Battre les Américains à leur propre jeu
L'imposition de tarifs américains sur les importations canadiennes a amené le gouvernement canadien à imposer à son tour, des frais douaniers sur certaines importations de nos voisins du sud, dont notamment l’alcool. En fait, les régies de l’Ontario et du Québec ont même carrément retiré ces produits de leurs tablettes. Heureusement pour les amateurs, il existe des alternatives.
Jean-Marc Dufresne
IJL – Réseau.Presse – Agricom
North of 7 Distillery a pignon sur rue, boulevard Saint-Laurent à Ottawa, depuis 14 ans. Le fondateur Greg Lipin possède une entreprise d’escalade connexe à la boutique. C’est d’ailleurs son principal revenu, son travail. La production de Whisky, elle, est une passion.
Mais attention, il ne fait pas de scotch: ce qu’il offre, c’est du bourbon (whisky américain) fait à 100% d’orge maltée.
Un vide à combler
« Ces temps-ci, nous vendons une tonne de bourbon traditionnel de Nashville à cause de la pénurie de produits américains sur les tablettes. Nous mettons en bouteille en ce moment même du whisky de 8 ans et demi », dit-il fièrement.
Et ses efforts portent fruits: un chroniqueur du nom de Jason Hambley, qui rédige pour un magazine de l’industrie, dirige un club d’amateurs qui se réunissent chaque automne. « Ils viennent et ils essaient un tas de barils. Ils en choisissent un et nous le faisons à la force du baril spécialement pour eux », ajoute-t-il. Pas mal pour un homme qui dit avoir appris sur le tas sans avoir fait d’études; il a toutefois pu compter sur l’aide de consultants à ses débuts.
Encore la LCBO
Tout comme les producteurs de vin artisanal qui déploraient dans nos pages le manque d’accès aux tablettes de la LCBO, M. Lipin revendique lui aussi de voir son produit sur les tablettes de la société d’État. Mais la partie est loin d’être gagnée, selon lui.
« La LCBO prend une commission immense sur ces alcools, ce qui ne convient pas aux petits distillateurs. Par contre, le gouvernement ontarien a beaucoup assoupli les règles pour qu’on puisse vendre directement aux consommateurs, chez eux ou dans des marchés publics. Le gouvernement fait 6 milliards de dollars l’an dernier, donc il ne veut pas changer les choses rapidement. Si les barrières interprovinciales tombent partout au pays, ça va nous placer au même niveau que la compétition. »
Une revendication à laquelle fait d’ailleurs écho le propriétaire des Vergers Villeneuve. Selon Michel Villeneuve, les produits artisanaux se retrouvent peu ou pas dans l’offre de la LCBO parce que le taux exigé est trop élevé.
« Je souhaiterais vendre mes bouteilles au LCBO, mais le gouvernement a le monopole. Il y a plusieurs lois et cela devient compliqué pour les particuliers. La LCBO monte le prix des bouteilles pour que soit rentable pour eux, mais ils ne pensent pas au client », déplore-t-il.
Une situation qui le met en colère: « Bien sûr, je suis fâché. Plusieurs de nos clients nous demandent si nos vins se vendent au LCBO. Je trouve ça plate que le gouvernement n'ait pas d’entente pour les particuliers. »
Selon lui, la situation n’est pas meilleure au Québec, où la SAQ vend à 10$ les bouteilles qu’il vend lui-même à 22$. « Je ne fais aucun profit sur la vente de mes bouteilles. Moi, je m’occupe de récolter les raisins, faire le vin et l’embouteiller, puis eux ils décident de vendre mes bouteilles à 10$. Ça n'a pas de sens! »
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Légende photo 1 : Greg Lipin est fier d'offrir une alternative aux amateurs de bourbon américain.
Légende photo 2 : Une rangée de bouteilles vides qui attendent leur précieux nectar.
Légende photo 3 : Michel Villeneuve déplore que les produits de sa distillerie ne trouvent pas leur place à la LCBO.
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- Date de création 7 mai, 2025
- Dernière mise à jour 12 mai, 2025