Les enseignants sont formés pour enseigner aux élèves : comment reconnaître une urgence médicale potentiellement mortelle ; les questions de sécurité et la gestion des lieux d’urgence ; la RCR et l’utilisation d’un DEA ; et la façon d’intervenir en cas de surdose soupçonnée d’opioïdes. 

«Dans un premier temps, un enseignant par école a reçu une formation de deux jours qui le rend apte à enseigner le cours.  «Selon les écoles, ça peut prendre de cinq à six heures pour tout voir.  À la fin, les élèves sont évalués et reçoivent un certificat», précise Jonathan Zalewski. 

Les élèves de 9e année de cette année scolaire sont les premiers à recevoir la formation dans le cadre de leurs cours de sciences, de santé ou d’éducation physique.  «C’est un peu différent dans chaque école cette année parce que le cours n’est pas encore intégré dans un programme précis.  Nous sommes en train de développer un nouveau programme d’études en santé et nous pensons que les résultats d’apprentissage vont s’intégrer dedans», dit Jonathan Zalewski.  

Lui-même a suivi la formation que les enseignants ont suivie.  «Je voulais savoir en quoi cela consistait.  Je n’ai jamais eu à intervenir pour sauver une vie mais ce que je peux dire, c’est qu’après la formation, je me sentais en confiance de pouvoir utiliser un défibrillateur.  Les instructions sont très simples.  Un enfant peut les suivre, et on ne peut pas électrocuter quelqu’un ou lui faire du mal avec ça.»

Le jeune homme a même entrepris de convaincre ses parents de se procurer un défibrillateur pour la maison.  «Ils ont tous les deux eu des problèmes avec leur cœur et je leur ai dit que leur vie avait plus de valeur que les 2 000 $ (environ) que coûterait un défibrillateur.»

Intervention en cas de surdose suspectée

Jonathan Zalewski a aussi suivi la formation pour intervenir en cas de surdose d’opioïdes, ou de surdose suspectée.  «Pour ce projet, nous avons choisi les trousses NARCAN.  C’est un vaporisateur nasal qui est facile à utiliser.  Comme le défibrillateur, on ne peut pas blesser quelqu’un en lui administrant le vaporisateur, même s’il n’est pas en surdose.  Le NARCAN est plus facile à utiliser que le Nalaxone qui demande de préparer une injection.  «Le Nalaxone est plus intimidant.  Il faut préparer la seringue, mais au moins, comme on pique dans les muscles, on ne peut pas blesser quelqu’un si, par exemple, il reste une bulle d’air dans la seringue», dit le jeune homme.  Les écoles ont reçu un certain nombre de vaporisateurs nasaux NARCAN.  

Le programme de RCR et DEA au secondaire d’ACT fournit aux enseignants des ressources (comme les mannequins) pour éduquer les élèves sur la façon d’effectuer la RCR, sur l’utilisation d’un DEA, ainsi que sur la façon de reconnaître et d’intervenir en cas de surdose soupçonnée d’opioïdes. À ce jour, plus de 6 millions d’élèves ont été formés à la RCR par leurs enseignants à travers le Canada. 

«Nous sommes ravis du soutien du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et de tous nos partenaires», a déclaré Sandra Clarke, directrice générale de la Fondation ACT. «Grâce à eux, nous sommes en mesure de déployer le programme d’ACT dans les écoles de l’Île-du-Prince-Édouard, ce qui permet à tous les jeunes d’être en mesure d’apporter leurs compétences vitales aux familles actuelles et futures.» 

«Fournir aux élèves une formation en RCR et leur apprendre à utiliser un DEA (défibrillateur) les dote de compétences et de connaissances essentielles pour sauver des vies, tout en favorisant la confiance, le leadership et le sens des responsabilités. C’est le genre de compétences qu’ils peuvent acquérir dans les salles de classe de l’Île-du-Prince-Édouard et qui peuvent faire une différence réelle et durable, tant dans leur propre vie que dans celle des autres». a souligné Robin Croucher, ministre de l’Éducation et de la Petite Enfance. 

«Donner aux élèves les compétences et la confiance nécessaires pour sauver une vie renforce toute notre communauté», a déclaré le ministre de la Santé et du Mieux-être, Mark McLane.  «C’est un programme que nous sommes fiers de soutenir. Cette formation permettra non seulement de sauver des vies, mais aussi d’inspirer la prochaine génération à diriger, à soigner et peut-être même à poursuivre une carrière dans le domaine des soins de santé», a ajouté le ministre.   

 

       

PHOTOS :  

1- Le cours de RCR inclut également l’utilisation d’un défibrillateur.  «Il y en a qui sont fournis avec le cours et je vais montrer aux élèves comment les utiliser, mais je vais aussi leur montrer ceux que nous avons déjà à l’école, qui sont un peu différents.»

2- Ghislain Sonier, enseignant de sciences à l’École Évangéline, a décidé d’intégrer le cours de RCR dans son cours de sciences 9e année.  «Les élèves ont appris comment le coeur et les poumons fonctionnent et ça me paraissait un ajout idéal à ce programme», dit-il.

3- Le vaporisateur nasal NARCAN est très facile d’utilisation. 

 

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  • Date de création 10 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 10 juin, 2025
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