Une solution au-delà des frontières

En juillet dernier, SNAP Québec a proposé de partager les responsabilités d’une aire protégée sur la frontière du Labrador avec le gouvernement de cette province et le gouvernement fédéral. Collaboration ou supposition? Qui en serait responsable?

Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur

 

En juillet dernier, la Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP Québec) a annoncé qu'elle avait soumis une proposition d'aire protégée couvrant la région du Labrador au nord du 53e parallèle.

 

Cette région correspond au territoire que certaines entités québécoises et certains partis politiques populistes revendiquent comme faisant partie de la Belle Province, mais il y a près de 100 ans, un décret du comité judiciaire du Conseil privé de Londres a fixé la frontière telle que nous la connaissons aujourd'hui.

 

Ce projet aurait pour but d'aider à atteindre la cible de 30% d'aires protégées dans le pays d'ici 2030, explique Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec, dans un communiqué de presse. La région proposée couvrait 29 000 km2. Au niveau national, ce projet permettrait d'augmenter les aires protégées du Canada d'environ 0,3%, celles de Terre-Neuve-et-Labrador de 7,1% et celles du Québec de 1,9%. «Il s'agirait d'une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties», indique le communiqué de presse, citant les bénéfices pour les populations innues voisines ainsi que pour le caribou et le saumon.

 

À Terre-Neuve-et-Labrador, environ 7% des aires sont actuellement protégées. Selon le site web du ministre de l'Environnement et du Changement climatique, des réserves écologiques sont en développement pour, par exemple, Indian Arm Brook au centre de l'île, Ripple Pond et Halls Gullies sur la péninsule d'Avalon, ainsi que Conne River et Facheaux Bay sur la côte sud de l'île. 

 

TNL exclu de la conception du projet

 

Cependant, quand Le Gaboteur a demandé au ministre de l’Environnement et du Changement climatique si le gouvernement provincial s’intéresserait à une telle collaboration l’été dernier, l’agente de communications, Debbie Marnell, a confirmé par courriel que «Terre-Neuve-et-Labrador n'est pas au courant de cet enjeu».

 

Valérie Courtois, cofondatrice et directrice générale de l'Initiative de leadership autochtone, travaille en étroite collaboration avec les responsables d'aires protégées, comme la Réserve de parc national Akami-Uapishk-KakKasuak-Monts-Mealy.

 

Dans son rôle, elle milite pour le programme de gardiens autochtones, qui veillent, recherchent et rapportent sur l'environnement. Basée à Happy Valley-Goose Bay, elle a pour mission de renforcer la voix des Autochtones en matière de développement, par exemple, et dénonce l'organisation lointaine, basée à Montréal, qui semble se croire responsable de la gestion de cet environnement au nord du 53e parallèle. «Voyons donc, c'est chez nous, ça - c'est qui la SNAP à partir de Montréal de dire ça, t'sais?», se demande la fière Innue qui a jeté l’ancre au Labrador il y a une vingtaine d’années.

 

«Les communautés [autochtones] devraient avoir la chance de prendre premièrement la décision la plus informée possible et deuxièmement pouvoir faire partie du design - du futur territorial devant nous», résume-t-elle.

 

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Photo: carte_aire_protegee_proposee_SNAP_Cote-Nord_petite

Photo: SNAP Québec

Caption: La proposition d'aire protégée que la SNAP Québec a soumise en juillet dernier.

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  • Date de création 5 mai, 2025
  • Dernière mise à jour 5 juin, 2025
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