Jour de la Terre: réduire son empreinte environnementale
Le 22 avril, on célèbre le Jour de la Terre. En agriculture, la gestion responsable des terres dépasse la simple question d’utiliser ou non pesticides et fertilisants: d’autres notions comme la préservation de l’eau, réduire l’érosion du sol et s’adapter aux changements climatiques font partie de la trousse des agriculteurs ontariens. Leurs moyens de subsistance en dépendent.
Jean-Marc Dufresne
IJL – Réseau.Presse – Agricom
« Les agriculteurs ontariens pratiquent depuis longtemps une agriculture qui minimise leur empreinte environnementale », explique Drew Spoelstra, président de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario. « Nous avons toujours dû collaborer avec la nature pour réussir et créer des entreprises durables sur les plans environnemental et financier, et nous connaissons l'importance de sols sains, d'air pur et de sources d'eau propres. »
Agriculteurs et éleveurs sont les premiers à ressentir les effets aigus des changements climatiques. Un événement météorologique extrême peut anéantir une saison de croissance entière. Une sécheresse réduit le rendement et la qualité des cultures. La hausse des températures modifie les conditions de croissance, qui attirent également de nouveaux ravageurs et maladies des cultures.
Des gestes concrets
La Fédération de l'agriculture de l'Ontario propose diverses pratiques pour réduire l'impact environnemental de l'agriculture, notamment en réduisant le travail du sol pour prévenir l'érosion des sols et aider les plantes à capter le carbone; planter des arbres pour créer des brise-vent qui réduisent les pertes de sol et offrent des habitats aux oiseaux et autres animaux sauvages; et utiliser des pratiques durables comme les cultures de couverture et les engrais verts pour restituer les nutriments au sol, le protéger pendant l'hiver et améliorer la filtration de l'eau.
« On peut aussi gérer les nutriments comme le fumier et les engrais de manière responsable pour protéger les sources d'eau et aider les exploitations agricoles à optimiser leurs récoltes », indique M. Spoelstra. « Les programmes de gestion responsable guident l'utilisation judicieuse des nutriments (source, dose, lieu et moment appropriés) afin de réduire l'impact environnemental. On doit aussi installer des systèmes de drainage qui améliorent la capacité des terres à gérer et à stocker les eaux de pluie plus efficacement. Enfin, on doit limiter la circulation des tracteurs dans les champs à des chemins étroits spécifiques afin de réduire le compactage du sol et de protéger sa structure. »
Bon nombre de ces approches mettent l'accent sur la santé des sols, élément fondamental d'une exploitation agricole prospère et de l'agriculture ontarienne.
Une culture saine dans un sol sain
Des sols sains absorbent mieux l'eau de pluie, ce qui réduit son ruissellement dans les ruisseaux et rivières avoisinants. Ils sont également essentiels à la formation de systèmes racinaires solides qui soutiennent des plantes productives.
« Construire la durabilité et la résilience environnementales est une responsabilité collective, et les agriculteurs ne peuvent y parvenir seuls », ajoute le président Spoelstra. « Les agriculteurs ont besoin d'un soutien technique et financier pour investir dans les nouvelles technologies tout en restant compétitifs sur le marché mondial. Il n'a jamais été aussi crucial de veiller à ce que tous les niveaux de gouvernement mettent en œuvre des politiques permettant aux entreprises agricoles de prospérer et de croître. »
Les agriculteurs en font-ils assez?
D’après un sondage réalisé par les Fermiers pour la transition climatique, une vaste majorité d’agriculteurs savent qu’ils seront frappés de plein fouet par les changements climatiques. Ils anticipent des pertes de revenus (79%), de rendement (76%), et des effets négatifs sur leur santé mentale (69%).
Conscients de la situation, ils veulent en faire plus pour s’adapter, mais ils ne peuvent pas le faire seuls. Selon Olivier Flamand-Lapointe, analyste en agriculture durable chez Équiterre, il est essentiel de promouvoir des pratiques agricoles durables et des cultures qui régénèrent les sols, notamment les protéines végétales.
« Ça passe par un soutien actif à la diversification des cultures. Une plus grande diversité permet non seulement d’améliorer la santé des sols, mais aussi de renforcer leur capacité à stocker le carbone, à mieux gérer l’eau et à favoriser la biodiversité. Elle contribue également à réduire l’usage d’intrants chimiques, en particulier les engrais azotés, qui représentent une part importante des émissions de GES en agriculture. »
Mais pour que cette transition soit possible, l’analyste estime qu’il faut réformer les programmes de gestion des risques agricoles. Aujourd’hui, des mécanismes comme l’assurance stabilisation des revenus agricoles au Québec protègent davantage certaines cultures, comme le maïs, décourageant ainsi la diversification.
« Or, si l’on veut que les producteurs osent introduire de nouvelles cultures, il faut leur offrir des garanties solides. Sans cela, ils ne prendront pas le risque de se tourner vers des cultures qu’ils maîtrisent moins, surtout dans un contexte économique incertain. Sans un meilleur soutien, on leur demande de choisir entre leur survie à court terme et leur résilience à long terme », dit-il.
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Légende photo 1 : Les agriculteurs peuvent poser des gestes simples pour protéger l'environnement.
Légende photo 2 : Drew Spoelstra suggère quatres pratiques agricoles ayant un impact favorable sur l'environnement.
Légende photo 3 : Olivier Flamand-Lapointe estime que les agriculteurs ont besoin d'aide pour réduire leur empreinte environnementale.
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- Date de création 16 avril, 2025
- Dernière mise à jour 23 avril, 2025