Prendre soin des poussineaux et des poussinettes… en français !

Une cohorte de 27 étudiantes et étudiants vient de terminer fin mars une formation en petite enfance, 100% en français, taillée sur mesure pour celles et ceux qui souhaitent travailler avec les tout-petits, mais ne savent pas toujours par où commencer.

André Magny
IJL – Réseau.Presse – Le Gaboteur

Naomie Evina Mfou’ou habite Happy Goose Bay depuis deux ans. Elle travaillait déjà dans le monde de l’éducation au moment où elle a commencé cette formation de dix semaines, à raison de deux heures hebdomadaires.

Bien qu’elle-même maman et enseignante à l’École Boréale, elle tenait à mieux «comprendre la transition entre la petite enfance et la maternelle: comment les enfants se comportent, quelles sont les attentes, quels sont leurs besoins.»

De cette expérience de dix semaines, l’enseignante d’origine camerounaise se dit «émerveillée» par l’élaboration du programme, la structure des cours et les échanges avec les autres participants. Elle est très consciente qu’il n’est pas toujours aisé de travailler en français avec des enfants dont les parents ont parfois oublié leur langue maternelle. Néanmoins, elle se dit largement satisfaite de son expérience.

De quoi réjouir April Picco, coordonnatrice des services à la petite enfance et aux familles au sein de la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FPFTNL), l’organisme derrière cette formation encore toute jeune.

Rendue possible grâce au financement d’Emploi et Développement social Canada (EDSC) et au soutien de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), cette formation permet d’avoir, selon April Picco, des «éducatrices et éducateurs qualifiés pour assurer un accueil de qualité aux enfants d’expression française.»

Une formation axée sur la collaboration

Projet qui n’existait pas il y a à peine trois ans, c’est à Janice Gallant, enseignante des programmes d'Éducateur·trice de la petite enfance au Collège de l’Île, à l’Île-du-Prince-Édouard, qu’on a confié la responsabilité de mener à terme ces dix semaines d’apprentissage.

Conçue avec l’aide de spécialistes, la formation a pour objectif de revitaliser l'éducation de la petite enfance, que ce soit auprès des personnes qui travaillent déjà dans le monde de l’éducation, comme Naomie Evina Mfou’ou ou pour celles qui ont besoin d’avoir un avant-goût d’un emploi dans ce domaine.

Pour Janice Gallant, il ne fait pas de doute que ces semaines d’apprentissage doivent tenir compte que les éducateurs et éducatrices évoluent dans un contexte minoritaire. Les modules proposés permettent d’avoir des réflexions sur la langue française et l'éducation, de prendre conscience qu’il n’est pas toujours aisé d’avoir sous la main tout le matériel pédagogique en français comme ça pourrait être le cas au Québec, comme l’explique madame Gallant, en pensant à son expérience passée au sein de l’Université de Sherbrooke.

C’est peut-être pour ça que, parmi les travaux obligatoires, outre les lectures à faire à la maison, les étudiants doivent créer un livre de chansons en français. La production de cette ressource permet de développer ainsi le travail collaboratif et de promouvoir l’apprentissage du français, tout en abordant l’histoire de la francophonie à Terre-Neuve-et-Labrador.

Formation à distance

Pour Naomie, cela a représenté «le seul bémol» de sa formation que d’avoir des cours à distance. «Ce n’est pas comme si on touchait à la vraie vie quand on a des cours en ligne.» Janice Gallant précise de son côté que ce n’est pas parce que le cours est à distance qu’il faut se laisser aller!

Le processus d'évaluation prend en compte divers aspects, comme la qualité du travail effectué, incluant les devoirs, les projets collaboratifs et le professionnalisme. Par professionnalisme, Janice Gallant entend la présence aux cours et une tenue appropriée, même à domicile. Pour l’enseignante, il ne fait pas de doute que «l'évaluation du travail permet de constater les réussites et encourage l'implication.»

Pour les 27 étudiants et étudiantes, comme le soulignait le communiqué émis par la FPFTNL au lendemain de la fin de la formation: «Certains vont poursuivre leurs études, d’autres chercher un emploi dès demain ou encore approfondir leurs connaissances. Mais une chose est sûre: ils savent maintenant pourquoi ils veulent être là. Et ils sont prêts.»

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Photo 1: Janice Gallant

Photo: Courtoisie

Caption: Janice Gallant, spécialiste de l’éducation à la petite enfance, a été responsable de dispenser les cours proposés par la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve et du Labrador.

 

Photo 2: Naomie Evina

Photo: Courtoisie

Caption: Naomie Evina Mfou’ou était l’une des deux étudiantes d’Happy Goose Bay à suivre la formation en éducation de la petite enfance.

 

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 21 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 5 juin, 2025
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