Un peu plus d’espoir avec Hope Air
L’équipe de Hope Air, un organisme qui fournit des services de voyage gratuit pour les Canadiens en milieu rural et isolé en besoin de traitements médicaux, veut se faire mieux connaitre pour élargir son réseau.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Dans le rapport d'impact 2023 de Hope Air, l'organisation caritative indique que le nombre de demandes d’arrangement de voyage a plus que doublé entre 2022 et 2023, allant de 10 251 à 24 988, avec une croissance significative dans le Canada atlantique.
Il s'agit d'une indication de l'évolution du cout de la vie, qui a une influence sur la capacité des gens à accéder aux soins de santé, avec les déplacements advenus, selon Jaclyn Sullivan, directrice de Hope Air pour le Canada atlantique.
«Lorsqu'un patient ou une famille découvre qu'il doit avoir accès à des soins médicaux spécialisés en dehors de sa communauté d'origine, il s'agit souvent d'un déplacement hors de la province», précise-t-elle.
Le revenu moyen d'un patient de Hope Air se situe généralement entre 35 et 40 000 dollars par an, soutient Mme Sullivan, et ces individus prévoient rarement dans leur budget annuel des frais de déplacement pour rencontrer des spécialistes. «Il s'agit de milliers de dollars que la plupart de ces familles n'ont pas sous la main.»
Carol Miller, coordinatrice de la pratique professionnelle pour le travail social de la Pratique et de l'apprentissage interprofessionnel, dans la zone centrale, abonde dans le même sens.
L’une des plus grandes lacunes ou difficultés rencontrées par les Néoécossais à faible revenu ou vivant en milieu rural pour accéder aux soins spécialisés dans la zone centrale inclut le manque d’option de transport en commun et l’argent.
«Nous disposons d'une aide au revenu, informe la coordinatrice, qui fournit une aide au transport médical en Nouvelle-Écosse, mais le seuil de revenu est assez bas, de sorte qu'il y a beaucoup de personnes qui ne répondent pas aux critères de ce programme, et qui doivent alors essayer de couvrir le cout de leur transport par leurs propres moyens.»
L’année dernière, la Nouvelle-Écosse comptait pour plus de 11 % des déplacements de Hope Air. Jusqu’à maintenant, il y a eu 241 arrangements de voyage dans 13 communautés de cette province.
Selon Hope Air, leur charité permet de réduire l’angoisse liée à la planification des déplacements. Elle affirme que 93 % de leur clientèle a déclaré avoir réduit leur stress grâce au soutien de la charité.
Jasmine Coulombe de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, est mère d’un enfant qui a dû voyager avec son enfant pour des soins cardiaques (syndrome d'hypoplasie du cœur gauche).
Elle a découvert Hope Air à travers le centre médical IWK, lorsqu'elle a réalisé qu'il faudra se rendre à Toronto SickKids régulièrement. Leur travailleuse sociale a même fait la demande pour la famille.
«Cela enlève beaucoup de pression», confie-t-elle, car la famille n’avait pas à se préoccuper du côté administratif et financier des déplacements. «Tu peux vraiment te concentrer sur ton enfant, ce qui vaut tout l’or du monde.»
Mme Sullivan fait remarquer que certains traitements, notamment avec des chirurgiens spécialistes qui doivent effectuer la procédure régulièrement, pour garantir un bon résultat, ne sont disponibles que dans de grands centres.
«Lorsqu'ils voient un plus grand nombre de ces types de patients, ils deviennent bien meilleurs dans le traitement, renchérit Mme Coulombe. C'est pourquoi nous étions d'accord pour aller à Toronto parce que, lorsque tu concentres des cas aussi rares dans une institution, ils deviennent vraiment très bons dans la façon dont ils traitent ces cas.»
La réalité de vivre dans un pays aussi grand, avec une population aussi petite pour son territoire, c’est que la distance entre les régions crée des barrières à l’accessibilité. Voilà le problème, selon Hope Air.
C’est le cas pour l’enfant à Mme Coulombe, car, même dans la région de Saint-Jean, il n’y a pas de spécialistes. Le cardiologue pédiatrique le plus proche se trouve à Halifax. «C'est donc toujours un obstacle.»
Depuis plus de deux décennies, Hope Air collabore avec des établissements hospitaliers d'Halifax, comme le centre de santé IWK, le centre QEII Health Sciences et l’hôpital général Victoria, avec plus de 5 100 déplacements pour ces Canadiens en région rurale nécessitant des soins à Halifax.
Mme Sullivan était justement à Halifax en mi-avril pour une rencontre avec l’équipe de travail sociale de IWK afin de renforcer la relation entre l’hôpital et l’organisme.
L’objectif est d'accorder une grande importance à la sensibilisation à ses services dans la région atlantique. Mais pour ce faire, il faut plus de financement, afin de répondre à la hausse de la demande.
«Comme nous avons vu doubler l'utilisation de nos services en Nouvelle-Écosse en si peu de temps, il s'agit de s'assurer que nous disposons d'un financement durable pour répondre à cette demande croissante [...] la dernière chose que nous souhaitons, c’est de devoir refuser un patient», dit Mme Sullivan.
Afin d’identifier et de soutenir les patients des zones rurales ou éloignées qui peuvent être confrontées à des obstacles financiers ou logistiques, le travail de Santé Nouvelle-Écosse se fait, entre autres, à travers les cliniques médicales, la télémédecine et les consultations des travailleurs sociaux, plus précisément grâce aux rendez-vous de préadmission ou de postdécharge.
«Nous recevons des consultations de la part d'autres membres de l'équipe de soins de santé, qui ont identifié cela dans le cadre de leurs soins aux patients», explique Mme Miller.
La liste des conditions d'admissibilité, qui comprend les besoins financiers particuliers et un rendez-vous médical confirmé qui a déjà été fixé et qui est couvert par le régime d'assurance provincial, est disponible sur le site Internet de Hope Air.
- Nombre de fichiers 5
- Date de création 12 mai, 2025
- Dernière mise à jour 8 mai, 2025