Des vendredis pédagogiques pour l’ensemble des écoles du Nord-Ouest

Le District scolaire francophone du Nord-Ouest a décidé d’étendre dès la prochaine rentrée le concept des vendredis pédagogiques hebdomadaires à l’ensemble des écoles sur son territoire.

_______________________

Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Selon le district, cette décision fait suite d’un projet-pilote qui a été déployé dans trois établissements scolaires du Restigouche-Ouest, soit l’École Mgr-Martin et la Polyvalente A.-J. Savoie de Saint-Quentin, ainsi que l’École Marie-Gaétane de Kedgwick.

Les directions de ces écoles ont dressé un bilan positif de cette initiative en indiquant notamment que ce temps alloué toutes les semaines a permis au personnel d’accroître la fréquence de leurs rencontres destinées à développer des stratégies pour améliorer l’enseignement et l’aide apportée aux élèves. Elle avait aussi permis de réduire le taux d’absentéisme lors des autres journées de la semaine.

«On a eu des résultats très concluants dans cette région, que ce soit au niveau de l’impact sur nos élèves et nos enseignants, ou des commentaires positifs dans la communauté», a soutenu le directeur général du DSFNO, Luc Caron.

«Par exemple, dans nos dernières évaluations provinciales en lecture 3e année, 100% des élèves de l’École Mgr-Martin ont réussi leur évaluation, ce qui représente un gain important par rapport à l’année précédente. On a noté des améliorations similaires à l’École Marie-Gaétane.»

Au fil des rencontres avec les directions des autres écoles de la région et les présidences des comités parentaux d’appui à l’école, M. Caron a jugé que l’engouement pour ce projet pilote était assez important pour prendre la décision de l’étendre dans les 18 écoles du DSFNO.

L’an dernier, le district avait tenté de lancer le projet-pilote dans l’ensemble de ses écoles. Cependant, pour respecter la convention collective des enseignants en ce qui concerne le temps d’enseignement prescrit par semaine, il devait obtenir l’approbation de 100% des enseignants au sein d’une même école.

Au Nord-Ouest, 83% des enseignants étaient en faveur. Le seul secteur du DSFNO ayant reçu l’unanimité a été le Restigouche-Ouest qui a finalement été choisi pour permettre le déploiement de ce projet-pilote.

Cette fois-ci, le district scolaire n’a pas eu besoin de faire voter ses enseignants, puisqu’il a été en mesure de trouver du temps d’enseignement supplémentaire du lundi au jeudi afin de libérer du temps les vendredis après-midi.

«On a vu que l’on pouvait être beaucoup plus efficace qu’on le pensait avec notre horaire quotidien. On a analysé les horaires de nos écoles et on s’est aperçu que l’on pouvait faire mieux au niveau des temps de pause, des pertes de temps entre le son de la cloche et le début des classes, des pertes de temps dans la transition entre les cours, etc.»

«On a été capable de travailler étroitement avec nos écoles pour minimiser ces pertes de temps à l’intérieur de la journée pour offrir plus de temps d’enseignement.»

Selon M. Caron, il était primordial de mettre l’accent sur l’enseignement afin de favoriser la réussite des élèves. Il croit que la mise en place des vendredis pédagogiques servira à offrir des heures supplémentaires aux enseignants afin qu’ils puissent discuter entre eux, échanger certaines pratiques gagnantes ou obtenir plus d’occasions de perfectionnement.

«Aujourd’hui, on ne peut plus former notre monde comme on le faisait autrefois. Il y a 10 ou 15 ans, on pouvait facilement sortir une trentaine d’enseignants de la salle de classe et les remplacer par des suppléants, afin de les former davantage.»

«En 2025, la rareté de la ressource humaine fait en sorte que l’on a de la misère à en sortir cinq. On ne veut pas avoir à fermer des classes pour former nos employés.»

Un projet pilote

Mis à part ses trois écoles du Restigouche, le directeur du DSFNO rappelle qu’il s’agit d’un projet pilote. Il a reconnu que, bien qu’elle soit majoritairement acceptée par les enseignants, l’initiative n’a pas obtenu la faveur de tout le monde.

«On fait comme au Restigouche. On va évaluer les retombées pour le reste de nos écoles l’an prochain. Si on voit de belles choses, il est fort possible que l’on continue. S’il y a des choses à ajuster, ce sera le temps de le faire.»

Un exercice similaire a été réalisé pour les écoles du District scolaire du Nord-Est alors que la quasi-totalité des vendredis a été désignée comme journée pédagogique. Au primaire, cela se traduit par des congés pour les enfants l’après-midi, alors qu’au secondaire, la moitié des vendredis du calendrier sont des congés pour les élèves.

Selon la présidente de l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Stéphanie Babineau, n’importe quelle initiative permettant aux enseignants de se réunir et de collaborer pour le bien des élèves est bien accueillie par l’organisme.

«C’est quelque chose qui va potentiellement changer la manière dont le personnel enseignant sera en mesure de planifier l’accompagnement des élèves. Ils pourront mieux revenir sur leurs approches afin de mieux cibler des stratégies pour répondre aux besoins de nos élèves.»

Tout comme le directeur général du DSFNO, Mme Babineau, qui a fait une tournée des écoles du Nord-Ouest au début du mois mai, juge que la majorité des directions d’école étaient heureuses de se joindre à ce projet-pilote.

«Ça va demander des modifications au niveau de la logistique, mais les directions ont espoir que ce temps permettra aux pédagogues de collaborer pour mieux accompagner les élèves.»

Stéphanie Babineau croit qu’un projet de la sorte pourrait être utilisé pour favoriser le recrutement des futurs enseignants.

 

 

-30-

Photo : ----

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 2 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 2 juin, 2025
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article