Vers une contraception universelle gratuite au Yukon?

Le ministère des Finances du Canada a annoncé en 2024 le projet d’offrir l’accès universel à des contraceptifs gratuits. Début 2025, la Coalition des femmes du Yukon (Yukon Women’s Coalition), conjointement avec d’autres organismes, a envoyé une lettre ouverte au gouvernement pour qu’action soit faite avant les prochaines élections fédérales. Cet appel a finalement été entendu.

« Le gouvernement du Yukon a négocié un accord bilatéral avec le gouvernement fédéral pour fournir une assurance-médicaments universelle, bien qu’elle ne concerne que certaines formes de régulation des naissances et certains médicaments contre le diabète », rapporte Rae Lamache, directrice de la Coalition des femmes du Yukon. Le gouvernement territorial s’est engagé à respecter sa part de l’accord en offrant ces prescriptions gratuitement au plus tard en janvier 2026.

« Avec nos organisations sœurs de la Yukon Women’s Coalition et les membres de la Reproductive Care Coalition, nous avons écrit une lettre de plaidoyer en janvier pour demander à la ministre d’accorder la priorité à la négociation de cet accord. Nous sommes très heureuses de constater que notre appel à l’action a été entendu. »

Réalité autre

« Les prescriptions peuvent coûter des centaines, voire des milliers de dollars par an », estime la directrice.

« La majorité des Yukonnaises ont accès à une couverture pour les contraceptifs (par exemple, la pilule contraceptive ou le stérilet) par le biais des prestations de santé de leur employeur ou employeuse ou de prestations de santé non assurées. Cependant, les Yukonnaises qui ne bénéficient pas d’une couverture étendue comptent parmi les plus vulnérables, notamment les personnes sans emploi ou sous-employées, les étudiantes et les nouvelles arrivantes », explique Rae Lamache.

« Il est encore presque impossible pour les membres des communautés d’obtenir une contraception d’urgence (Plan-B), une contraception régulière ou toute autre prescription sans se rendre à Whitehorse », rapporte-t-elle. « Nous avons reçu des déclarations contradictoires de la part des centres de santé communautaires quant à savoir s’ils gardent ou s’ils garderont ces ordonnances en stock. »

Pour Charlie-Rose Pelletier, chargée de projets en égalité des genres aux Essentielles, « c’est un enjeu qui est encore très présent malgré les services offerts ». En Colombie-Britannique, les contraceptifs sont gratuits depuis 2023.

Photo : Archives A.B.

L’organisme Les Essentielles fait partie du comité pour la santé sexuelle et les soins reproductifs du Yukon. Pour Charlie-Rose Pelletier, chargée de projets en égalité des genres, il existe de grosses lacunes. « Des amies ont dû aller dans trois pharmacies pour se procurer une pilule de plan B », déplore-t-elle.

Lors de la recherche pour le plan de revendication mené par l’organisme l’année dernière, la chargée de projets rapporte avoir reçu des témoignages de personnes qui ont eu recours à des avortements à la maison pendant la pandémie de COVID-19.

« C’est un enjeu qui est encore très présent malgré les services offerts. Il reste des défis d’accessibilité à ces services », estime-t-elle. « Les ressources ne sont pas nécessairement disponibles, particulièrement dans les communautés. La population franco-yukonnaise est relativement aisée, mais elle se heurte également à des problèmes d’accessibilité. »

« Dans la réalité, ce qu’on vit ne reflète pas toujours les droits auxquels on est censés avoir accès », conclut-elle.

Les Essentielles ont débuté un partenariat à l’automne dernier avec Action Canada pour la santé et les droits sexuels, une organisation œuvrant à la promotion et à la défense de la santé et des droits liés à la sexualité et à la reproduction au Canada et dans le monde.

Rae Lamache est la directrice de la Coalition des femmes du Yukon.

Photo : Fournie

Poursuite

« Nous savons que, bien qu’il s’agisse d’un grand pas en avant, il reste encore beaucoup à faire pour les personnes qui ont besoin de soins reproductifs », reconnaît Rae Lamache.

« Cela va de l’accès à ces médicaments à l’accès à l’avortement, en passant par l’accès aux soins prénataux et postnataux. Nous savons qu’il existe de graves lacunes en matière d’accès. Nous espérons qu’il ne s’agit là que d’une étape supplémentaire pour faire progresser la justice en matière de procréation au Yukon. »

La directrice rapporte que l’organisme souhaiterait trouver un lieu permanent pour la clinique d’avortement Opal, qui fonctionne actuellement dans un local temporaire et qui, selon elle, n’est pas adapté à la gamme de services fournis par les médecins.

« Le Conseil de la condition féminine du Yukon aimerait que le Yukon soit un chef de file au Canada, et en particulier dans le Nord, en ce qui concerne l’ensemble des soins génésiques. »

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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  • Date de création 17 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 17 avril, 2025
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