Un pas de plus vers la mobilité durable (partie 1)
Bird Canada, une entreprise de partage de trottinettes et de vélos électriques, épingle un nouvel emplacement sur sa carte. Halifax bénéficie, depuis le 15 mai, de centaines de trottinettes et bicyclettes, en espérant promouvoir le recours à la micromobilité sur son territoire.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Le projet pilote de micromobilité a fait l'objet d'une évaluation approfondie dans le cadre d'un appel d'offres que la municipalité régionale d’Halifax (MRH) a lancé avant de délivrer une licence.
+++Encadré+++
La micromobilité, considérée comme un type de mobilité durable, englobe les modes de déplacement urbain légers. Elle encourage les résidents d’un milieu à renoncer à leur voiture, tant pour le «premier et dernier kilomètre» d’un trajet que pour tous déplacements de courte durée, souvent ceux de moins de 10 kilomètres.
Selon les informations de Bird Canada, le trajet moyen de leurs usagers est de deux kilomètres et demi, et, dans une ville comme Ottawa, la connectivité aux transports en commun est de 35 %, c’est-à-dire que plus d’un tiers des utilisateurs ont également recours au train ou à l’autobus, lors ils combinent leur trajet avec l’utilisation de l’un de leurs véhicules.
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Ce fut possible grâce à l’approbation d’un règlement municipal, qui régit l'exploitation des trottinettes électriques et de la micromobilité, qui comprend le recours aux vélos électriques. Le règlement stipule notamment que les trottinettes doivent être en circulation sur les routes dont la vitesse est limitée à 50 kilomètres par heure ou moins.
La municipalité souhaitait s'assurer que l'entreprise partenaire réponde à toutes les exigences, pour que le programme soit géré correctement, tout en restant fidèle à certains objectifs municipaux, tels que de donner suite à une étude de faisabilité sur les vélos partagés dans la MRH, qui est l'action 88 du Plan municipal de mobilité intégré.
L'accent a été mis sur l'utilisation de la technologie pour assurer une bonne gestion du programme. «Il s'agit par exemple d'une technologie de stationnement qui permet de s'assurer que les appareils sont laissés dans les endroits appropriés et non au milieu du trottoir», explique Austin Spademan, directeur général adjoint de Bird Canada.
Plus de choix
Andrew Sedor, qui est le responsable de l’initiative de mobilité à Calgary, gère un programme similaire en Alberta. Au lieu d’un seul permis, la Ville en a accordé deux aux entreprises Bird Canada et Neuron.
Le conseil municipal de Calgary a rédigé un avis de motion en 2018 pour demander à l'administration d'explorer les options de partage de vélos sur son territoire. Ils ont mené un projet pilote de deux ans, la première année avec des vélos et la seconde avec des trottinettes.
Un rapport a été présenté au conseil en décembre 2020 avec les avantages et les inconvénients du programme, le plus commun étant que «les usagers ne partagent pas équitablement le trottoir ou le sentier et ne respectent pas les règles de stationnement et de sécurité», selon une enquête publique.
La Ville a dû intervenir pour pallier le problème. Par exemple, elle a limité l’offre à 750 appareils par fournisseur, afin d'éviter les mauvais stationnements, et a ajouté des espaces de stationnement, pour limiter les encombrements de véhicules.
La grande qualité de la micromobilité, selon M. Sedor, c'est le choix. « Il y a deux ans, on a lancé un projet pilote dans le cadre du programme, qui consistait à proposer des trajets gratuits depuis et vers certaines stations de transport en commun avec des trottinettes et des vélos électriques. Ainsi, si tu avais manqué ton autobus, tu avais la possibilité de prendre une trottinette ou un vélo électrique.»
«On comprend parfaitement que ça ne conviendra pas à tout le monde, mais ça offre un choix à certaines personnes. Et on a plus d'un million de trajets par an, donc, les gens l'utilisent.»
Vision écoresponsable
Pour mettre en œuvre le programme, la MRH avait aussi en tête l’atteinte de l'objectif 5.2.3 d'HalifACT (le plan d’action climatique pour Halifax), qui traite de la décarbonisation du réseau de transport.
Aussi, l’une des cibles de ce plan comprend que, d’ici 2030, 100 % des ventes de nouveaux véhicules soient électroniques.
«En développant les réseaux de transport en commun et de transport actif, un plus grand nombre de membres de la communauté pourront choisir des méthodes de transport à faible émission de carbone, ce qui réduira les embouteillages, améliorera la qualité de l'air et la santé physique et mentale des résidents», peut-on lire dans le plan.
Le Courrier a contacté la MRH pour faire un entretien avec la personne responsable du projet pilote. L’équipe de communications a répondu que les demandes d’information à ce sujet doivent être dirigées vers Bird Canada.
Pas seulement pour les touristes
Un mythe qu’Austin Spademan veut déconstruire est que les services de micromobilité, comme celui de Bird Canada, ne sont pas seulement destinés aux touristes. Au contraire, au dire du directeur général adjoint, les touristes constituent leur plus petit groupe d'utilisateurs.
Une récente étude de la compagnie a démontré que 86 % des cyclistes et conducteurs de la région ciblée étaient des locaux. «Cela a complètement dissipé l'idée qu’on est un dispositif réservé aux touristes. On est pour les locaux, pour les navetteurs et, en fait, notre cycliste moyen a plus de 30 ans», affirme-t-il.
Pour avoir accès à un appareil, il faut d'abord télécharger l’application et ensuite payer 1 $ de frais de déverrouillage. Le cout est de 0,35 $ par minute en trottinette, 0,29 $ la minute en vélo.
Des forfaits sont disponibles pour les personnes qui veulent plus de flexibilité, un accès illimité pendant soit 30, 60 ou 120 minutes.
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 5 juin, 2025
- Dernière mise à jour 4 juin, 2025