Le projet de loi 5 adopté sur fond de tensions à Queen’s Park

Les tensions étaient à leur comble à Toronto, mercredi, alors que le premier ministre Doug Ford a déclaré qu’il ne serait pas «judicieux» de la part des groupes de Premières Nations de bloquer des infrastructures essentielles pour s’opposer au projet de loi 5, qui a été adopté en présence de manifestants dans les galeries publiques de la Chambre.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

«Où sont vos cœurs?», ont hurlé des manifestants membres de Premières Nations à l’Assemblée législative, mercredi après-midi, au moment où les élus enregistraient leur vote pour le projet de loi 5.

L’opposition voulait vraiment empêcher, ou du moins retarder, l’adoption de ce document législatif controversé. Les différentes tactiques employées par les néo-démocrates et les libéraux n’ont pas fonctionné.

Les progressistes-conservateurs ont à nouveau profité de leur majorité pour clore le débat et adopter le projet de loi.

Ce texte législatif de grande envergure, qui fait partie du «plan pour protéger l’Ontario» du gouvernement progressiste-conservateur, vise à réduire les formalités administratives qui mettent un frein aux grands projets d’infrastructure, d’exploitation minière et de développement des ressources.

Le premier ministre Doug Ford espère notamment accélérer les opportunités d’exploitation minière du gisement du Cercle de feu, dans le nord de la province.

Pour ce faire, il veut créer des zones économiques spéciales.

Le projet de loi 5 permettrait aussi à la province de suspendre des lois provinciales ou municipales lorsqu’il est question de projets importants pour l’économie et retirerait des protections pour les espèces protégées.

Droits des Autochtones

Le plan de la province, qui porte atteinte aux droits des Autochtones, selon des dirigeants de Premières Nations, a suscité d’importantes protestations au cours des derniers jours.

Ils sont plusieurs à avoir menacé d’intensifier les manifestations si le projet de loi était adopté, notamment en bloquant des autoroutes, des voies ferrées et des mines.

«Tout est sur la table», ont répondu plusieurs chefs à la suite de l’adoption du projet de loi, lorsque questionnés à savoir si ces mesures sont imminentes.

«Cette bataille n’est pas terminée. Nous allons demander au ministre [des Affaires autochtones] Greg Rickford de démissionner», a affirmé le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler.

Le premier ministre Doug Ford a déclaré mercredi que les groupes des Premières Nations qui bloquent des infrastructures essentielles «seront traités de manière appropriée», et que ces gestes ne seraient pas «judicieux».

«On ne peut pas enfreindre la loi, c’est aussi simple que ça», a indiqué M. Ford.

Tactiques

Malgré la grande majorité du gouvernement Ford, l’adoption du projet de loi 5 n’a pas été de tout repos.

Quand il a été présenté au comité la semaine dernière, le NPD et les libéraux de l’Ontario se sont alliés pour faire obstruction et forcer une journée supplémentaire d’audiences en comité.

Cette journée supplémentaire a eu lieu mardi, lorsque les libéraux ont déposé 4000 amendements à la loi pour tenter d’empêcher la province d’apporter ses propres modifications au projet de loi.

Les libéraux espéraient ainsi forcer le gouvernement à marquer une pause, plutôt que d’adopter sa loi sans les amendements qu’il s’était engagé à apporter.

Finalement, les progressistes-conservateurs ont pu adopter seulement 14 des 26 amendements qu’ils proposaient.

«C’est dommage que [les partis d’opposition] veuillent faire de la politique et essayer de faire traîner les choses en longueur pour nous empêcher de proposer des amendements. Mais je peux vous assurer que nous aurons le devoir de consulter les communautés autochtones de l’Ontario et que nous respecterons les droits issus de traités», a promis le premier ministre Ford.

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Photos:

-Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, demande au ministre des Affaires autochtones de l'Ontario, Greg Rickford, de démissionner. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)

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  • Date de création 5 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 5 juin, 2025
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