Le Maine en mode séduction pour reconquérir les touristes canadiens
Le Maine a récemment entrepris une campagne de séduction afin d’apprivoiser de nouveau les voyageurs canadiens qui ont choisi de délaisser les États-Unis cette année.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
La gouverneure de l’État, Janet Mills, a exprimé, la semaine dernière, son souhait de réparer les dégâts causés par le gouvernement de Donald Trump. Celui-ci a soulevé les passions au Canada, au cours des derniers mois, avec sa guerre commerciale et son désir de faire du Canada le 51e État des États-Unis.
Mme Mills et des responsables du développement économique et touristique de l’État ont rencontré des chefs d’entreprise en prévision de la saison estivale au Maine et d’une réunion avec les premiers ministres canadiens qui se tiendra le mois prochain à Boston.
La gouverneure Mills a également dévoilé de nouveaux panneaux qui seront installés à divers endroits de l’État du Maine pour accueillir les visiteurs canadiens dans le Maine.
Les panneaux, sur lesquels sont affichés les mots Bienvenue, Canadiens! ou Welcome, Canadians!, seront installés près des postes frontaliers du Maine avec le Canada et à d’autres endroits de l’État. D’autres versions des panneaux seront également mises à la disposition des entreprises du Maine pour qu’elles puissent les utiliser pendant la saison touristique.
«Le Maine et le Canada partagent des liens culturels, économiques et familiaux profonds. Alors qu’une politique fédérale incertaine et des mots durs à l’égard du Canada mettent à l’épreuve ces liens, nous voulons que nos amis canadiens sachent qu’ils sont toujours les bienvenus dans le Maine. Un panneau ne peut pas empêcher les politiques ou les discours néfastes venant de Washington, mais il peut envoyer un message simple et puissant: ici, dans le Maine, nous apprécions nos voisins, nous les traiterons toujours avec respect et nous les accueillerons chaleureusement dans notre État», a déclaré Janet Mills.
Des panneaux seront notamment installés dans des communautés à la frontière avec le Nouveau-Brunswick. Cela comprend Fort Kent, Madawaska, Van Buren, Fort Fairfield, Hamlin, Houlton, et Calais.
Certains de ces panneaux ont déjà été installés, alors que d’autres le seront au cours des prochaines semaines.
«La semaine dernière, nous avons présenté les panneaux à une petite partie des entreprises. Les 12 entreprises auxquelles nous avons offert des enseignes les ont acceptées et attendent avec impatience d’en recevoir d’autres. Je pense qu’une fois que nous les aurons officiellement déployés, nous aurons beaucoup d’adeptes», a mentionné Maureen Terry, responsable de communications du secteur du développement économique et communautaire du Maine.
Selon Mme Terry, le Canada est un élément essentiel du marché touristique du Maine.
«Nous sommes conscients des inquiétudes que certains de nos amis canadiens peuvent éprouver à l’idée de voyager aux États-Unis en ce moment. Les responsables du tourisme du Maine restent déterminés à entretenir nos relations transfrontalières à long terme. Il s’agit d’un message qui a été récemment partagé lors des salons Outdoor Adventure Shows à Toronto, Montréal et Ottawa.»
Selon Maureen Terry, quelque 5% des touristes qui visitent le Maine proviennent du Canada.
En 2024, environ 800 000 visiteurs canadiens y ont dépensé près 500 millions$, selon l’Office du tourisme du Maine.
«Certaines régions ont un pourcentage plus élevé que d’autres, mais nous espérons toujours que nos voisins canadiens recevront le message que nous les aimons et que nous les accueillerons lorsqu’ils décideront de revenir dans le Maine.»
Un déclin inévitable
À l’approche de la saison estivale, il est pratiquement déjà acquis que moins de touristes du Canada choisiront les États-Unis comme destination de vacances.
En avril, le nombre de voyageurs canadiens traversant la frontière canado-américaine a encore connu une importante diminution.
Selon les données des services frontaliers américains pour le mois d’avril 2025, 73 000 personnes de moins ont traversé – par voie terrestre – l’un des postes frontaliers séparant le Nouveau-Brunswick de l’État du Maine par rapport à l’année précédente. Cela représente une diminution de près de 40%.
Par rapport au mois de mars, ce sont 13 000 personnes de moins qui ont franchi un poste frontalier américain à partir du Nouveau-Brunswick.
Selon Statistique Canada, le nombre de voyages de retour des États-Unis effectués par des résidents canadiens par voie aérienne a diminué de 20% en avril 2025 par rapport au même mois en 2024. Le nombre de voyages de retour effectués par des résidents canadiens à bord d’une automobile a diminué de 35%, affichant une quatrième baisse mensuelle consécutive d’une année à l’autre.
Le nombre d’arrivées de résidents des États-Unis au Canada par voie aérienne a diminué de 5,5% par rapport au même mois en 2024, tandis que le nombre d’arrivées à bord d’une automobile a reculé de 10,7%.
Une chance à saisir
Alors que le Maine tente d’atténuer le ressentiment des Canadiens, le secteur touristique du Nouveau-Brunswick et des régions frontalières comme le Nord-Ouest tentent évidemment de profiter du contexte actuel pour faire le plein de visiteurs pendant l’été.
La directrice générale de l’Office du tourisme Edmundston-Madawaska (OTEM), Joanne Bérubé-Gagné, confirme que la région a accentué ses efforts pour attirer des touristes des États-Unis et des Canadiens qui ont choisi, en grand nombre selon elle, de passer leurs vacances au pays.
Selon Mme Bérubé-Gagné, la région du Nord-Ouest a toujours tenté de solliciter l’intérêt des touristes du Maine. On a toutefois décidé d’aller un peu plus loin dans la région de la Nouvelle-Angleterre.
«On s’est rendus jusque dans les coins de New York et de Boston, alors ça comprend tous les États de la Nouvelle-Angleterre. On a développé un message pour leur dire qu’ils sont les bienvenus chez nous et qu’on les attend cet été. On a aussi des festivals qui ciblent cette clientèle-là.»
«Dans le contexte actuel, on a aussi maximisé nos efforts du côté de l’Ontario et du Québec, pour inciter ceux qui ne vont plus aux États-Unis à venir dans nos régions. On a eu des échos que beaucoup de gens comptaient visiter les Maritimes, alors comme notre région est à la porte d’entrée, on souhaite en intercepter davantage pour qu’ils passent au moins une ou deux nuits chez nous.»
Selon Mme Bérubé-Gagné, le message envers les touristes américains a été repris dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick, que ce soit les régions limitrophes ou à travers des organismes comme l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick.
«C’est surtout une campagne sur le web, mais il y a des publicités à la radio aussi. On a des messages ciblés pour dire aux gens qu’ils sont les bienvenus chez nous et qu’on ne mêle pas le tourisme à la politique.»
Pour la directrice générale de l’OTEM, il semble y avoir moins d’amertume de la part des Américains, ce qui fait en sorte qu’ils sont encore nombreux à se rendre au Canada. La valeur du dollar américain au Canada peut aussi être une raison.
Dans la Municipalité régionale de Grand-Sault, on tente également de séduire de potentiels touristes du Maine. Pour la première fois, une campagne de promotion touristique a été menée dans la région de Bangor et de ses environs.
Selon le maire Bertrand Beaulieu, des publicités ont été utilisées dans les journaux et à la radio afin de faire la promotion des attraits touristiques que la municipalité a à offrir.
«On va promouvoir des choses comme nos chutes, nos terrains de camping et nos autres attractions.»
De plus, Grand-Sault participe, avec la province du Nouveau-Brunswick et la Commission des services régionaux du Nord-Ouest, à des campagnes ciblées à l’échelle canadienne.
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Photo : La gouverneure de l’État du Maine, Janet Mills. - Gracieuseté
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 2 juin, 2025
- Dernière mise à jour 2 juin, 2025