Une campagne loin des organismes culturels francophones
Qu’ils soient à Sudbury, à Timmins ou à Thunder Bay, les responsables d’organismes franco-ontariens se rendent bien compte que la culture et la francophonie sont reléguées au second plan, dans une campagne dominée par le poids de l’ombre de Donald Trump et les mesures tarifaires qui pèsent sur le Canada.
André Magny
IJL-Réseau.Presse-Le Voyageur
«Il y a en ce moment une vague de nationalisme canadien et pourtant la culture est absente de la campagne électorale.» Bien qu’il ne soit pas particulièrement surpris de la chose, Denis Bertrand, le directeur de la Place des Arts du Grand Sudbury, est tout de même un peu déçu que la culture soit si peu présente par les temps qui courent.
Pourtant, le directeur général cite une étude de la Chambre de commerce de l’Ontario (CCO) du mois dernier, qui démontre que le secteur culturel de l’Ontario est «un moteur économique qui a besoin d'une action audacieuse». Dans la préface de l’étude, Daniel Tisch, le président-directeur général du CCO, assure que «les industries culturelles renforcent nos communautés, rendent l'Ontario plus attrayant en tant que destination pour les investissements, les talents et le tourisme, et améliorent nos opportunités commerciales mondiales en cette période d'incertitude dans nos relations commerciales».
Sans se prononcer, bien sûr, sur le résultat des élections, Laïla Faivre, la présidente du Club culturel francophone de Thunder Bay, souhaite que «la promotion et la vitalité de la culture francophone en milieu minoritaire soient enfin une priorité pour le prochain gouvernement.»
Le financement, un incontournable
Pour Ludger Cloutier, directeur général par intérim du Centre Culturel La Ronde de Timmins, «Patrimoine canadien nous a toujours soutenu depuis 30 ans.» Il espère que le prochain gouvernement fera de même. Proportionnellement parlant, celui qui assure l’intérim depuis environ quatre mois au centre culturel, estime que le fédéral subventionne à 80 % contre 20 % pour l’Ontario.
Si certaines structures culturelles sont déficitaires comme la Place des Arts, encore que le déficit soit en baisse - le coût des opérations est passé de 700 000 à 100 000$ en 2024) - Denis Bertrand tient à souligner que la PDA de Sudbury attire 40 000 personnes par année. Véritable lieu de rassemblement, selon son directeur général, c’est 15 millions de $ que la Place des Arts rapporte à Sudbury. «On a beaucoup d’impact. Il faut que le financement soit accru pour les arts et la culture», souligne M. Bertrand.
De son côté, Laïla Faivre considère que les organismes culturels sont à un point critique de leur financement. «Au CCF, nous avons eu la chance de percevoir une petite hausse de 3% de nos fonds de fonctionnement, toutefois, de nombreux autres organismes n'ont pas vu leur fonds augmenter depuis 13 ans, alors que nous faisons aussi face à l'inflation, que nous créons des emplois et participons à la vitalité économique du pays, c'est inadmissible.»
Des appuis ?
Si Ludger Cloutier salue le fait que des candidats comme Steve Black du Parti libéral et Gaétan Malette du Parti conservateur dans Kapuskasing-Timmins-Mushkegowuk connaissent bien La Ronde, Laïla Faivre est bien consciente qu’un organisme comme le sien, fonctionnant essentiellement avec des bénévoles, n’a pas nécessairement le temps «d’initier des dialogues au niveau politique». Néanmoins, Mme Faivre confie au Voyageur que certains candidats du parti Libéral et du NPD sont allés rencontrer des Franco-Ontariens au Centre francophone de Thunder Bay, afin de souligner la vitalité de la communauté francophone. Ils ont même fait «l'effort de nous parler en français».
Laïla Faivre résume bien la situation : «Quand l'attention médiatique et politique est absorbée par les grandes relations bilatérales, ces luttes locales peuvent sembler encore plus invisibles pour nos gouvernements, alors que la culture francophone est une composante essentielle de l’identité nationale canadienne. Sans un appui soutenu aux communautés franco-ontariennes, on risque de perdre une partie de ce qui fait la diversité et la force du Canada.»
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BV : Denis Bertrand, directeur général de la Place des Arts du Grand Sudbury.
Photo : courtoisie
Bas de vignette : Laïla Faivre, présidente du Club culturel francophone de Thunder Bay.
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Photo : Ludger Cloutier, directeur général par intérim du Centre Culturel La Ronde.
Photo : courtoisie
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- Date de création 17 avril, 2025
- Dernière mise à jour 17 avril, 2025