Les candidats conservateurs étaient les grands absents des débats à CJSE

Radio Beauséjour a organisé deux débats à l’antenne de CJSE pour permettre aux candidats de présenter leur vision. Les candidats conservateurs n’ont pas répondu à l’invitation de Jason Ouellette. Ginette Petitpas Taylor et Dominic LeBlanc seront-ils réélus sur un plateau ?

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Damien Dauphin

IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien

  

Selon un vieux dicton populaire, les absents ont toujours tort. Dans le cas présent, ils ont raté une belle occasion de rejoindre d’un coup des milliers d’électeurs potentiels.

Beauséjour est un bastion libéral qui a élu Dominic LeBlanc huit fois de suite depuis l’an 2000, y compris en 2019 lorsque sa santé ne tenait qu’à un fil en raison d’un cancer du sang. Jusqu’ici, il a toujours débattu avec les autres candidats. Cette année, c’est la première fois qu’il « gagne » par abandon, ce qu’il a déploré pour la démocratie.

«Je trouve ça dommage. S’il y a une élection et un seul candidat comme en Irak à un moment donné, ce n’est pas une élection», a-t-il regretté au début de l’émission.

Deux jours après la candidate conservatrice dans Beauséjour, Nathalie Vautour, c’est le porte-étendard des Bleus dans Moncton-Dieppe, Jocelyn Dionne, qui a esquivé cet exercice oral. Pourtant, le candidat néodémocrate, Serge Landry, pour qui les probabilités de se faire élire semblent bien minces, a daigné livrer son message en ondes.

Pourtant, Radio Beauséjour n’avait exclu personne. Ce sont les absents eux-mêmes qui ont choisi de se désister.

«On a envoyé la même invitation à tous les partis et on a suivi la même procédure pour tout le monde, a précisé Jason Ouellette, directeur général de Radio Beauséjour. On n’a pas reçu de confirmation des candidats conservateurs.»

À noter que le candidat présenté par le Parti vert dans Moncton-Dieppe, Marshall Dunn, est une personne étudiante qui a dû décliner l’invitation en raison de sa période d’examens à l’université.

L’animateur de Parle Parle Jase Jase, Sébastien Boucher, a demandé aux candidats ce qui les avait poussés à se lancer en politique.

Dominic LeBlanc a dit que c’est Jean Chrétien qui l’avait inspiré à servir la population. Longtemps élu dans la circonscription québécoise de Saint-Maurice, l’ancien Premier ministre libéral fut brièvement l’élu de Beauséjour au sud-est du Nouveau-Brunswick, de 1990 à 1993. A l’issue de ses études de droit, M. LeBlanc a travaillé dans son bureau de circonscription.

Au cours de sa carrière de préposé aux soins, le néodémocrate Serge Landry est devenu représentant syndical. Il travaille depuis 15 ans pour le Congrès du travail du Canada. «J’étais tanné d’entendre des promesses non suivies d’effet, a-t-il expliqué. On fait beaucoup d’affaires qui affectent les travailleurs. C’est pour ça que j’ai décidé de me présenter en politique.»

Étonnamment, c’est l’ancien Premier ministre conservateur Stephen Harper qui a motivé Ginette Petitpas Taylor, qui fut travailleuse sociale pendant 23 ans au sein de la GRC auprès des victimes de violences conjugales et d’agressions sexuelles.

«Certains groupes de femmes avaient arrêté de revendiquer et j’en étais frustrée. Je me suis dit que je pouvais soit chialer, soit m’impliquer en politique.»

L’UPM s’invite dans la campagne électorale

Intitulée «Les saisons de pêche ont leur raison», la campagne publicitaire lancée par l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) a été évoquée. Ce syndicat accuse le gouvernement fédéral d’avoir abandonné les pêcheurs côtiers et leurs communautés. En cause: le différend qui les oppose à la pêche autochtone.

«Je n’accepte pas ce slogan», a répondu M. LeBlanc qui a souligné au passage les investissements du gouvernement fédéral et la restauration de la protection de l’habitat des poissons lorsqu’il était ministre des Pêches. Rappelant qu’en vertu de l’état de droit, fondement de la démocratie, le gouvernement devait respecter les décisions des tribunaux, il a cependant clarifié sa position sur cette controverse.

«Les Autochtones ont aussi l’obligation de respecter les règles de conservation. La pêche de subsistance n’est pas un buffet à volonté ni un droit sans limite ni responsabilité de conservation Nous avons tous l’obligation de respecter les règles. On peut le faire en respectant les traités reconnus par les tribunaux.»

L’élu fédéral a-t-il pour autant convaincu les pêcheurs alors que l’UPM a récemment salué les promesses des conservateurs fédéraux tout en se disant dans l’attente des engagements des libéraux?  À en croire les auditeurs qui ont appelé la radio au cours de la deuxième partie de l’émission, rien n’est moins sûr.

Dénonçant la pêche sous la mesure, un auditeur a estimé que le député-candidat n’avait pas donné une réponse satisfaisante. Un autre intervenant était d’avis que M. LeBlanc avait simplement ignoré la question. Il a évoqué la pêche de subsistance que pratiquait son grand-père, et a renvoyé dos à dos les Bleus et les Rouges. «Le nouveau parti, c’est le Parti populaire, pas les Conservateurs!», s’est exclamé le pêcheur mécontent.

Le verdict des urnes sera connu lundi 28 avril.

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Photos

Titre : Saisons de pêche
Légende : Le slogan de l’UPM a fait réagir Dominic LeBlanc qui espère qu’il n’a pas été choisi dans un bureau que le gouvernement fédéral leur a payé.
Crédit : Damien Dauphin – Le Moniteur Acadien

Titre : DLB PPJJ
Légende : Dominic LeBlanc est le seul candidat qui se soit présenté à la station de radio lundi 14 avril pour s’exprimer à l’antenne de CJSE.
Crédit : Radio Beauséjour – Le Moniteur Acadien

Titre : GPT PPJJ
Légende : Mercredi 16 avril, il y avait davantage de monde dans le studio de Parle Parle Jase Jase. De g. à d. : Jason Ouellette, directeur général de Radio Beauséjour; Damien Dauphin, rédacteur en chef du Moniteur acadien; Sébastien Boucher, animateur; Serge Landry, candidat néodémocrate et Ginette Petitpas Taylor, candidate libérale.
Crédit : Isabelle Arseneau

ENCADRÉ : Dominic LeBlanc : « je veux pouvoir passer les fins de semaine dans ma circonscription »

Lorsque Justin Trudeau a remis sa démission, Dominic LeBlanc faisait partie de la liste restreinte de ses successeurs potentiels à la tête du Parti libéral. Au sud-est du Nouveau-Brunswick, des gens se sont pris à rêver de le voir devenir le premier Premier ministre acadien du Canada.

Le député de Beauséjour reconnaît qu’il a été très touché par la réaction de son électorat. Cependant, avant de prendre sa décision, il a examiné l’éventualité sous deux aspects, avec son cœur et avec sa tête.

«J’adore être le député de Beauséjour et de pouvoir revenir toutes les fins de semaines dans ma circonscription. Or, pour des raisons de sécurité, le Premier ministre du Canada doit habiter à Ottawa. J’aurais dû passer moins de temps dans la région», a-t-il justifié le choix du cœur.

Par ailleurs, il a estimé que s’il était devenu Premier ministre, les Conservateurs auraient eu beau jeu de l’associer au bilan de Justin Trudeau d’une façon qu’ils ne peuvent le faire avec Mark Carney puisque ce dernier n’a jamais siégé au conseil des ministres. Depuis, Dominic LeBlanc a constaté «l’effet Carney» et se dit fier de la décision qu’il a prise de se désister pour l’appuyer.

«Avec son expérience dans les crises économiques, je voyais une occasion pour le pays. C’est la meilleure façon d’offrir aux Canadiens une vision progressiste et d’empêcher Pierre Poilievre de prendre le pouvoir.» - DD

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  • Date de création 23 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 23 avril, 2025
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